Ces PME qui surfent sur la vague des iPhone d'occasion

Publié le 15/03/2017 à 15:25

Ces PME qui surfent sur la vague des iPhone d'occasion

Publié le 15/03/2017 à 15:25

À deux pas du Mont Saint-Michel, en France, des milliers d'iPhones sont chaque jour démontés à la main pour être «reconditionnés à neuf» par 250 salariés d'une jeune PME qui surfe sur un marché de l'occasion en plein boom, en misant sur le haut de gamme.

Lancé en 2014 à Poilley, RemadeinFrance, qui propose des téléphones de 15% à 40% moins chers que les neufs, vient d'annoncer le recrutement de 150 personnes supplémentaires d'ici à juillet, après en avoir embauché une centaine en 2016 selon la direction. Et la progression de ces effectifs ne va pas cesser, laisse entendre la PME.

D'autant que d'après le cabinet d'études Deloitte, ce marché de l'occasion, né a la fin des années 2000, s'est véritablement enflammé depuis 2012.

«Ces emplois, c'est l'aboutissement de notre R & D (Recherche et développement, NDLR). On a dû massacrer 50000 téléphones pour apprendre ça, mais aujourd'hui on est capable de recycler toutes les pièces de téléphone, même la batterie. Avant, on devait aller chercher des pièces ailleurs et les tester avant de les réutiliser», explique Matthieu Millet, le président de la société, dont il est le principal actionnaire. 

Les produits Remade sont garantis un an, contre six mois le plus souvent ailleurs. Neuf, le téléphone intelligent, qui selon le cabinet d'études Deloitte a la durée de vie la plus courte des appareils connectés, est garanti deux ans.

L'entreprise se présente comme le numéro un français du téléphone reconditionné à neuf avec un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros en 2016, dans ce secteur, en hausse d'environ 25% par rapport à 2015. Elle pense remettre à neuf 750000 téléphones en 2017, contre 500000 en 2016, notamment en se diversifiant pour la première fois dans d'autres marques qu'Apple.

Son concurrent Recommerce affiche le même nombre de téléphones «reconditionnés» (soit remis en état de fonctionnement) vendus en 2016 pour un chiffre d'affaires de 34 millions d'euros, selon l'entreprise qui emploie 65 personnes en France. Les remises en état, à neuf ou avec quelques défauts, pour 20% à 50% du prix du neuf, sont sous-traitées à l'étranger, en Europe, selon Recommerce.

Comme d'autres, ces PME surfent sur la vague des téléphones reconditionnés, marché qui affiche une «croissance soutenue» en 2016 en France, alors que les ventes d'appareils neufs sont pour la première fois en baisse en volume, selon GfK.

80% des ventes en grande distribution

Selon cet institut, 2 millions de téléphones reconditionnés à neuf ont été vendus en 2016 en France, soit 10% des 20 millions de smartphones acquis dans l'Hexagone. Pour 2015, GfK évalue à 1,2 à 1,3 million le nombre d'appareils reconditionnés commercialisés en France.

A Poilley, ce succès prend un tour très concret. L'usine de 7500 m2 est elle-même en pleine reconfiguration pour s'agrandir de 3000 m2 supplémentaires dans le courant de l'année.

Des centaines de milliers de téléphones usagés arrivent chaque année à Poilley, majoritairement de l'étranger (Royaume-Uni, Etats-Unis et Japon via les Etats-Unis). Reconditionnés, ils sont revendus essentiellement en France (90 à 95%), mais aussi en Espagne, au Portugal, en Suède et aux Pays-Bas.

La PME mise sur la vente en grande surface alimentaire et spécialisée, où la concurrence est, selon elle, plus loyale que sur Internet. Elle assure y réaliser 80% de ses ventes.

Avec cette usine à Poilley, «nous sommes les seuls à avoir la traçabilité nécessaire pour répondre au cahier des charges de la grande distribution», affirme Matthieu Millet.

La société normande y a créé sa «Remade Academy» où, durant deux mois et demi, elle forme des salariés venus de secteurs très divers.

 

 

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