Des leçons d'affaires venues du champ gauche


Édition du 29 Mars 2014

Des leçons d'affaires venues du champ gauche


Édition du 29 Mars 2014

Par Marc Gosselin

On parlera beaucoup des Expos, ce week-end, à Montréal. Pour la première fois en 10 ans, des matchs présaison du baseball majeur seront disputés les 28 et 29 mars (les Blue Jays de Toronto affronteront les Mets de New York). On célébrera d'ailleurs l'équipe des Expos de Montréal de 1994 lors d'un des matchs. En prime, l'auteur et journaliste Jonah Keri, un Montréalais d'origine, lançait le 25 mars son livre Up, Up and Away, qui raconte l'histoire des Expos. Les Affaires l'a interviewé sur les leçons de stratégie à tirer du séjour de la franchise, qui s'est terminé en octobre 2004, mais aussi sur les possibilités d'un retour du baseball majeur dans la métropole.

Les Affaires - Quelles leçons d'affaires tirez-vous de la manière dont les Expos ont été gérés au fil des années ?

Jonah Keri - Il y en a beaucoup. Comme plusieurs organisations moins bien nanties, les Expos ont beaucoup misé sur le repêchage et le développement de leurs talents. Les Rays de Tampa Bay me font beaucoup penser aux Expos. Ils ne dépensent pas une fortune sur le marché des joueurs autonomes et préfèrent miser sur le talent développé au sein de son réseau de filiales. Si, à la fin des années 1970, les Expos étaient une équipe riche dont la direction générale faisait preuve de peu d'imagination, cela a été tout le contraire dans les années 1990. Je pense à un directeur général comme Dan Duquette qui avait fait bien des mécontents en 1993, lorsqu'il avait échangé le joueur de deuxième but Delino DeShields contre un petit lanceur, Pedro Martinez. Or, la suite des événements a donné raison à Duquette. Enfin, on parle beaucoup de Moneyball et de Billy Beane, le directeur général des A's d'Oakland. Pourtant, bien avant les Athletics, les Expos avaient mis en avant une stratégie pour être concurrentiels, malgré une masse salariale bien inférieure à la plupart de leurs adversaires. Par exemple, cela passait par l'analyse avancée de statistiques.

L.A. - Récemment, Projet Baseball Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont présenté une étude sur le retour du baseball dans la métropole, étude en partie financée par RBC. En plus de cette volonté de la communauté d'affaires, quelles sont les conditions inhérentes à un retour du baseball majeur à Montréal ?

J.K. - Il y en a trois. Tout d'abord, ça prend un propriétaire et un nouveau stade. Dans le cas du proprio, ce pourrait être un géant des communications comme Bell, qui concurrencerait sa rivale Rogers, propriétaire des Blue Jays à Toronto, sur l'échiquier du baseball majeur. Un stade au centre-ville est aussi incontournable. Ensuite, le groupe aura besoin de l'aval du baseball majeur. Enfin, on devra explorer les scénarios de l'expansion - improbable pour le moment - ou de la relocalisation d'une équipe. Dans la situation actuelle, le retour du baseball majeur à Montréal est possible, mais peu probable.

L.A. - Quel a été, selon vous, l'élément déclencheur de ce scénario de retour ?

J.K. - Le décès de Gary Carter, en février 2012. Un mouvement est né à la suite de son départ et a constamment pris de l'ampleur. Je pense entre autres à l'ancien des Expos, Warren Cromartie, qui est à la tête de Projet Baseball Montréal. Jusqu'à il y a deux ans, je vous aurais dit qu'un retour était impossible, mais les choses ont changé depuis.

Selon Jonah Keri, trois conditions sont essentielles au retour des Expos : trouver un propriétaire, recevoir l'aval du baseball majeur et explorer les différents scénarios (expansion ou relocalisation).

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