Un MBA après 50 ans ? Pourquoi pas!

Publié le 15/01/2011 à 00:00

Un MBA après 50 ans ? Pourquoi pas!

Publié le 15/01/2011 à 00:00

À l'âge où certains prennent leur retraite, il y a des gestionnaires qui décident de retourner sur les bancs de l'école.

Lorsqu'il travaillait pour Valeurs Mobilières Desjardins comme conseiller en placement, Denis Laflamme, a décidé d'accepter la direction de la plus grande succursale en région de la Financière Banque Nationale, à Victoriaville. " J'avais 27 employés et 17 conseillers en placements sous ma responsabilité, des actifs sous gestion de plus de 1,1 milliard de dollars. Malheureusement, il y a deux ans, la Financière Banque Nationale s'est restructurée et mes responsabilités ont changé ", résume M. Laflamme qui est aujourd'hui directeur et conseiller en placement pour la même institution.

En voyant ses ambitions freinées, le gestionnaire s'est lancé à la recherche d'une nouvelle vocation l'automne dernier. " Je me suis inscrit au MBA pour cadres de l'Université Laval afin de combler ce vide et faire quelque chose pour moi-même. "

Un âge idéal pour suivre un MBA ?

Jean-Guy Renaud, directeur général de l'Association des MBA du Québec (AMBA), pense que l'âge idéal pour se lancer dans un MBA se situe entre 35 et 40 ans. " Si on le fait trop jeune, on passe vraiment à côté. Si on le fait trop tard, on se prive de connaissances et de promotions qu'on aurait pu avoir plus tôt ", explique-t-il.

Toutefois, en raison de l'évolution démographique, les carrières ont tendance à s'allonger, et le phénomène devrait continuer de prendre de l'ampleur ces prochaines années. " C'est moins grave de faire son MBA plus tard que trop tôt ", estime M. Renaud.

C'est ce que s'est dit Jean-Guy Delorme qui vient de finir un MBA pour cadres en exercice à l'Université de Sherbrooke. S'il a repoussé la décision d'entreprendre la formation jusqu'à l'âge de 50 ans, c'est qu'il avait eu l'occasion jusque-là de développer ses compétences au sein de grandes organisations, comme Transcontinental ou Provigo.

" Cependant, les concepts et les modèles de gestion ont beaucoup évolué depuis 30 ans. Je sais que le MBA m'aidera à redynamiser et à prolonger ma carrière, vu que j'ai encore de 15 à 18 années de travail devant moi ", dit-il.

Aux difficultés inhérentes au MBA - 12 heures de travail par jour en entreprise, moins d'heures de sommeil, jusqu'à 35 heures par semaine de préparation de cours - M. Delorme a ajouté, en août, un autre défi à sa situation en changeant d'emploi. Il est devenu vice-président, développement des affaires, à la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). " Je pense que le fait que je faisais un MBA a attiré l'attention sur ma candidature ", avoue M. Delorme.

Comment évalue-t-il les retombées de sa décision ? " J'ai raffiné mon approche de gestion et de leadership, j'ai davantage confiance en moi et j'ai connu de jeunes gestionnaires extraordinaires. "

Jeunesse et expérience

La présence de gestionnaires expérimentés dans les programmes de MBA entraîne aussi des retombées pour les jeunes, qui peuvent bénéficier de la solide expérience professionnelle de leurs aînés.

Par exemple, le dernier cours auquel M. Laflamme a participé, en mathématiques financières, était en plein dans son domaine. " J'ai été utile aux autres pour les aider à mieux comprendre. Par contre, en ce qui concerne l'informatique, j'ai beaucoup à apprendre des jeunes, qui sont venus au monde avec les nouvelles technologies ", souligne celui.

M. Laflamme obtiendra son diplôme en 2012, à la veille de ses 60 ans. Quels sont ses projets d'avenir ? " J'aimerais pouvoir siéger à des conseils d'administration. J'ai été un gars de défis toute ma vie. J'ai le goût d'en relever d'autres ! "

dossiers@transcontinental.ca

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