Secteur financier: 20% des employés affirment qu'ils doivent violer la loi pour réussir

Publié le 19/05/2015 à 13:29

Secteur financier: 20% des employés affirment qu'ils doivent violer la loi pour réussir

Publié le 19/05/2015 à 13:29


Réglementer ne règle pas tout


Bonne nouvelle: 89% des répondants seraient prêts à signaler les manquements éthiques ou légaux qu’ils observent à condition d’avoir les mesures incitatives et la protection adéquate.


Mauvaise nouvelle: plus du tiers des répondants ignorent l’existence de ces mesures


Autre mauvaise nouvelle: 28% des répondants gagnant 500 000$ et plus ont signé des ententes de confidentialité avec leur employeur les empêchant de dévoiler ces manquements. Et d’une façon plus générale, 16% des employés de tous les niveaux ont aussi signé de telles ententes.


Autre mauvaise nouvelle: 17% des répondants sont convaincus qu’il y aurait des représailles contre eux s’ils dénonçaient des manquements éthiques ou légaux à la direction.


Très mauvaise nouvelle: ce sondage avait été mené en 2012. Plusieurs résultats récoltés en 2015 sont pires que ceux de 2012.


Par exemple, en 2012, 12% des répondants estimaient que leurs collègues avaient posé des gestes illégaux ou non éthiques pour gagner un avantage par rapport à la concurrence ou pour avancer dans l’entreprise. En 2105, cette proportion a doublé, près du quart des financiers estiment que leurs collègues ont posé des gestes non éthiques ou illégaux.


Le plus déprimant: plus les financiers sont jeunes, plus ils sont cyniques, 25% des jeunes financiers estiment que leurs collègues ont eu des glissements éthiques ou légaux alors que 20% des financiers plus âgés posent le même constat.


Comment éviter une nouvelle crise financière?


Les auteurs font deux recommandations :


1-éduquer les jeunes recrues, amorcer un dialogue intergénérationnel à propos des dommages collatéraux des glissements éthiques ;


2-que les employeurs rament dans le même sens que la réglementation. La SEC a voté des règlements qui protègent et récompensent ceux qui dénoncent les manquements légaux et éthiques. Ces règlements sont sérieusement affaiblis si les employeurs forcent leurs employés à signer des ententes de non-divulgation.


Les résultats de ce sondage me découragent et m’inquiètent. Mais ils devraient encore plus inquiéter les entreprises du secteur financier. Surtout si l’on considère que la relève semble moins préoccupée par l'éthique et la conformité que la génération précédente.


Et puis, je me dis que ce sondage a été réalisé auprès des employés du secteur financier américain et britannique. Chez nous, on aurait obtenu d'autres réponses, non?

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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