Trois exemples québébois d'écoconception rentable

Publié le 26/09/2009 à 00:00

Trois exemples québébois d'écoconception rentable

Publié le 26/09/2009 à 00:00

La conception de produits écologiques, ou écoconception, gagne en popularité.

Ses avantages sont nombreux, comme en fait foi une étude de l'Institut de développement de produits (IDP), un organisme qui accompagne les entreprises dans leur démarche d'écoconception en plus d'offrir de la formation, publié au printemps. En plus d'être flatteuse pour l'image de l'entreprise, l'écoconception offre des avantages financiers indéniables. La recherche révèle que la majorité des entreprises étudiées (12 sur 15) ont accru leurs ventes et réalisé des bénéfices, tandis que deux autres ont maintenu leurs ventes et réduit leurs coûts et qu'une seule a maintenu ses ventes sans réduire ses coûts.

On constate aussi que la créativité au sein des équipes de travail connaît une hausse marquée. " Quand les employés s'attardent à trouver la solution d'un problème, ils trouvent souvent des solutions à d'autres problèmes, et même, ils découvrent de nouvelles occasions de marché ", dit Natalie Blouin, responsable du programme de formation en écoconception à l'Institut.

Cette ouverture à d'autres possibilités a notamment profité à Lumec, une entreprise d'éclairage accompagnée par l'IDP. Le fabricant s'est demandé comment l'éclairage des rues pourrait se faire avec un moindre impact environnemental... Résultat ? Elle a conçu un système polyvalent d'éclairage LED, moins énergivore. Mais voilà, au lieu de remplacer l'ensemble du lampadaire, il a imaginé une unité d'éclairage indépendante, qui peut se fixer sur un ancien lampadaire. Non seulement la solution est plus écologique que de remplacer tout le lampadaire, mais elle a ouvert un nouveau marché.

Concilier valeurs personnelles et commerciales

Le fait de réaliser soudain qu'ils peuvent contribuer à quelque chose de plus grand qu'eux motive grandement les entrepreneurs. " Quand le déclic se fait, ça se voit dans leurs yeux, note Mme Blouin. Vous savez, il y a un décalage entre les valeurs des gens au travail et celles qui comptent pour eux à la maison. Ils se préoccupent de l'avenir de leurs enfants et de la planète. À un moment, ils se demandent : À quoi est-ce que je contribue ?. Eh bien, avec l'écoconception, ils peuvent enfin lier leurs deux mondes. "

Elle relate l'histoire d'Yvan Morin, président des Industries Mailhot, qui fabrique des élévateurs hydrauliques pour les camions. L'entreprise en a conçus de nouveaux, facilement démontables, afin qu'ils puissent être remis à neuf et avoir une deuxième et une troisième vies. " M. Morin s'apprête à prendre sa retraite, dit-elle. Et en évoquant l'avenir de ses petits enfants, il m'a dit récemment : Je n'ai jamais rien fait d'aussi important dans ma vie. "

Par où commencer ?

Concevoir un produit écologique comporte plus de pièges qu'on ne l'imagine. " Les plus grands impacts environnementaux d'un produit ne sont pas toujours là où l'on pense ", dit Guy Belletête, directeur général de l'IDP. " Les entrepreneurs associent souvent les produits écologiques aux matières premières utilisées, dit-il. Mais il y a plusieurs éléments à considérer. La fibre de pomme de terre qui entre dans la fabrication de contenants d'emballage est peut-être plus écologique, mais si elle vient des États-Unis, on annule son effet bénéfique. "

Il cite l'exemple de la chaise Steelcase, un cas d'école en matière de développement durable. " Le fabricant a réalisé que ce qui avait le plus d'impact, c'était le transport. Son coup de génie a été de concevoir la chaise afin qu'elle se transporte démontée, prenant moins d'espace par le fait même. "

Les spécialistes conseillent de mener une analyse du cycle de vie (ACV), un exercice qui permet de quantifier l'impact environnemental d'un produit, de l'extraction des matières première à sa mise au rebut, en passant par sa fabrication, son transport et son utilisation. " À mon avis, on ne peut prétendre avoir conçu un produit écologique si l'on n'a pas réalisé d'ACV ", explique Mme Blouin.

Au début, l'approche de l'ACV servira à se faire une idée du point sur lequel les concepteurs devront se pencher. Guy Belletête relate le cas des baignoires à remous de Bain Ultra, une PME de Saint-Nicolas, près de Québec, dont le principal impact provenait de l'usage du produit. " C'est la consommation d'énergie du moteur qui avait le plus fort impact, et c'est sur ce point qu'ils ont surtout travaillé. "

200

Nombre approximatif d'entreprises qui conçoivent des produits écologiques au Québec, sur les 12 000 à 13 000 fabricants que compte la province.

Source : Institut de développement de produits

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