Que feriez-vous si une collègue se faisait harceler?

Publié le 14/05/2012 à 10:48, mis à jour le 17/05/2012 à 13:46

Que feriez-vous si une collègue se faisait harceler?

Publié le 14/05/2012 à 10:48, mis à jour le 17/05/2012 à 13:46

Par Olivier Schmouker

1 personne sur 2 s'en irait sans rien dire... Photo : DR.

Si, un jour, vous étiez témoin de harcèlement sexuel au bureau, quelle serait votre attitude? Par exemple, si vous entendiez votre boss dire à une collègue qu'elle a «de belles jambes quand elle porte des jupes courtes»? Un sondage mené en Ontario par Ipsos Reid indique que 1 personne sur 2 ne ferait rien, et retournerait à son poste de travail sans dire un mot.

Comment expliquer un tel comportement? C'est que, semble-t-il, nous ne voulons surtout pas causer de remous au travail. Plus précisément, dans l'exemple du commentaire sexiste sur les jambes de la collègue, 53% des femmes oseraient dire à leur boss «quelque chose», et 46% des hommes.

«Nous sommes ambivalents lorsqu'on ne sait pas si la situation est acceptable, ou non. Quand celle-ci concerne notre boss, il n'est pas toujours facile de savoir quoi faire», estime Jeanne Françoise Mouè, présidente d'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF), qui a copiloté le sondage avec l'Ontario Coalition of Rape Crisis Centres (OCRCC).

Ainsi, dans les cas où la menace d'une violence sexuelle est évidente, les réactions d'opposition sont nettement plus claires : nous avons quasiment tous le réflexe d'intervenir, d'une manière ou d'une autre, pour empêcher l'agression. Mais quand la situation est plus «complexe», c'est-à-dire la menace plus diffuse, les réactions divergent.

«Il existe un stéréotype tenace selon lequel la violence à caractère sexuel se limite à un inconnu agressant sexuellement une femme dans une allée sombre. Dans la réalité, les situations les plus fréquentes ne sont pas aussi simples», souligne Ghislaine Sirois, la directrice générale d'AOcVF. D'où le lancement en ligne de l'opération Traçons les limites visant à sensibiliser les Canadiens aux situations qui sont intolérables, au travail comme ailleurs.

 

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