Lebel-sur-Quévillon renaît grâce à une multinationale australo-belge

Publié le 19/11/2011 à 00:00

Lebel-sur-Quévillon renaît grâce à une multinationale australo-belge

Publié le 19/11/2011 à 00:00

Par Suzanne Dansereau

Ce soir-là, la salle des Chevaliers de Colomb de Lebel-sur-Quévillon était pleine à craquer et l'atmosphère, festive. Bravant le vent et la neige fondante, quelque 200 personnes sont accourues au cocktail dînatoire organisé par la multinationale Nyrstar, pour faire connaissance avec la nouvelle équipe de la mine Langlois. Située tout près de la municipalité, celle-ci vient d'être rachetée et rouvrira ses portes au début de 2012, après avoir été fermée pendant quatre ans.

Quelques-uns en ont profité pour remettre leur CV au directeur du recrutement. «Ce n'est que le début de la renaissance de notre municipalité», a dit le maire Gérald Lemoyne, après avoir présenté l'équipe de Nyrstar.

Ce qui est important avec le nouveau propriétaire, nous a-t-il dit par la suite, c'est qu'il ait les reins plus solides que son prédécesseur, la canadienne Breakwater Resources, que Nyrstar a avalée l'automne dernier pour 493 millions de dollars américains.

«On a enfin affaire à une entreprise d'envergure mondiale. Son expertise dans le zinc est plus grande et, financièrement, elle sera capable de passer à travers la crise qui secoue les marchés financiers actuellement.»

Depuis le début de son histoire, la mine Langlois vit dans la précarité. Ouverte en 1994 par la québécoise Cambior, la mine a dû fermer pendant un an à cause de problèmes de conception. Ensuite, au début des années 2000, devenue propriété de la canadienne Breakwater, elle a fermé de nouveau, en raison de la bulle Internet. En 2006, la mine a été redémarrée en grande pompe, mais en 2008, la récession ayant fait chuter le cours du zinc, elle a fermé une troisième fois.

«On se souvient encore d'histoires d'horreur, comme le gars nouvellement embauché par Breakwater qui s'achète une maison pour apprendre un mois plus tard qu'il n'a plus de job», relate le maire.

De 2005 à 2009, Lebel-sur-Quévillon a perdu 1 200 emplois et 12 % de sa population (400 des 3 200 habitants). En plus de la fermeture de Langlois, il y a eu celle de l'usine de pâtes et papiers Domtar et de sa scierie, de même que celle de la scierie d'AbitibiBowater.

«Nous sommes ici pour au moins 10 ans», jure le nouveau directeur de Nyrstar, Jason Morin, un natif de Montréal qui a travaillé en Europe, en Indonésie et aux États-Unis avant de revenir au Québec au bras d'une Brésilienne qui devra s'acclimater aux hivers abitibiens.

Attirer la main-d'&#339uvre

Mais le recrutement pour la mine ne sera pas simple : la concurrence est forte avec les minières venues chercher les chômeurs de la mine Langlois en leur proposant la formule fly-in/fly-out ou de déménager en Abitibi. «Notre avantage concurrentiel sera le fait que la mine est juste à côté de Lebel-sur-Quévillon, ce qui veut dire que ses employés pourront rentrer chez eux le soir et passer du temps avec leur famille», explique M. Morin. La direction a d'ailleurs modifié les horaires pour offrir la semaine de quatre jours à ses employés. Nyrstar débarque avec de l'équipement plus moderne et sécuritaire qui générera des gains de productivité, note le directeur technique Serge Lévesque.

La relance de Lebel-sur-Quévillon s'appuie aussi sur d'autres projets miniers, dont celui de North Palladium (la mine d'or Vezza, qui devrait démarrer en 2012). De plus, la ville est en pourparlers «très avancés», au dire du maire, pour racheter les installations de l'usine de Domtar. Selon nos sources, des intérêts canadiens envisageraient la création d'une usine de rayonne. «J'espère avoir des nouvelles avant Noël», affirme M. Lemoyne.

Lebel-sur-Quévillon semble sur le bon chemin. Voilà à peine quelques mois, 130 maisons étaient vacantes dans la ville. Aujourd'hui, il n'y en a que 30. Des commerces se sont implantés, dont Newalta, une entreprise en services environnementaux. Et il y aura très bientôt un deuxième restaurant dans la ville.

LA MINE LANGLOIS

300 emplois, 50 000 tonnes de zinc (aussi, cuivre, or, et argent)

QUI EST NYRSTAR ?

Elle est issue de la fusion, en 2007, des activités de raffinage de zinc du groupe australien Zinifex et de la belge Umicore. Introduit à 20 euros à la Bourse de Bruxelles en octobre 2007, le titre s'est effondré à 1,50 euros à la fin de 2008. Depuis, sa valeur s'est redressée, bien qu'elle soit encore loin de son cours d'origine (6,50 euros, au 14 novembre). La rentabilité retrouvée est largement due à la progression des prix : le cours moyen du zinc, tombé à moins de 1 100 $ la tonne en février 2009, oscille actuellement autour de 1 900 $. Depuis l'an dernier, Nyrstar est en mode acquisition. Surtout composée de fonderies, elle veut des mines pour sécuriser son approvisionnement. Elle a acheté une mine d'or et de zinc au Pérou ; une mine de zinc au Mexique et Breakwater. D'ici cinq ans, elle prévoit quintupler sa production et profiter de la pénurie de zinc prévue pour 2015.

suzanne.dansereau@transcontinental.ca


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