Vous n'avez pas honte de contribuer aux inégalités?

Publié le 12/05/2015 à 08:47

Vous n'avez pas honte de contribuer aux inégalités?

Publié le 12/05/2015 à 08:47

Photo: Shutterstock

Vous, cher fidèle lecteur de mes blogues et de ma chronique et certainement d’autres contenus de même genre, vous devez être conscient d’une chose importante. En vous occupant de vos affaires, en travaillant régulièrement à vous bâtir un portefeuille de placements solide, vous contribuez à exacerber les inégalités sociales.

Vous n'avez pas honte?

Avant de vous aider à répondre, laissez-moi vous expliquer comment vous faites partie du problème, qui est tellement discuté, associé au fameux 1% des mieux nantis de notre société.

Au Canada, selon Statistique Canada, le revenu médian était de 74 000$ par foyer en 2012 et d’un peu plus de 70 000$ au Québec. Supposons donc deux foyers québécois, celui des Tremblay et celui des Mooney. Les Tremblay gèrent leurs affaires de façon serrée, au point qu’ils parviennent à épargner 7500$ à chaque année, soit un peu plus de 10%. Les Mooney vivent au présent et dépensent tout.

Après la première année, le bilan des Tremblay montre un capital de 7500$ et celui des Mooney, zéro! Première inégalité.

Les Tremblay décident d’investir sérieusement et après bien des lectures, des recherches et des réflexions, ils choisissent de mettre leur épargne dans un fonds répliquant la performance de la Bourse.

Ils suivent bien leurs affaires et lisent le plus souvent possible sur les marchés financiers. Ils comprennent l’importance d’investir pour le long terme et de réinvestir leurs dividendes.

Ce qui leur permet de réaliser sur un grand nombre d’années le rendement des actions, soit 10% par an.

Du côté des Mooney, on continue de faire la grosse vie et de dépenser tout ce qu'on gagne.

Pendant 30 ans de ce comportement, les Tremblay continuent d’épargner et d’investir et les Mooney, hum, à vivre le moment présent!

Dans 30 ans, oups, surprise incroyable, les Tremblay se retrouvent avec un portefeuille valant plus de 1,4 million de dollars. Les Mooney, pour leur part, se retrouve avec pas grand chose, sauf des émotions bien négatives lorsqu’ils voient les Tremblay, ces riches voisins.

Comment peut-il y avoir autant d’inégalités dans notre société et comment se fait-il qu’on accepte cette situation aussi injuste, écrit le père Mooney dans un courrier aux lecteurs publié dans le plus grand quotidien de la province. Édito qui a provoqué un tsunami de réactions, incluant des politiciens de l’opposition qui ont promis de s’attaquer à cette situation «intolérable»….

Si vous pensez que ce que je viens de décrire est totalement fictif, vous vous trompez. Les «riches», pratiquement unanimement pointés du doigt dans notre monde, ce sont d’abord et avant tout des gens qui ont commencé avec rien dans la vie, qui ont travaillé fort, qui ont pris soin de leur argent, ont investi sérieusement et qui ont fait preuve de frugalité et d’un peu de chance.

Et lorsque vous, cher lecteur, vous cherchez à améliorer vos rendements boursiers, entre autres en lisant des chroniqueurs comme moi, avec le temps, vous aussi vous vous retrouverez dans cette classe appelée les «riches». Avec le temps, je peux pratiquement vous le garantir!

Or, laissez-moi vous donner un conseil qui n’a rien de financier. Lorsque vous arriverez à ce niveau et, comme mon titre le suggère, vous contribuerez à l’augmentation des inégalités sociales (cette vision du moins), n’ayez pas honte. Au contraire, soyez fier d’avoir bâti votre indépendance financière au prix de votre frugalité, de votre travail et de votre persévérance. Et fier d’avoir apporté votre contribution cruciale à l’enrichissement de notre société.

Et si j’ai pu contribuer, infinitésimalement, à votre réalisation, je n’aurai pas tout à fait travaillé pour rien.

Je vous salue, riche lecteur (moins que demain, mais plus qu’hier)!

Bernard Mooney

 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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