Hexoskin poursuit OMsignal pour un million de dollars

Publié le 20/05/2014 à 14:11

Hexoskin poursuit OMsignal pour un million de dollars

Publié le 20/05/2014 à 14:11

OMsignal soutient avoir conçu sa camisole intelligente sans emprunter quoi que ce soit à Carré Technologies, une assertion que son pdg, Pierre-Alexandre Fournier, croit impossible.

Carré Technologies, mieux connue sous le nom d’Hexoskin, considère que la camisole intelligente offerte en pré-vente par OMsignal, une autre start-up montréalaise, est une contrefaçon. C’est du moins ce qui ressort de la poursuite déposée par Carré Technologies, qui poursuit OMsignal pour 960 000 $. Carré Technologies poursuit également OMsignal, avec qui nous avions révélé qu'elle avait coupé les ponts, pour rupture de contrat et usage illégal de sa propriété intellectuelle.

« On ne s’attend pas à faire de l’argent avec ça, soutient Pierre-Alexandre Fournier, pdg de Carré Technologies. C’est surtout pour rétablir les faits qu’on fait cette poursuite, car c’est important que notre histoire soit connue et que les gens sachent que c’est nous qui avons développé cette technologie. » 

Alors que les camisoles intelligentes de marque Hexoskin sont commercialisées depuis 2012, Pierre-Alexandre Fournier s’insurge que les co-fondateurs d’OMsignal s’attribuent la paternité d'une technologie qu'il peaufine depuis 2006. Dans les faits, Pierre-Alexandre Fournier aurait montré à Frédéric Chanay, co-fondateur d’OMsignal, un prototype fonctionnel de sa camisole intelligente dès juillet 2011, à l’occasion de l’International Startup Festival. 

Plusieurs rencontres subséquentes auraient eu lieu pour discuter d’un éventuel partenariat, après lesquelles OMsignal aurait été incorporée. Plusieurs contrats ont été signés par les deux partenaires au fil des mois, le plus important d’entre eux étant un contrat d’approvisionnement en vertu duquel OMsignal s’engageait à acheter 500 camisoles auprès de Carré Technologies en 2013.

À l’époque, selon Pierre-Alexandre Fournier, le plan d’OMsignal était de revendre les camisoles de son partenaire sous sa propre marque. Seulement 200 des 500 camisoles prévues au contrat auraient été achetées par OMsignal, mais surtout, l’entreprise a depuis lors décidé de développer sa propre technologie.

Stéphane Marceau, pdg d’OMsignal, offre pour sa part une version des faits quelque peu différente : « Au début, ou voulait utiliser Carré Technologies comme fournisseur de boîtiers, mais il est devenu clair que leur boitier ne pouvait pas satisfaire aux besoins de nos clients. On a ensuite développé notre propre boîtier d’un bout à l’autre. »

OMsignal soutient avoir conçu ses camisoles avec ses partenaires, sans emprunter quoi que ce soit à Hexoskin, ce que Pierre-Alexandre Fournier croit impossible. Selon lui, OMsignal a utilisé les secrets commerciaux que Carré Technologies lui a confié en raison de leur partenariat pour concevoir sa propre camisole. Au-delà des secrets commerciaux, il soutient qu’OMsignal s’était engagé à ne pas recourir à l’ingénierie inversée pour apprendre comment ses camisoles sont faites.

Pierre-Alexandre Fournier a commencé à se questionner sur les intentions de son partenaire lorsque le fabricant de produits électroniques Flextronics a investi dans OMsignal. Dans un communiqué émis en novembre 2013, Flextronics soutenait «travailler avec OMsignal pour optimiser son processus manufacturier et redésigner ses composants électroniques». Or, toujours selon Pierre-Alexandre Fournier, les composants électroniques dont disposait alors OMsignal ne pouvaient qu’être ceux d’Hexoskin.

OMsignal a l’intention de contester ces allégations en cours : «C’est décevant de voir Carré Technologies déposer de telles poursuites judiciaires sans mérite ni fondement », dit Stéphane Marceau.

Questionné à savoir pourquoi il a attendu aussi longtemps avant de déposer sa poursuite, Pierre-Alexandre Fournier explique avoir donné le bénéfice du doute à OMsignal : « On pensait qu’au minimum, ils allaient utiliser des capteurs différents, comme un GPS ou un capteur de transpiration, par exemple. Mais ce qu’ils ont dévoilé récemment, ça offre les mêmes fonctionnalités, avec les mêmes capteurs et ça vise le même marché que notre produit. »

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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