Fête du travail: il n'y a rien à célébrer

Publié le 01/05/2012 à 13:56, mis à jour le 01/05/2012 à 14:11

Fête du travail: il n'y a rien à célébrer

Publié le 01/05/2012 à 13:56, mis à jour le 01/05/2012 à 14:11

BLOGUE. Aujourd’hui, nous sommes le 1er mai. Fête du travail? Fête des travailleurs? Journée internationale des travailleurs?

Son origine. Les combats ouvriers de la fin du XIXe siècle pour obtenir la journée de 8 heures. Le 1er mai 1889, la IIe Internationale socialiste décide de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation dont l’objectif consiste à réclamer la journée de travail de 8 heures et la semaine de 48 heures ( six jours de travail).

En Amérique du Nord, on crée une distinction entre la Fête du travail (1er lundi de septembre) et la Fête des travailleurs ( 1er mai). L’une est fériée, l’autre pas.

Mais au fait, y a-t-il quelque chose à célébrer? Outre les gains du passé, qui sont indéniables, qu’avons-nous à célébrer aujourd’hui?

Célébrer les travailleurs? Certainement, sans eux, sans nous, pas d’économie. Célébrer le travail? Pas sûr. Pauvre travail, il est tellement malmené. J’en réfère à ce billet sur le site de l’Organisation Internationale du Travail ( rattachée aux Nations-Unies). Voici ce qu’on y lit:

“ Les politiques macro-économiques des dernières décennies ont porté atteinte à la signification de travail décent.”

 “Nous avons oublié que le travail n’est pas une commodité.”

“Le modèle de croissance dominant considère le travail comme coût de production qui doit être tenu aussi bas que possible afin de faire grimper la compétitivité et les profits. “

“ Nous avons évacué le fait qu’un emploi de qualité est source de dignité, de stabilité familiale, d’harmonie dans la communauté et, certainement, de crédibilité pour la gouvernance démocratique.”

Travailleurs/chômeurs qui s’éteignent davantage chaque jour parce que sans emploi on devient peu à peu invisible, socialement et économiquement.

Travailleurs survivants des rationalisations qui travaillent deux fois plus pour le même salaire.

Travailleurs itinérants, déracinés pour suivre l’offre.

Travailleurs soumis, qui ne réclament plus ou se contentent de moins parce qu’on ‘fait la file pour leur poste”.

J’arrête ma liste ici. Bien sûr, il n’y a pas que des travailleurs heureux. J’aime mon emploi et j’en connais plusieurs comme moi.

Par contre, si je connais des travaillers heureux, je n’en connais aucun qui peu me dire avec honnêteté que ses conditions de travail ou la qualité de son emploi s’est améliorée au fil des ans.

Alors on célèbre quoi aujourd'hui? Je lirai vos réponses avec intérêt.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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