L'ADN des entrepreneurs québécois

Publié le 31/10/2016 à 15:00

L'ADN des entrepreneurs québécois

Publié le 31/10/2016 à 15:00

(Photo: 123rf.com)

«Être entrepreneur est devenu un métier désirable. Surtout chez les jeunes, qui représentent près de la moitié des intentions», explique Rina Marchand, directrice principale, contenu et innovation à Réseau M, qui analyse l’écosystème de l’entrepreneuriat avec son Indice entrepreneurial québécois 2016, en partenariat avec HEC Montréal.

Cette année encore, le nombre de Québécois avec l’intention de se lancer en affaires se démarque en triplant depuis 2009, atteignant un taux de 21%.

Le mentorat étant leur nouveau cheval de bataille, le Réseau M a passé l’humain sous sa loupe. Quatre profils d’entrepreneurs québécois ont été dévoilés:

  • le chef de file
  • l’enraciné
  • le prudent
  • l’individualiste. 

Et chaque profil possède son «ADN». Un sondage auprès de 2 515 répondants, dont 800 propriétaires d’entreprises québécoises et 1000 jeunes, a permis de les séquencer en six indicateurs, soit le ratio hommes-femmes, les études universitaires, la prise de risques, la volonté d’embaucher, la volonté d’innover et l’intention/volonté de s’internationaliser.

Ce sont les individualistes qui dominent en nombre, représentant près de la moitié des propriétaires, soit 43,2%. Ce groupe, principalement composé de travailleurs autonomes et de consultants, occupe une niche locale très ciblée. Son ratio hommes-femmes est le plus équitable des quatre, soit 56% d’hommes et 44% de femmes.

Les chefs de file sont quant à eux près du trois quarts masculins, et ne représentent que 12,1% des propriétaires. Ils ont une forte volonté d’embaucher et de s’internationaliser, et sont ceux qui prennent le plus de risques. Autre aspect qui se démarque : les deux tiers ont des études universitaires.

Tout comme les individualistes, les enracinés sont présents localement. Mais, à l’inverse, leur potentiel d’envergure régionale fait d’eux des employeurs considérables. Ce groupe compte plus du tiers des propriétaires, soit 37,4%, et compte notamment des supermarchés.

Les prudents — les plus marginaux, soit 7,3% des propriétaires — n’embauchent que très peu et prennent à peine de risques. Leur niveau d’éducation se démarque toutefois, avec un taux de 68,1%, qui dépasse légèrement celui des chefs de file.

Portrait de la relève

 
Bien que la proportion des chefs de file soit faible, leur poids sur l’économique n’est pas négligeable. «Ils ont beau être peu nombreux, ils ont le plus important potentiel d’effet de levier», ajoute Rina Marchand. Alors, comment faire pour favoriser ce groupe ?

En se concentrant sur les futurs entrepreneurs. Plus spécifiquement, sur la relève propice à augmenter le nombre de chefs de file, c’est-à-dire les jeunes universitaires, les immigrants et les femmes.

Les universitaires sont prédisposés à devenir chef de file, selon le Réseau M. Ils côtoient un excellent réseau de contacts au sein de l’université, laquelle leur donne une vision internationale et les incline à l’innovation.

«Nous vivons dans une économie de plus en plus complexe, et qui change très vite. Donc il faut avoir des connaissances afin de mieux identifier les opportunités de grande valeur. Ce que les étudiants possèdent», explique Mihai Ibanescu, chercheur à HEC Montréal et coauteur de l’Indice.

Bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes sur les bancs universitaires, elles sont sous-représentées. «On manque de modèles féminins, note Rina Marchand. Les femmes sont moins attirées par la possibilité de gagner beaucoup d’argent et prennent moins de risques.»

Selon une simulation réalisée par le Réseau M, si autant de femmes se lançaient en affaires que d’hommes, le nombre de propriétaires augmenterait du tiers, passant de 7,8% à 10,4%.

Pour ce qui est des immigrants, ils sont des preneurs de risque nés. Et leur poids au sein des chefs de file est deux fois plus important que leur poids dans la population.


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