Des baisses d'impôt pour tout le monde (ou presque)

Publié le 27/10/2015 à 11:50

Des baisses d'impôt pour tout le monde (ou presque)

Publié le 27/10/2015 à 11:50

«Oui, mais les plus riches vont payer plus d’impôt un peu?»


Incertain, Paul Arcand pose la question à son chroniqueur économique à l’émission matinale du 98,5, le lendemain l’élection de Justin Trudeau à la tête du pays. Pierre-Yves McSween, un excellent vulgarisateur sur les questions de finances personnelles, explique comment les contribuables allaient être touchés par les promesses fiscales des libéraux.


Tout allait bien jusqu’à ce qu’il aborde la question des paliers d’imposition. C’est là qu’il a un peu perdu l’animateur vedette. À leur décharge, le sujet n’est pas facile à traiter en 45 secondes à la radio, particulièrement au sortir d’une campagne électorale où les messages sont réduits à leur plus simple expression, sous forme de slogans: soulageons la classe moyenne, augmentons les impôts des riches.


Pour ne pas perdre l’auditeur, c’est sur cette note que Paul Arcand et Pierre-Yves McSween ont d’ailleurs conclu ce segment de la chronique. «Oui, mais les plus riches vont payer plus d’impôt un peu?» Oui!


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Qu’a-t-on entendu durant cette campagne? Que les contribuables gagnant plus de 200 000 dollars allaient payer plus d’impôt tandis que les revenus se situant entre 45 000 et 89 000 dollars (j’arrondis) allaient être moins imposés.


Mais en réalité, la personne dont le revenu annuel s’élève à, disons, 205 000 dollars paiera moins d’impôt que sous les conservateurs. En fait, un contribuable devra gagner autour de 216 000 dollars pour subir une hausse de son fardeau fiscal, et encore, l’augmentation sera si légère qu’il n’en verra rien. Mais plus son salaire s’élèvera au-dessus de ce seuil, plus il verra l’empreinte du fisc sur son chèque de paie.


Pourquoi? Parce qu’avant de voir leur taux d’imposition augmenter, les contribuables à revenu élevé vont profiter… d’une baisse d’impôt! Ce n’est pas de la physique quantique, je vous rassure, mais c’est ainsi que fonctionne le système fiscal des particuliers.


Nombreux sont ceux qui croient à tort que chaque dollar gagné est imposé au même taux, un taux qui augmente en fonction du revenu. En fait, notre salaire est imposé par tranches. Les premiers dollars gagnés sont moins imposés que les derniers. Actuellement, au fédéral, il y a quatre tranches. La première tranche (jusqu’à 45 000$), est imposée à 15%, la seconde (45 000 à 89 500$) à 22%, la troisième tranche (89 500 à 138 500) à 26% et la dernière tranche (138 500$ et plus) à 29%.


Pour alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne, le gouvernement libéral compte réduire le taux d’imposition de la deuxième tranche à 20,5%. Pour aller chercher plus d’argent dans les poches des hauts salariés, Justin Trudeau a promis de mettre en place un cinquième palier qui ponctionnera de 33% les revenus au-delà de 200 000 (au lieu de 29%).


Les contribuables concernés verront donc leurs derniers dollars gagnés imposés davantage. Par contre, toute la portion de leurs revenus se situant entre 45 000 et 89 500$ (le deuxième palier) le sera moins. Cela explique pourquoi ceux qui gagnent un peu plus de 200 000 dollars verront leur impôt diminuer, et non augmenter.


Le 24 Sussex en rénovation


Quand je vous dis que ce peut être ruineux, l’entretien d’une maison… Prenez la résidence officielle du Premier ministre. Le 24 Sussex n’est pas en ruine, mais il s’approche dangereusement de l’état de délabrement. Imaginez, la demeure nécessite plus de 10 millions de dollars en travaux. Tout est à refaire ou presque, même le calfeutrage des fenêtres!


Le calfeutrage des fenêtres... il y a de quoi oublier que le Canada est membre du G7.


L’anecdote me permet de revenir sur mon billet de la semaine dernière. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a généré une «certaine activité» sur Facebook. Je profitais de la victoire de Justin Trudeau pour rappeler qu’il louait jusqu’alors sa maison. Si l’aspirant-chef du gouvernement était locataire, pourquoi pas vous? demandais-je. Financièrement, les deux options se valent. Tout dépend comment vous gérez votre argent. Opportunisme? Sans doute.


Que ce soit lors des soupers de Noël dans la belle famille ou lors de retrouvailles avec d’anciens amis du Cégep, il se trouve toujours quelqu’un pour s’étonner à voix haute que vous ne soyez pas propriétaire à 40 ans. C’est ce que je voulais décrier, au deuxième degré, en rappelant que le premier ministre était locataire et n’avait pas de propriété immobilière.


Mais bon, il se trouve que la situation de Justin Trudeau est pire que je ne le craignais. Le temps que vont durer les travaux de rénovation au 24 Sussex, le Premier ministre et sa famille vont emménager à Rideau Cottage, une résidence habituellement réservée au secrétaire du gouverneur général. Ils passent donc de locataires… à squatteurs.


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À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain

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