«Pourquoi j'investis dans l'édition de livres en papier à l'ère du numérique»

Publié le 05/11/2011 à 00:00

«Pourquoi j'investis dans l'édition de livres en papier à l'ère du numérique»

Publié le 05/11/2011 à 00:00

L'entrepreneur derrière le logiciel d'aide à la rédaction du français Antidote vient d'annoncer la création des Éditions Druide, une filiale de Druide informatique. La nouvelle maison publiera de la littérature générale, de la fiction, des essais, de la littérature jeunesse et des ouvrages de référence.

«Je ne pense pas que je prends un risque important. Je me suis entouré de personnes bien connues du milieu de l'édition - Normand de Bellefeuille, Luc Roberge et Anne-Marie Villeneuve [des anciens de Québec Amérique] -, un trio qui possède 60 années d'expérience. Et elles sont appuyées par l'équipe de commercialisation de Druide informatique. On pourra se distinguer en offrant à la fois le soutien attentionné d'une petite maison et la force de frappe d'un grand acteur.

Druide informatique, dont le produit phare est Antidote, fait de l'édition de logiciels. Mais c'est aussi un éditeur de livres, avec Le Petit et Le Grand Druide des synonymes et des antonymes, qui sont des extraits d'Antidote. La différence avec la création de cette nouvelle filiale, c'est que désormais, nous ferons de l'édition pour des tiers. Ce n'est pas un très grand pas à franchir. Notre mission, depuis 1993, c'est d'être au service de la langue française. On ne niera jamais le fait que nous avons une équipe douée dans la programmation avancée et la conception d'interfaces, mais le matériau avec lequel on travaille, c'est la langue française.

Évidemment, la société mère étant une entreprise technologique, on peut faire certaines choses plus facilement que d'autres éditeurs, et à moindre coût. Tous nos ouvrages seront publiés simultanément en versions papier et numérique dès le jour un. Et je présume que nous nous adapterons avec moins de difficulté aux changements que l'ère du numérique n'a pas fini d'engendrer.

J'ai aussi réalisé que j'ai une équipe de vente qui n'a rien à envier à celles des meilleurs distributeurs. Notre équipe, qui est entièrement issue du milieu du livre, se promène partout ; elle ne travaille pas qu'au téléphone. On n'hésite pas à aller à La Sarre, à Dolbeau-Mistassini ou à Chandler pour rencontrer les libraires et leur proposer nos produits. Ce n'est pas tout le monde qui fait ça. Ça ne nous coûtera pas plus cher d'effectuer ce travail pour les livres des Éditions Druide.

Bref, ça me permet en tant qu'entrepreneur d'exploiter des actifs que j'ai déjà et qui sont, à la limite, sous-utilisés. Un autre actif énorme qui est sous-utilisé et dont pourront bénéficier nos auteurs, ce sont les centaines de milliers de clients d'Antidote qui ont accepté d'être abonnés à notre infolettre. Ils ont en commun de croire à l'importance du français, puisqu'ils ont dépensé de l'argent pour mieux l'écrire. Nous leur proposerons les oeuvres publiées aux Éditions Druide. C'est une communauté dynamique à laquelle aucun autre éditeur n'a accès.

Dans le fond, l'ère du numérique ne réduit en rien la demande pour le contenu. C'est simplement un format différent. On entend souvent dire qu'il y a eu un effondrement du marché du livre. Quand je regarde les statistiques au Québec, je constate plutôt que le marché était de 600 millions de dollars en 2001 et qu'il a été de 790 millions en 2010. C'est un taux de croissance annuel moyen de 3,1 %. Nous, on arrive avec des atouts, et on va proposer quelque chose d'unique aux auteurs dans un marché qui ne se porte pas si mal.

Si tu peux te lancer dans un marché avec une proposition unique et que tu es capable de te différencier par autre chose que par le prix, je dis : «Vas-y !» C'est une occasion que tu devrais saisir sans trop te poser de questions.»

Propos recueillis par Marie-Eve Fournier

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