Ils paient de leur personne

Publié le 09/04/2011 à 00:00

Ils paient de leur personne

Publié le 09/04/2011 à 00:00

Certaines personnes ne se contentent pas de signer un chèque. Pour elles, la charité passe par le don de soi.

DESCENDRE POUR MIEUX REMONTER

QUI : Charles Tisseyre

EXPLOIT : Ascension de l'Acotango, 6 056 m

MONTANT AMASSÉ : 125 000 $ au profit de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal

Charles Tisseyre, par exemple, a failli payer de sa vie. En mai 2008, l'animateur de Découverte a dû abandonner l'ascension du mont Mera, au Népal, un sommet qui culmine à 6 476 mètres.

Cette expédition devait démontrer qu'il était possible pour un groupe de baby-boomers sédentaires de prendre les rênes de leur santé. Malgré un entraînement intensif avant le départ, l'animateur a dû abandonner l'ascension au bout de quelques jours. Les examens pratiqués par l'équipe médicale qui suivait les participants durant l'expérience ont démontré que M. Tisseyre souffrait d'apnée du sommeil, ce qui provoque un manque d'oxygénation du sang, une situation dangereuse pour le cerveau. Devant le risque, il a été contraint de redescendre.

En 2009, il a pu prendre sa revanche en escaladant l'Acotango, un volcan de 6 056 mètres, avec un groupe de grimpeurs. Cette fois, il réalisait l'exploit pour lui, mais aussi pour la Fondation du Centre jeunesse de Montréal. L'activité a permis à l'organisme d'amasser 125 000 $ au profit des bambins pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse, et à Charles Tisseyre de se prouver qu'il était capable de se remettre en forme pour de vrai.

« L'ascension d'une montagne est un modèle caritatif extraordinaire, commente-t-il. Les grimpeurs ont le mandat de faire tout le nécessaire physiquement pour réussir à gravir la montagne, mais ils ont aussi un objectif à atteindre relativement à l'argent recueilli. C'est donc un don de soi très important. »

Depuis quelques années, on assiste à une floraison d'initiatives sportives qui se greffent à des causes philanthropiques. Ces défis ont une double incidence : ils mettent en valeur l'activité physique tout en permettant à leurs porte-parole de sensibiliser les gens à la question.

« Comme le projet se raccroche à quelque chose de spectaculaire, cela donne un point de focalisation médiatique, explique l'animateur. Cela fait parler de l'événement et de la cause qu'il soutient. » Cet été, il relèvera un autre défi, le Grand Défi Pierre Lavoie, qui consiste à relier Saguenay à Montréal à vélo, en trois jours.

QUI : Ian Clermontt

EXPLOIT : Défi 117 Iamgold entre Val-d'Or r et Rouyn-Noranda, 105 km

MONTANT AMASSÉ : 28 000 $ au Comité de soutien à la pédiatrie de l'Abitibi-Témiscamingue

S'USER LES PIEDS POUR LES ENFANTS

Courir les 105 km qui séparent Val-d'Or de Rouyn-Noranda, en une seule journée, a aussi de quoi frapper l'imagination. Surtout lorsque l'exploit est réalisé par un homme qui, en 2007, fumait et pesait 122 kilos. Motivé par son fils né prématurément, Ian Clermont a décidé de reprendre sa vie en main et de donner à son tour à ceux qui l'ont soutenu lors de l'hospitalisation de son fils. En deux ans, le défi 117 Iamgold a permis à M. Clermont de verser 28 000 $ au Comité de soutien à la pédiatrie de l'Abitibi-Témiscamingue.

Pour lui aussi, l'objectif est double : « Je veux faire connaître le Comité de pédiatrie et partager les bienfaits de la course ». Par la bande, il estime aussi être devenu meilleur. « Avant, je ne comprenais pas les gens qui faisaient du bénévolat. Maintenant, je donne de mon temps, mais pour une cause qui me tient à coeur et dont je vois les retombées directes », explique-t-il. Et lorsque la douleur risque de l'emporter sur le besoin de dépassement de soi, les objectifs redonnent courage aux coureurs, grimpeurs et marcheurs. « À la fin de ma course, j'avais tellement mal aux pieds que j'étais incapable d'enlever mes souliers, se souvient M. Clermont. Une mère est venue me voir avec son enfant, et elle lui a dit devant moi : c'est grâce à lui s'il y a des toutous dans l'armoire à peluches de l'hôpital. »

UN VOILIER NOMMÉ PERSÉVÉRANCE

QUI : Robert Patenaude

EXPLOIT : Défi Persévérance : course Bermuda One-Two entre Newport et les Bermudes, 1 200 km ; Défi Vélo Mag Shawinigan - Parc national de la Mauricie, 105 km.

MONTANT AMASSÉ : Plus de 375 000 $ pour l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie

En 2009, à bord de son voilier, le Persévérance, Robert Patenaude a réuni 175 000 $, tout en devenant le premier Canadien à remporter la course Bermuda One-Two 2009, entre Newport et les Bermudes, et ce, malgré une collision avec une baleine et un gouvernail en mille morceaux...

Cet urgentologue a lancé le Défi Persévérance afin d'inciter les gens à participer à une activité physique pour collecter des p fonds au profit de l'Institut nds de recherche en immunologie et en cancérologie.

« J'avais commencé par exercer en oncologie. Mais ayant moi-même failli mourir du cancer, c'était trop prenant sur le plan émotif. J'ai décidé de rester engagé en m'investissant dans la collecte de fonds pour la recherche sur le cancer, afin de permettre à d'autres patients de guérir », dit-il.

Le Dr Patenaude sait de quoi il parle. Il est l'un des plus vieux survivants de la leucémie par greffe de moelle osseuse au Canada. La maladie l'a frappé alors qu'il était dans la vingtaine. À l'époque, 75 % des malades mouraient. Ce traitement, expérimental à l'époque, lui a sauvé la vie.

« Sur le voilier, la cause aide à surmonter les obstacles, surtout quand tu sais que de 400 à 500 personnes te suivent sur Internet », explique-t-il.

Pour l'édition 2010 du Défi Persévérance, il a troqué ses voiles contre un vélo et a dirigé une équipe de plus de 60 cyclistes à travers le Parc national de la Mauricie. Cette initiative a permis de recueillir plus de 200 000 $ et de toucher plus de 1200 nouveaux donateurs.

Selon ce sportif de nature, pour s'investir, il faut trouver une manière qui corresponde à sa personnalité et à son mode de vie. « Pour réussir, il faut faire des activités que l'on aime et qui sont cohérentes avec ce que l'on est. Les soupers spaghettis et les ventes de fleurs, ce n'était pas pour moi... Ça me faisait perdre la foi. Les gens deviennent blasés lorsqu'on leur demande de signer un chèque : ils veulent s'engager. »

Et pour lui, chaque geste compte. « Certaines personnes ramassent 30 $, d'autres 200 $, d'autres encore 5 000 $. On ne fait pas de différence. Quand on est malade, que l'on soit riche ou pauvre, on se retrouve au même niveau que tous les autres ».

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