Des régions en panne de jeunes avocats

Publié le 10/03/2012 à 00:00

Des régions en panne de jeunes avocats

Publié le 10/03/2012 à 00:00

La vitalité de l'économie de la Côte-Nord n'attire pas encore beaucoup les jeunes juristes. Alors que les grandes minières reçoivent des candidatures par milliers pour une large gamme de postes, les bureaux d'avocats des régions de la Côte-Nord et de l'Abitibi-Témiscamingue peinent à recruter des juristes.

«Il y a déjà eu jusqu'à 115 avocats sur la Côte-Nord, mais, aujourd'hui, ils ne sont plus que 93. Les jeunes professionnels hésitent à s'installer en région», constate Me Hubert Besnier, avocat à Sept-Îles depuis 38 ans et bâtonnier de la Côte-Nord.

Attirer et retenir

Me Isabelle Breton, avocate du bureau Cain Lamarre Casgrain Wells à Amos et bâtonnière de la section régionale Abitibi-Témiscamingue, abonde dans le même sens. «Le grand défi consiste non seulement à les attirer, mais aussi à les retenir. Quand on fait venir de jeunes avocats des grands centres, on est chanceux si on les garde trois ans ; inévitablement, le mal du pays les touche et ils repartent.»

Bon nombre des affaires juridiques touchant la mise en valeur des ressources naturelles, les transactions d'entreprises ou les financements internationaux se règlent dans les grands bureaux de Calgary, de Toronto ou de Montréal.

Le déploiement des bureaux d'avocats en province n'a pas suivi le modèle des grands noms de la comptabilité ou du génie au Québec : Genivar, par exemple, a une cinquantaine d'adresses en région et Samson Bélair est présent dans une trentaine de villes. Les plus grands cabinets d'avocats, eux, se concentrent à Montréal et à Québec et n'ont pas de bureaux en province ou ils en ont très peu. Une exception à ce modèle d'affaires : Cain Lamarre Casgrain Wells compte 160 professionnels du droit, répartis dans 16 villes du Québec.

Des champs de pratique précis

Un peu plus du quart des avocats du Québec pratiquent leur profession hors de la Capitale-Nationale et de la métropole. En pratique privée, ils travaillent en solo ou dans de petits cabinets indépendants. Bon nombre focalisent leur pratique dans quatre ou cinq champs.

«Le milieu régional est encore mal connu», affirme Me Miville Tremblay, du cabinet Tremblay Gagnon à Gatineau, président de l'Association des avocats et avocates de province. «Pourtant, l'avocat qui pratique en région sera beaucoup plus en contrôle de sa vie professionnelle, de sa clientèle et de ses dossiers. Ici, outre le droit, on fait aussi la gestion de notre personnel, de notre comptabilité et de tout le bureau. C'est un monde différent de celui des grands cabinets», rappelle Me Tremblay, qui fonde beaucoup d'espoir sur la notoriété du Plan Nord pour susciter un engouement des jeunes avocats pour cette vaste région.

DE SAINT-EUSTACHE À SEPT-ÎLES

Mathieu Godard, 27 ans, originaire de Saint-Eustache, a fait ses études de droit à l'Université de Sherbrooke, son stage professionnel dans un bureau de la métropole et pratique... à Sept-Îles.

Il a eu vent du poste offert par Besnier Dion Rondeau, un cabinet d'une demi-douzaine d'avocats, par le portail Juri-carrière, spécialisé dans l'emploi pour les juristes. Une première entrevue à Montréal, puis une seconde à Sept-Îles afin de se familiariser avec la région et enfin, quelques jours plus tard, une offre d'emploi... «Un poste tout de suite ! C'était ma chance de vraiment faire du droit et de commencer une pratique étendue et variée.»

On lui a tout de suite confié des responsabilités. Il a rencontré des clients et on l'a laissé gérer ses dossiers de bout en bout. «En début de carrière, une pratique de généraliste nous amène à toucher plusieurs domaines du droit. C'est une expérience enrichissante», indique-t-il.

De là à envisager de faire toute sa carrière sur la Côte-Nord... «Trop tôt pour en décider», répond-il. Il s'accorde encore quelques années pour déterminer comment et dans quels domaines il orientera sa pratique professionnelle.

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