Pourquoi notre système a des problèmes

Publié le 08/02/2012 à 09:40, mis à jour le 08/02/2012 à 09:40

Pourquoi notre système a des problèmes

Publié le 08/02/2012 à 09:40, mis à jour le 08/02/2012 à 09:40

BLOGUE. Récemment, deux nouveaux livres ont fait la manchette, un décriant la «droite» (de Jean-François Lisée) et l’autre critiquant le modèle québécois de la sociale-démocratie (d’Eric Duhaime). 

Le conflit de travail dans les centres de la petite enfance (CPE) m’a fait réaliser que ces deux visions qui s’affrontent passent peut-être à côté de la véritable cause de bien de nos problèmes.

Car selon moi le système des garderies est une belle illustration de comment on a creusé notre trou.

Tout commence par une bonne intention : donnons accès à toutes les familles québécoises à un réseau de garderies de qualité et à bas prix. Personne n’est contre la vertu; personne ne peut donc être contre l’idée d’aider les jeunes familles (surtout pas quand cette idée peut rapporter tant de votes, mais ce n’est pas là mon propos).

Alors, on lance un réseau de garderies gouvernemental chargeant seulement 7$ par jour (pour vous donner jusqu’à quel point c’est pas cher, nous payions beaucoup plus cher il y a 20 ans pour faire garder nos enfants et on paie plus cher aujourd’hui pour faire garder notre chien!). C’est le gouvernement qui paiera la facture (traduction libre : vous et moi, mais ce n’est encore là mon propos).

À ce bas prix, ce n’est pas long que le réseau déborde. Vu de cet aspect, c’est un grand succès (peu surprenant lorsqu’on offre un service à une fraction du vrai prix). La demande explose donc et l’offre prend du temps avant de s’ajuster. Mais on y arrive, avec l’aide des dollars provenant du gouvernement.

Évidemment, plus le réseau augmente, plus les coûts augmentent.

Comme on parle de garderies publiques, plus question qu’elles soient gérées par de simples mères de famille (comme c’était le cas dans mon temps). Maintenant, ce sont des éducatrices, avec diplôme (est-ce mieux de faire garder son enfant par une éducatrice spécialisée ou par une maman dévouée? Je lance la question en passant).

Maintenant que nous avons des garderies gouvernementales avec des éducatrices, il est normal que ce personnel se compare aux autres travailleurs du secteur public. C’est ce que je ferais si j’étais à leur place. Et cela va de soi que ces travailleurs soient syndiqués.

Alors, les travailleuses des CPE veulent être mieux payées et mieux rémunérées à tous les points de vue.

Oups. Vous vous retrouvez avec un réseau de garderies qui a les ingrédients suivants :

Une demande qui explose….on augmente l’offre et cela coûte plus cher que prévu; des employés mieux payés…les coûts augmentent encore.

Le prix, coulé dans le béton politique, reste obstinément à 7$, de plus en plus loin de la réalité économique. On vient ainsi de créer une spirale monstrueusement coûteuse.

Rappelez-vous : tout a commencé par une bonne intention dont on a évalué les conséquences. Mais comme c’est trop souvent le cas dans notre société, nous avons oublié d’évaluer les conséquences des conséquences (pour reprendre une expression chère à Charlie Munger, partenaire de Warren Buffett). Voilà ce qui nous a coulé, qui nous coule et nous coulera dans une situation économique de plus en plus précaire car l’initiative des garderies à 7$ n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres!

Bernard Mooney

 

 

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