Crédits d'impôt : 15 ans plus tard, l'Angleterre contre-attaque

Publié le 30/04/2012 à 15:33, mis à jour le 30/04/2012 à 17:01

Crédits d'impôt : 15 ans plus tard, l'Angleterre contre-attaque

Publié le 30/04/2012 à 15:33, mis à jour le 30/04/2012 à 17:01

[Photo : Bloomberg]

BLOGUE. La voie est ouverte pour le Royaume-Uni qui, fâché de se faire voler ses emplois dans le domaine du jeu vidéo par d'autres juridictions, en particulier le Québec, est sur le point de mettre en place un programme de crédits d'impôt aux entreprises de ce secteur.


La semaine dernière, l'Union européenne a donné son accord à la prolongation d'un crédit d'impôt de 20 % déjà accordé depuis 2008 par la France au secteur des jeux vidéo. Le Royaume-Uni, qui a inclus une mesure similaire dans son dernier budget, attendait cette autorisation de l'Union européenne pour procéder.


Les récriminations anglaises à l'endroit du Québec ne datent pas d'hier. Elles ont été exacerbées quand Eidos, l'un des fleurons de l'industrie anglaise, a ouvert un nouveau studio à Montréal et y a transféré quelques dizaines d'emplois, notamment dans le domaine de l'assurance-qualité. Cela a même incité le gouvernement anglais à demander en 2008 à l'Union européenne d'enquêter sur les pratiques canadiennes (québécoises, principalement), et au besoin de porter plainte à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).


Cette idée a par la suite été abandonnée et l'industrie anglaise du jeu vidéo a changé de stratégie. Elle a opté pour le célèbre « If you can't beat them, join them » et demandé à bénéficier elle-même d'un crédit d'impôt du même genre.


Son implantation, après des années d'effort, pourrait raviver l'intérêt des éditeurs envers le Vieux-Continent.


« Le Royaume-Uni reste le centre névralgique de l'industrie du jeu vidéo en Europe », note Guillaume de Fondaumière, président de l'European Game Developers Federation (EGDF) et co-PDG du studio Quantic Dream, à Paris. Ce studio est à l'origine de l'excellent Heavy Rain, décoré de plusieurs récompenses à sa sortie, en 2010. Il avait menacé de déménager à Montréal si le programme français de crédits d'impôt n'était pas prolongé.


« Les Anglais ont vécu une situation comparable à la France, quand leurs principaux éditeurs ont commencé à aller s'installer ailleurs, dont à Montréal, explique M. de Fondaumière. Ce crédit d'impôt devrait encourager les grands groupes à rester en Europe, ce qui sera aussi bénéfique pour la France. Un seul pays en Europe n'est pas capable d'apporter toutes les solutions pour créer une industrie viable. »


Une telle déclaration peut étonner puisque, de l'aveu même de M. de Fondaumière, toutes ces solutions, impossibles à reproduire dans un seul pays européen, existent dans la seule île de Montréal.


« Montréal est un modèle évidemment exceptionnel, affirme-t-il. Vous disposez d'un gros avantage, celui d'être collé sur les États-Unis. Il a fallu investir des centaines de millions de dollars pour monter les formations et attirer des éditeurs. Mais le pari en a valu la peine. C'est aujourd'hui le premier pôle de création dans le monde, ça crée de l'emploi pour les jeunes. Vous nous posez un vrai challenge! »



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