Parce qu'éthique rime toujours avec bonne pratique


Édition du 18 Octobre 2014

Parce qu'éthique rime toujours avec bonne pratique


Édition du 18 Octobre 2014

Par Olivier Schmouker

« Il faut absolument trouver le moyen d’assurer un suivi efficace pour tous les projets d’importance. » – Benoît Lalonde, président, PMI-Montréal.

PMI-Montréal, une association professionnelle regroupant quelque 3 700 gestionnaires de projet, a présenté cette semaine un mémoire devant la commission Charbonneau. L'objectif : montrer à tous qu'il est possible de rompre le cercle vicieux de la collusion et de la corruption dans le milieu de la construction au Québec, comme nous l'explique son président, Benoît Lalonde.

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Les Affaires - Pourquoi avez-vous rédigé ce mémoire ?

Benoît Lalonde - Mener à bien un projet, ça nous connaît. Alors, quand nous avons vu tout ce qui était mis au jour à la commission Charbonneau, nous nous sommes dit qu'il nous fallait, nous aussi, contribuer à cette lutte contre la corruption. Parce que cette dernière découle en grande partie de dysfonctionnements majeurs dans la gestion des programmes municipaux et provinciaux.

L.A. - Expliquez-nous ces dysfonctionnements.

B.L. - Voici un exemple frappant : il n'existe, au Québec, aucune banque de données centralisée pouvant être utilisée comme référence par les petites et moyennes municipalités. Imaginez... Si un maire avait pu se rendre sur un site Web où il aurait été indiqué combien les autres municipalités payaient du kilomètre de bitume, il aurait aussitôt pu se rendre compte qu'il payait 30 % de trop. Et on aurait peut-être évité le cauchemar qu'on vit aujourd'hui. De la même façon, personne ne suit vraiment, de A à Z, l'ensemble d'un projet. Chaque intervenant apporte sa contribution, puis refile le dossier au suivant, etc. C'est là un fonctionnement en vase clos, et on sait très bien aujourd'hui que ce n'est jamais le fonctionnement idéal. Il faut absolument trouver le moyen d'assurer un suivi efficace pour tous les projets d'importance. Je pense notamment au gouvernement britannique qui a instauré en 2008 le poste de chief construction adviser (CCA), lequel a pour rôle de superviser les projets de construction publics. Cela a entraîné une baisse globale de 10 % des coûts.

L.A. - De telles mesures ne risquent-elles pas d'accentuer les «lourdeurs administratives» ?

B.L. - Au contraire, ça simplifierait les procédures, ça les allégerait même. L'impact des changements que nous préconisons se ferait surtout sentir, en fait, par les politiques. Cela leur imposerait, entre autres, de rédiger des appels d'offres plus précis et rigoureux, et de faire leurs devoirs. Ça empêcherait, comme on l'a vu dernièrement, un ministre de tenir un point de presse pour annoncer le lancement d'un vaste chantier... sans être capable de dire quoi que ce soit sur l'échéancier, ce qui est une aberration sans nom ! Oui, ça imposerait de changer certaines mauvaises habitudes...

L.A. - Renouer avec l'éthique, c'est donc possible, d'après vous ?

B.L. - Bien sûr. La solution est même plus simple qu'on ne le croit : il suffit d'adopter de bonnes pratiques. Parce qu'elles rendent toujours la vie dure aux escrocs.

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