Augmenter sa productivité sans passer par la Chine, c'est possible

Publié le 09/03/2013 à 00:00

Augmenter sa productivité sans passer par la Chine, c'est possible

Publié le 09/03/2013 à 00:00

Dans le secteur de la haute technologie, des entreprises québécoises rivalisent de plus en plus avec les pays émergents en concentrant leur production au Québec, tout en misant sur l'innovation et l'automatisation.

Le chef de la direction de Varitron, Martial Vincent, est convaincu de pouvoir faire concurrence à des géants comme la Chine. Sa solution ? «Agir localement, penser mondialement», dit le dirigeant de l'entreprise spécialisée dans l'assemblage de pièces électroniques pour les industries de télécommunications, aérospatiale, médicale, militaire et ferroviaire.

«Notre modèle, dit-il, c'est de fabriquer le plus possible toute notre production dans nos installations de Saint-Hubert et de Granby.»

Les 250 employés de son entreprise carburent, selon lui, à concevoir des produits uniques et de qualité. «Nous avons battu les Chinois concernant un contrat de fabrication de cartes électroniques pour compteurs intelligents. Les gens commencent à être conscients que, pour le même prix, il peut être préférable de faire affaire avec une entreprise d'ici.»

M. Vincent, dont l'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 40 millions de dollars, énumère les avantages, dont la proximité de sa chaîne de montage. «Chez nous, on conçoit des pièces qui évoluent rapidement. On garde une relation étroite avec le client qui peut venir changer à la dernière minute le design de son produit.»

Les contraintes chinoises

Le sinologue Loïc Tassé suit l'évolution des salaires en Chine. «On prévoit que le salaire minimum augmentera de 13 % par année d'ici 2015», dit-il. À Shanghai, un employé gagne 2 $ l'heure tandis qu'en province, ce chiffre tourne autour de 1,30 $.

De son côté, Louis J. Duhamel, associé et leader de la pratique de la stratégie corporative chez Deloitte, estime que le Québec entre dans une ère de relance du secteur manufacturier. «Avant, on prenait la décision de délocaliser en Chine en raison des coûts. Aujourd'hui, l'entrepreneur tient compte de l'augmentation des salaires, du transport et, finalement, du coût de production.»

De l'avis de plusieurs, la qualité des produits conçus dans l'empire du Milieu laisse à désirer. «Plusieurs doivent y retourner leurs marchandises. Cela cause des problèmes», dit M. Duhamel.

Tous les ans, Ari Van Assche, professeur de commerce international à HEC Montréal, se rend en Chine avec ses étudiants. Il a constaté de visu ces problèmes. Son père dirige une société de réfrigérateurs à vin, qui a transféré sa production en Chine. «Il a été obligé d'engager un responsable pour surveiller le contrôle de la qualité, ce qui a augmenté ses coûts de production.»

Marché saturé

Jean-Guy Lacombe, président de Vizimax, un fabricant de plateformes pour le transport et la distribution d'électricité de Longueuil, est allé à plusieurs reprises en Chine. «Pendant sept ans, j'ai tenté, sans succès, de vendre mes produits là-bas. Depuis le milieu de 2012, on me demande par courriel mon plan d'affaires et ma liste de relations.

«J'ai compris que les Chinois veulent que je les introduise à mes clients, comme Hydro-Québec. Leur marché étant saturé, ils veulent vendre leurs produits ici.»

L'homme d'affaires Louis Garneau fait affaire avec 82 fournisseurs chinois pour la conception de ses vélos, casques, etc. «Là-bas, huit personnes s'occupent de la qualité de nos produits. La Chine, c'est devenu plus compliqué. Je pense qu'à l'avenir les gens se tourneront davantage vers le Mexique, en raison de sa proximité.»


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