J'embauche un adjoint virtuel

Publié le 22/12/2009 à 09:05

J'embauche un adjoint virtuel

Publié le 22/12/2009 à 09:05

Par Suzanne Dansereau

Le terme adjoints virtuels a été employé pour la première fois en 1997.

Pendant que Marc-Olivier Dagenais dort, Siddhi Prabhu gère ses courriels, effectue des recherches sur Internet, met à jour son profil professionnel sur Facebook. Et la semaine dernière, elle a envoyé ses cartes de Noël électroniques. Siddhi Prabhu est son adjointe virtuelle.

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Il n'y a pas grand-chose que Siddhi Prabhu ne fait pas pour M. Dagenais, un entrepreneur montréalais. Elle s'occupe de tout ce qui peut être fait par Internet, tant sur le plan professionnel que personnel. Mme Prabhu vit à Mumbai, en Inde. À 7 $ l'heure, elle coûte deux fois moins cher qu'une adjointe au Québec.

Marc-Olivier Dagenais est un homme occupé. Professeur d'éducation physique au cégep, ce grand voyageur est également propriétaire de deux entreprises Web : la première, Softballperformance.com, propose des conseils et des produits pour améliorer la performance des joueurs de balle molle. L'autre, M.O. Dagenais et associés, se spécialise dans le développement Web.

En 2007, il a recruté une travailleuse autonome de Châteauguay pour l'aider à gérer Softballperformance.com. " Je passais trop de temps au service à la clientèle. J'avais envie de travailler, non pas dans mon entreprise, mais pour mon entreprise ", explique-t-il.

Cette femme travaillait de chez elle. Mais lorsqu'elle a quitté Softballperformance.com pour occuper un poste en entreprise, M. Dagenais s'est tourné vers Task Everyday, une société indienne qui fournit du soutien administratif en télétravail. Aujourd'hui, Marc-Olivier Dagenais emploie 12 adjoints virtuels, tous situés dans des pays émergents.

Diplômés universitaires bon marché

Plus que l'Inde, ce sont les Philippines qui fournissent à M. Dagenais une main-d'oeuvre compétente et bon marché. " Une mine d'or, dit le professeur et entrepreneur. Les Philippins parlent souvent l'anglais mieux que les Indiens, leur tarif horaire est 50 % moins élevé - de 1,50 à 4 US $ l'heure - et ils sont très loyaux. " De plus, la plupart détiennent des diplômes universitaires

Les tâches qu'ils accomplissent sont diverses : gestion du service à la clientèle; tenue de livres, programmation informatique, infographie, référencement pour les moteurs de recherche; recherche sur Internet; montage vidéo; marketing vidéo.

Son seul employé en poste à Montréal est un cameraman qui filme ses séances d'entraînement de balle molle.

Un phénomène en plein essor

Depuis la publication du livre The Four Hour Work Week de Timothy Ferriss en 2006, les regroupements d'adjoints virtuels se multiplient dans le monde. Les francophones bon marché se trouvent au Mali, au Gabon et en Algérie, souligne M. Dagenais.

Le phénomène n'est pas nouveau. Dès la fin des années 1980, des " secrétaires à la maison " offraient leurs services. Mais les adjoints virtuels, dont le terme anglais Virtual Assistant a été employé pour la première fois en 1997, sont des créatures venues d'Internet.

Il est difficile d'obtenir des données précises sur ce métier sans certification. Au Canada, le Canadian Virtual Assistants Connection (CVAC) a été formé en 2002 et compte maintenant 676 membres.

La récession ne peut qu'accélérer cette tendance, fait valoir Liz Wright, directrice de pratique chez Watson Wyatt Canada. Quel entrepreneur refuserait de réduire ses coûts de 35 à 65 % ? Pas de bureau, pas d'équipements, pas d'avantages sociaux à payer ? " De façon générale, le télétravail n'est pas près de disparaître ", dit Mme Wright.

Flexibilité, liberté, indépendance

Pour Marc-Olivier Dagenais, les assistants virtuels constituent une véritable révolution. " Je peux être plus productif en travaillant autant ou moins. Je travaille parfois 50 heures par semaine, parfois 15 heures, à mon choix. Grâce à ce mode de fonctionnement, j'ai la liberté, la flexibilité et l'indépendance ", dit-il.

En déléguant les tâches routinières, M. Dagenais peut se consacrer au développement de ses affaires et aux activités qui l'allument. " Je pars trois semaines en février : une semaine pour une croisière dans les Caraïbes, une autre aux Jeux Olympiques de Vancouver, et une en Floride comme bénévole dans un camp d'entraînement. Je n'envie pas mes amis qui ont dû mal à prendre des vacances. "

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