Le fret aérien doublement pénalisé

Publié le 14/03/2009 à 00:00

Le fret aérien doublement pénalisé

Publié le 14/03/2009 à 00:00

Depuis trois mois, le fret aérien international pique du nez. En janvier, il accusait son onzième recul en autant de mois. Une conséquence du ralentissement des échanges commerciaux, bien sûr, mais aussi des contrecoups du choc pétrolier de l'année 2008. Le prix du baril de pétrole avait alors frôlé les 150 $ US l'été dernier.

"L'explosion des prix du kérozène a des répercussions incontournables, dit Éric Allard, vice-président, cargo aérien international, de Schenker Canada. Lorsque les surcharges sur le carburant ont atteint 60 % de la facture totale de livraison comme ils l'ont fait l'été dernier, il est évident que des entreprises se sont mises à chercher d'autres options."

Il y a urgence et urgence

Et des options, elles en ont trouvées. Notamment en remettant en question la nécessité d'utiliser l'avion plutôt que d'autres modes de transport, comme le train et le bateau, note Jacques Roy, professeur titulaire de HEC Montréal et directeur du Groupe de recherche CHAÎNE en logistique de transport.

"Plusieurs entreprises se sont mises à évaluer systématiquement lesquelles de leurs expéditions étaient réellement urgentes, dit-il. Toutes les commandes de pièces n'ont pas besoin d'être livrées le lendemain. Dans plusieurs secteurs, qu'une pièce soit livrée en une journée plutôt qu'en trois ou quatre ne fait pas une grande différence sur le plan opérationnel. Par contre, c'est le jour et la nuit pour qui doit payer la facture."

Ainsi, certaines entreprises se sont mises à réduire la fréquence des livraisons afin de regrouper les envois et de profiter de remises sur quantité. D'autres se sont tournées vers le transport multimodal.

Des avions sur roues

Une même cargaison, par exemple, peut traverser l'océan par les airs, et faire le reste du trajet en train ou en camion, plutôt qu'en avion. C'est le cas de quantités de marchandises, en transit entre les aéroports Montréal-Trudeau, à Dorval, et Lester B. Pearson, à Toronto.

C'est ainsi que sont devenus de plus en plus populaires, au cours des derniers mois, ce qu'on appelle, dans l'industrie du cargo, les "airplanes on wheels", avions sur roues. Deux conducteurs se relaient au volant d'un camion 24 heures sur 24 pour livrer un chargement de Montréal à Los Angeles en moins de 48 heures, par exemple.

Une logistique en mutation

Fiable et économique, ce genre de service fait mal au cargo aérien. Le principe du juste-à-temps n'est plus un dogme, et une meilleure planification des différentes étapes de la chaîne logistique heurtent de plein fouet le fret.

Les cours astronomiques du pétrole sont retombés, mais la recherche de modes de transport économiques pour réduire les coûts logistiques est toujours d'actualité.

"Avant de couper dans leur effectif, les entreprises cherchent à faire des économies sur le transport. C'était vrai quand les prix du pétrole ont explosé, et ça l'est encore plus depuis que la récession frappe, explique Éric Allard. La bonne nouvelle, c'est que toutes les entreprises sont à revoir leurs dépenses de transport. On ne pourrait imaginer meilleur contexte pour voler des clients à nos concurrents et accroître ainsi nos parts de marché !"

23,2 %

Recul du volume de fret aérien en janvier 2009, par rapport à l'année précédente. En décembre, le recul avait atteint 22,6 %.

martin.jolicoeur@transcontinental.ca

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