GLADIUS, DE QUÉBEC

Publié le 25/06/2011 à 00:00

GLADIUS, DE QUÉBEC

Publié le 25/06/2011 à 00:00

Dans les bureaux des Éditions Gladius à Québec, chaque employé a son personnage fétiche. On entre chez Blanche-Neige ou chez Monsieur Patate avec le sourire. Le fabricant de jeux a vu le jour il y a 20 ans dans un sous-sol. Il emploie aujourd'hui une vingtaine de personnes, possède un vaste entrepôt, et 80 % de ses 700 000 jeux vendus chaque année le sont en novembre et décembre.

Pierre Samson et Marc Fournier, après des études en conservation de la faune, ont conçu leur premier jeu, " Nature Enjeux ". Leur but était d'acheter une pourvoirie avec les profits. Mais il n'existait aucune entreprise pour fabriquer leur produit. Alors, ils l'ont eux-mêmes assemblé et distribué. Ce projet 100 % Québec a séduit les médias, ce qui a entraîné une demande. D'autres concepteurs de jeux ont fait des propositions aux entrepreneurs, qui en ont oublié leur rêve de pourvoirie. Les associés allaient faire des " Cherche et trouve " et autres jeux leur gagne-pain. Une première licence importante avec Dreamworks pour des produits dérivés du film Madagascar a solidifié les bases de la PME, qui dérange aujourd'hui les multinationales du jouet avec son chiffre d'affaires d'environ 15 millions de dollars par année et d'autres licences négociées avec Disney.

" Chaque pied de tablette qu'on gagne chez les détaillants, quelqu'un le perd, et il se trouve que ce sont des acteurs de taille. Ils essaient de nous pousser sur le côté ", note M. Fournier.

Environ 95 % des jeux sur les tablettes des magasins sont des importations d'Asie et d'Europe. La main-d'oeuvre est peut-être plus chère au Québec qu'en Asie, mais Gladius voit bien des avantages à fabriquer ici. L'entreprise crée des emplois et elle peut compter sur du personnel compétent.

" Notre taux d'erreur est de 0,0001 %. C'est beaucoup plus élevé dans l'importation. Comme on n'a pas de retours, on n'a pas besoin de négocier un pourcentage de retours dans nos transactions. "

La production locale permet aussi de s'adapter rapidement aux besoins du marché.

" Quand un jeu décolle en fou, il faut réagir vite. Les Chinois ne se fendraient pas en quatre pour nous, mais nos partenaires québécois, comme l'imprimeur Transcontinental, le font. On a une collaboration extraordinaire ", se réjouit M. Fournier.

En utilisant les mêmes formats d'impression pour différents jeux, Gladius parvient à offrir des prix concurrentiels. Fabriquer au Québec permet aussi d'économiser des frais de transport, ce qui n'est pas négligeable à l'heure où faire venir un conteneur d'Asie coûte 5 000 $.

" Probablement qu'on ferait un peu plus d'argent en important. Mais à quel prix ? Moins de qualité et moins d'emplois ici ? L'entreprise est en bonne santé et progresse bien. Ce n'est pas pour quelques cents de plus par jeu qu'on va abandonner nos partenaires de longue date. "

Même si ce n'est pas facile, il s'en fabrique encore des choses ici ! Les Affaires a rencontré sept entrepreneurs d'un peu partout au Québec qui multiplient les acrobaties pour continuer de produire localement. Des sources d'inspiration. Arpentant leur usine, ces passionnés nous expliquent pourquoi ils résistent à la tentation de l'Asie. Surtout, ils nous disent comment ils réussissent à le faire sans sombrer dans le rouge.

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