Le marché chinois du bois d'oeuvre échappe aux entreprises québécoises

Publié le 23/01/2010 à 00:00

Le marché chinois du bois d'oeuvre échappe aux entreprises québécoises

Publié le 23/01/2010 à 00:00

Les entrepreneurs chinois utiliseront de plus en plus de bois pour la construction et la rénovation de bâtiments. Les producteurs de bois d'oeuvre de l'Ouest canadien en profiteront, mais pas ceux du Québec, car les coûts d'expédition des matériaux en Chine sont trop élevés.

" Les coûts de logistique nous font très mal ", dit Glenn Meehan, directeur, secteur résineux, du Bureau de promotion des produits du bois du Québec.

L'enjeu est de taille, car de récentes modifications au code du bâtiment chinois favorisent l'utilisation du bois, dans un pays où le béton et l'acier sont rois, même pour la construction d'immeubles résidentiels.

Beijing a modifié une première fois le code du bâtiment en ce sens en 2004, puis y a apporté de nouveaux changements en 2009. Ces derniers ajustements concernent plus particulièrement la réglementation à Shanghai, une mégapole de près de 20 millions d'habitants.

Le Canada exerce depuis longtemps un lobby auprès de la Chine pour qu'elle utilise davantage de bois dans la construction.

Les producteurs de bois de l'Alberta et de la Colombie-Britannique ont un avantage important sur les producteurs de l'Est du pays : ils exportent directement leur bois en Chine, tandis que ceux du Québec doivent faire transiter leurs produits par train jusqu'au port de Vancouver.

Cette contrainte fait grimper le coût total d'expédition en Chine. Selon les estimations de M. Meehan, cela peut représenter jusqu'à 50 % de coûts additionnels pour les producteurs du Québec par rapport à leurs concurrents de l'Ouest.

C'est d'ailleurs pourquoi Abitibi-Bowater et Tembec, qui exploitent des usines au Québec, n'exportent en Chine que du bois venant de leurs installations de la Colombie-Britannique.

" Cela ne serait pas rentable de le faire à partir du Québec ", admet Hugues Simon, vice-président, ventes et mise en marché et produits du bois à valeur ajoutée, d'Abitibi-Bowater.

Les producteurs québécois sont amers

Cette situation suscite un peu d'amertume chez certains producteurs de bois présents uniquement au Québec, tel que Matériaux Blanchet, qui exploite des scieries à Amos et à Saint-Pamphile.

" Nous pourrions exporter en Chine si nous pouvions vendre notre bois au même prix que les producteurs de la Colombie-Britannique ", dit Claude Boulanger, directeur des ventes et du marketing de l'entreprise.

Malgré tout, le Québec exporte un peu de bois d'oeuvre en Chine. En 2008, nos expéditions ont totalisé 635 754 $, ce qui fait de la Chine le 11e marché d'exportation des producteurs québécois. Cela dit, la part du Québec est négligeable par rapport à l'ensemble des expéditions canadiennes, qui se sont établies à 22,7 millions de dollars, selon Statistique Canada.

Des missions en Chine pour promouvoir le bois québécois

Même si les producteurs de l'Ouest disposent d'un avantage géographique, ils ne sont pas encore parvenus à réaliser une percée importante dans le secteur de la construction résidentielle en Chine. Ils y vendent surtout du bois de grade 3 ou 4, qui sert entre autres à la fabrication de produits de transport et d'emballage (palettes, boîtes, etc.).

De plus, les producteurs canadiens doivent affronter une forte concurrence de la part des Européens.

L'industrie québécoise ne renonce pas au marché chinois pour autant. Par exemple, cette année, le Bureau de promotion des produits du bois du Québec organisera des missions en Chine afin de repérer les marchés dans lesquels le Québec pourrait faire sa marque.

" Nous visons surtout le marché du 2 x 3 et du 2 x 4 pour la construction de charpentes en bois ", dit M. Meehan.

francois.normand@transcontinental.ca

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