Aider avec méthode

Publié le 20/07/2013 à 00:00

Aider avec méthode

Publié le 20/07/2013 à 00:00

Une catastrophe comme celle de Lac-Mégantic suscite naturellement un élan de solidarité et de générosité. Mais pour que cet élan se traduise en actions concrètes pour les sinistrés, il faut de la méthode.

À Lac-Mégantic, c'est la Croix-Rouge qui prend soin des sinistrés et qui reçoit les dons en argent (1-800-418-1111). Ainsi, alors que l'aide aux pays en voie de développement est partagée par de multiples organismes, au Québec, les dons sont centralisés. «À Lac-Mégantic, les gens de la place ont rapidement pris les choses en main, tandis que dans les pays en voie de développement, les collectivités locales se font souvent organiser par les pays étrangers», affirme Sophie Brière, responsable de la maîtrise en gestion du développement international et de l'action humanitaire à l'Université Laval.

«Dans un pays comme le Canada, quand un désastre survient, la ligne de décision est claire : la Croix-Rouge, la mairie, la sécurité publique, la Sûreté du Québec, etc. Dans des pays moins développés, c'est plus flou et donc plus complexe», ajoute Mme Brière.

Denis Desilets, bénévole aux communications à Lac-Mégantic pour la Croix-Rouge, confirme la main haute de celle-ci concernant l'intervention auprès des sinistrés. Et pas question d'accepter les premiers bénévoles venus, même remplis de bonnes intentions. «Les personnes que nous aidons sont très vulnérables. Les bénévoles doivent avoir passé un test, entre autres pour vérifier leur stabilité émotive, et suivi une formation pertinente pour intervenir auprès de cette clientèle très fragile», explique M. Desilets.

Des donateurs persévérants

Pour ce qui est des dons de biens ou de services, il faut s'adresser à la municipalité. C'est ce qu'a fait Louevan, une entreprise de location de remorques de Laval, qui, avec d'autres entreprises, a collecté des meubles, des jouets, des vêtements, de la vaisselle et d'autres articles pour les sinistrés. Son directeur des ventes, Martin McFadden, raconte qu'il lui a fallu deux jours pour trouver une personne en mesure d'accepter le matériel. Il a finalement trouvé une personne à la Ville de Lac-Mégantic pour se charger de recevoir les dons contenus dans trois remorques.

François Moisan, délégué par la Ville de Québec à titre d'attaché de presse de la mairesse de Lac-Mégantic, confirme qu'on n'accepte pas tout ce qui est offert. «Avant de donner des biens ou d'offrir des services, il vaut mieux téléphoner [819-583-2441] pour s'informer des besoins sur le terrain. Ce n'est pas une bonne idée d'arriver sur les lieux avec un camion rempli de marchandises.»

Plus de prévention

La plupart s'entendent pour saluer la gestion efficace de la crise à Lac-Mégantic. Toutefois, «on peut se demander si l'absence de concurrence ne diminue pas l'efficacité de la Croix-Rouge», remarque François Audet, professeur à l'ESG-UQAM.

Ce spécialiste en gestion de l'aide humanitaire reconnaît par contre qu'une kyrielle d'organisations qui se battent pour prendre leur place n'est pas une solution. «C'est normal qu'il y ait si peu d'organisations internationales capables d'intervenir ici ; les catastrophes se passent surtout dans les pays du sud. Se fier à nous-mêmes est une bonne chose, mais il faudrait faire plus de prévention. On l'a fait en sécurité aquatique, on pourrait le faire aussi pour les catastrophes naturelles et industrielles.»

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