Le fondateur de Lightspeed, Dax Dasilva, revient à la barre de l’entreprise

Publié le 15/02/2024 à 09:39, mis à jour le 15/02/2024 à 19:07

Le fondateur de Lightspeed, Dax Dasilva, revient à la barre de l’entreprise

Publié le 15/02/2024 à 09:39, mis à jour le 15/02/2024 à 19:07

Par La Presse Canadienne

Dax Dasilva précise qu’il ne sera pas question de faire une grande acquisition et que la priorité sera la rentabilité et le contrôle des dépenses. «Ce sera une grosse partie de ma tâche, trouver les gains opérationnels à travers la société.» (Photo: courtoisie)

Le fondateur de Lightspeed Commerce (LSPD), Dax Dasilva, revient à la barre du spécialiste du commerce infonuagique. Le chef de la direction, Jean Paul Chauvet, quitte l’entreprise.

L’entreprise a en fait l’annonce jeudi, avant l’ouverture des marchés boursiers. Le changement de garde survient au moment où Lightspeed peine à convaincre les investisseurs de lui donner une seconde chance. Le titre est toujours 86% en dessous de son sommet d’août 2021.

En tant que nouveau chef de la direction, M. Dasilva dit qu’il souhaite mieux communiquer les plans de l’entreprise. Il affirme que la communication fait partie de ses forces en tant que dirigeant. «Je crois que nous devons faire un meilleur travail pour raconter notre histoire», répond le dirigeant en entrevue.

Bien qu’elle ait atteint son objectif de réaliser un bénéfice ajusté avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA), Lightspeed affiche toujours une perte nette et des flux de trésorerie négatifs. Le ralentissement économique exerce également une pression sur ses clients dans les secteurs du commerce, de la restauration et de l’hôtellerie.

Le fondateur veut aussi recadrer le message qui a été envoyé aux investisseurs, notamment lors des derniers résultats trimestriels dévoilés la semaine dernière. «Je crois que c’est le travail du PDG de convaincre les investisseurs que nous sommes une histoire de forte croissance (des revenus), mais aussi une histoire de très bonne rentabilité.»

Lors du dévoilement des résultats la semaine dernière, la direction a évoqué qu’elle envisageait de nouvelles avenues de croissance au cours de l’exercice 2025 (qui commence en avril 2024).

Ces ambitions avaient pris les analystes par surprise et avaient été mal accueillies par les investisseurs. Le titre a perdu près de 24% de sa valeur jeudi de la semaine dernière.

L’analyste Tim James, de Valeurs mobilières TD, avait abaissé sa recommandation «d’acheter» à «conserver» en réaction. Il craignait qu’un retour à une stratégie de croissance, en essayant d’attirer plus de clients, gruge les marges. «Nous abaissons notre recommandation. Notre thèse n’est plus soutenue par ce changement de stratégie.»

M. Dasilva précise qu’il ne sera pas question de faire une grande acquisition et que la priorité sera la rentabilité et le contrôle des dépenses. «Ce sera une grosse partie de ma tâche, trouver les gains opérationnels à travers la société.»

À un moment difficile pour le marché de l’emploi dans le secteur des technologies, M. Dasilva a dit qu’il était trop tôt pour s’avancer si des mises à pied étaient nécessaires pour trouver ces gains d’efficacité. Il a toutefois insisté pour dire que l’entreprise demeure attachée à Montréal, où se trouve son siège social, et qu’elle continuera à contribuer à l’écosystème montréalais.

En janvier 2023, la société avait annoncé l’abolition de 300 postes, soit 10% de ses effectifs.

Le communiqué mentionne que M. Dasilva est chef de direction «par intérim», mais le principal intéressé mentionne que son mandat ne vient pas avec une échéance prédéterminée. Il se dit prêt à occuper ses fonctions à long terme. «Le mot intérim est rattaché au poste, mais il n’y a pas de fin prévue de mon côté. Au final, la décision revient au conseil.»

M. Dasilva était le président et chef de la direction de l’entreprise qu’il avait fondée en 2005, jusqu’en février 2022. Il avait alors occupé le rôle de président-directeur du conseil d’administration.

M. James demeure mitigé par rapport au changement de garde. «Ça pourrait servir de catalyseur pour l’action, mais l’entreprise devra démontrer une exécution constante et claire avant que l’humeur des investisseurs change.»

L’analyste souligne que la société a toutefois d’importantes réserves, même si elle brûle toujours des liquidités. «Au moment où l’entreprise approche de l’atteinte de flux de trésorerie positif, nous croyons que la direction est consciente qu’elle n’a pas besoin de 750 millions de dollars en encaisse. Un rachat d’action pourrait avoir du sens, en raison de la baisse du titre.»

Il n’a pas été possible de recueillir la version de M. Chauvet, mais M. Dasilva affirme que la décision «difficile» a été prise d’un commun accord. «Lorsque la décision s’est prise, ça s’est terminé par une accolade. Nous sommes proches. C’est un ami. Il fait partie de l’entreprise depuis presque ses débuts.»

Le bilan de l’ancien patron

Depuis l’entrée en poste de M. Chauvet l’action de l’entreprise a effacé près de la moitié de sa valeur en Bourse. Sous sa gouverne, Lightspeed a rajusté sa stratégie dans les derniers trimestres en redoublant d’efforts sur l’intégration de son service de paiement et en misant sur les clients qui génèrent une plus grande valeur de transaction brute (VTB).

M. Chauvet avait également mentionné l’an dernier que l’atteinte d’un BAIIA ajusté était «non négociable», un objectif qui est maintenant atteint depuis deux trimestres.

Lors de la publication des résultats la semaine dernière, M. Chauvet disait en entrevue que la valeur de l’action ne reflétait pas les progrès de l’entreprise. «Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. En tout cas, la compagnie est en super position. On est très heureux de notre trimestre.»

M. Chauvet s’était joint à l’équipe de direction de l’entreprise montréalaise de commerce infonuagique en 2012 et était devenu membre du conseil d’administration l’année suivante. Président de la société depuis 2016, il avait joué un rôle clé dans l’inscription de la société en Bourse et dans le lancement de la plateforme Lightspeed Payments. Il avait remplacé M. Dasilva en 2022.

L’annonce implique d’autres changements à la haute direction. John Shapiro, le vice-président principal de la technologie de vente au détail, a été promu au poste de chef du produit et de la technologie, en remplacement de Ryan Tabone qui quittera l’entreprise en avril prochain.

Patrick Pichette, ancien haut dirigeant chez Google, devient le président par intérim du conseil. Il était auparavant son principal administrateur indépendant.

L’action gagnait 1,15$, ou 6,26%, à 19,51$ à la Bourse de Toronto en fin d’après-midi.

 

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

 

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