Vision PDG: des lauréats aux ambitions internationales


Édition du 25 Février 2017

Vision PDG: des lauréats aux ambitions internationales


Édition du 25 Février 2017

Par Denis Lalonde

L'Association québécoise des technologies (AQT) a couronné son pdg de l'année lors du colloque Vision PDG, qui se tenait à Mont-Tremblant du 15 au 17 février. Nous vous présentons un portrait du gagnant et des deux finalistes.

Groupe Optel a le monde dans son viseur

Lauréat - La croissance de Groupe Optel est en retard par rapport aux objectifs de son président.

Cela n'a pas empêché le dirigeant de la société, Louis Roy, d'être proclamé pdg de l'année Investissement Québec 2017 durant l'événement Vision pdg, organisé par l'Association québécoise des technologies et qui s'est tenu à Mont-Tremblant du 15 au 17 février.

Groupe Optel, société mère d'Optel Vision, qui conçoit des dispositifs d'inspection et de traçabilité pour l'industrie pharmaceutique, a connu une croissance de 100 % en 2016, soutient M. Roy. Le chiffre d'affaires de l'entreprise de 800 employés, dont 600 au siège social de Québec, devrait atteindre 200 millions de dollars cette année, et le dirigeant n'entend pas s'arrêter là.

«J'ai fondé l'entreprise en septembre 1989, alors que je terminais ma maîtrise, pour avoir un impact mondial. Donc, je suis en retard sur mon plan, qui était de devenir l'une des plus grandes entreprises du monde dans le domaine industriel», dit-il.

Les services d'Optel permettent entre autres de déceler les médicaments de contrefaçon, de plus en plus accessibles depuis l'arrivée d'Internet.

Selon des chiffres de l'Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM), les médicaments contrefaits tuent chaque année plus de 700 000 personnes dans le monde. En août 2016, des médicaments contrefaits ont été retrouvés au domicile du regretté chanteur Prince. Ils ont peut-être joué un rôle dans son décès.

Il faut dire que le trafic mondial de faux médicaments est très payant : il a rapporté 75 milliards de dollars américains en 2010, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Au moment de créer l'entreprise, je n'avais pas de produit. Je voulais avoir un impact positif et régler des problèmes de société», raconte M. Roy. Le secteur pharmaceutique s'est alors rapidement imposé à l'ingénieur de formation.

«C'était un bon créneau pour nous, car ça assurait la sécurité des patients en diminuant les erreurs de médication et en bloquant les médicaments contrefaits», dit-il.

À ce jour, Optel Vision compte parmi ses clients des entreprises comme Teva Pharmaceutical, Pfizer et Apotex. En plus de ses bureaux de Québec, la société est présente en Irlande, au Brésil et en Inde.

«L'ouverture de notre bureau en Inde en décembre nous permet de réduire les coûts de nos produits pour le marché asiatique. Nous voulons notamment percer le marché en Chine, en Indonésie et au Vietnam», explique le dirigeant.

Une croissance dans l'axe santé

Si Optel Vision oeuvre dans l'industrie pharmaceutique, la société souhaite aussi se trouver d'autres axes de croissance, d'où la création de la division Optel Medevon, qui offre des solutions pour l'inspection, la vérification et la traçabilité des dispositifs et des équipements médicaux dans les établissements de soins de santé.

«Cette année, on devrait lancer quatre divisions et on va aller aussi loin qu'on le peut sur le plan financier, mais toujours en respectant nos valeurs sociales et en gardant un climat de travail de qualité. On veut pousser la machine, mais sans dépasser les limites. Peut-être qu'on va faire un chiffre d'affaires de 1 G$. Si j'ai quatre divisions qui lèvent, ce sera phénoménal; si j'en ai juste une, ce sera déjà bien», explique M. Roy.

Le dirigeant ne veut pas dévoiler dans quels secteurs il souhaite se lancer cette année, mais il concède que sa vision d'avoir un «impact positif sur la société» sera toujours présente. «Il faut changer les normes et la perception que tout ce que les entrepreneurs veulent, c'est faire de l'argent. Les entrepreneurs doivent s'engager pour régler des problèmes de société. On essaie de créer un mouvement», affirme-t-il.

Louis Roy dit par ailleurs examiner la possibilité de réaliser une acquisition aux États-Unis cette année, afin de se protéger d'une éventuelle vague de protectionnisme de l'administration Trump.

Pas d'entrée en Bourse pour Optel

M. Roy écarte du revers de la main la possibilité de réaliser un premier appel public à l'épargne pour financer ses plans de croissance et souhaite poursuivre sa mission en se servant des liquidités générées par les activités d'Optel.

«Optel est une entreprise privée qui a été créée pour améliorer les conditions de vie des êtres humains. À mon avis, c'est incompatible avec une entrée en Bourse», dit-il.

L'amélioration des habitudes de vie est également une préoccupation pour M. Roy, qui vient de créer BEHAVIORi, un organisme sans but lucratif visant à favoriser l'accès à de «meilleures conditions de vie pour tous les enfants et les générations futures».

XMedius, le retour d'un siège social à Montréal

Finaliste - Après être redevenue une PME autonome en décembre 2015, l'entreprise montréalaise XMedius a lancé en octobre une solution qui l'a fait passer du télécopieur à la boîte de courriels.

L'année 2016 a été sa première avec un actionnaire majoritaire américain, le fonds StoneCalibre. Depuis environ 10 ans, l'entreprise était plutôt une filiale de la société française Sagemcom.

«Nous avons bénéficié de l'appui de la Banque Nationale et de la Banque de développement du Canada dans cette transaction. L'équipe de direction a acheté une participation de 22 % dans l'entreprise, alors que StoneCalibre possède les 78 % restants», explique le président de XMedius, Jean Champagne.

Une fois la transaction conclue, la société n'a pas perdu de temps, finalisant la mise au point d'une solution permettant de sécuriser les échanges de fichiers en ligne, solution officiellement lancée en octobre sous le nom de SendSecure.«L'origine de XMedius, c'est la télécopie sur réseaux IP (Internet Protocol). Avec cette industrie qui ralentit, nous avons voulu concevoir une solution complémentaire, plus moderne, pour permettre la transmission sécuritaire de fichiers», raconte M. Champagne.

Ce dernier soutient que le nouveau produit offre plus de flexibilité à sa clientèle en permettant la transmission de fichiers texte, audio et vidéo.

La réception de fichiers ne nécessite pas de compte d'utilisateur, car les destinataires sont authentifiés par un code unique reçu par l'intermédiaire d'un appel vocal, d'un SMS ou d'un courriel. De plus, les messages sont cryptés au moment du téléversement et du téléchargement.

À ce jour, la PME de 95 employés compte plus de 13 000 déploiements dans 70 pays. Ses solutions permettent de traiter plus de 3,2 milliards de documents annuellement.

Au cours des trois prochaines années, la direction de XMedius vise une croissance de 12 à 20 % de son chiffre d'affaires, qui a atteint 21,3 M$ en 2016. «De plus, comme nous sommes redevenus une PME avec un partenaire qui a des moyens financiers, nous examinons la possibilité d'une croissance par acquisition», dit M. Champagne.

Selon lui, le marché de la télécopie sur IP compte une cinquantaine de joueurs dans différents créneaux. Il s'agit, à ses yeux, de saisir l'occasion de consolider le secteur.

Askida vise le nord-est des États-Unis

Finaliste - Être jaloux rapporte parfois des dividendes ! La société de développement de logiciels Askida a pratiquement triplé de taille en 2016, en misant sur ses services d'assurance qualité logicielle. «J'étais jaloux de grandes entreprises comme Google. Quand on regarde Google, on voit son moteur de recherche. Toutefois, derrière cette façade, le modèle d'affaires de la société, son ADN, repose sur le marketing et la publicité», explique le président d'Askida, Steeve Duchesne.

Ce dernier remonte alors le temps, à la recherche de l'ADN d'Askida ou de l'élément qui allait permettre à la société de se démarquer de la concurrence. «Il y a deux ans, j'ai fait une analyse sur nos réalisations, nos clients actuels et potentiels et les problèmes qu'on avait eus», explique-t-il. Un élément s'est dégagé : la qualité des logiciels. M. Duchesne affirme que les enjeux de qualité logicielle sont présents partout, citant en exemple les nombreux ratés du système de paye Phénix au gouvernement du Canada.

«Nous avons pris l'assurance qualité logicielle et en avons fait un service incluant l'accompagnement, la formation et la mise en place de meilleures pratiques. Toutes nos connaissances ont été concentrées dans un logiciel d'orchestration de tests automatisés. Dès que ça été mis en place, on a vu l'explosion, dit-il. Avant, je me présentais chez un client et je lui demandais s'il avait des logiciels à concevoir. S'il me disait non, je ne pouvais pas faire grand-chose. Aujourd'hui, je demande aux clients s'ils ont des enjeux de qualité logicielle... Ça, c'est oui à 100 %.»

En 2016, Askida est passée de 40 à 114 employés, et son chiffre d'affaires a triplé pour atteindre environ 10 millions de dollars. En décembre, la société a ouvert un bureau à Toronto, deux mois après avoir changé de nom. Elle s'appelait auparavant Axon-ID. «En anglais, le terme axon désigne une partie du corps humain. Comme plusieurs centaines de sociétés portent ce nom, nous avons décidé de changer le nôtre.» C'est en fouillant par hasard dans un dictionnaire de langue abénakis que M. Duchesne est tombé sur le mot askida, qui signifie «confiance».

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