TEDxMontrealWomen: Une conférence qui plaide pour la perturbation positive...


Édition du 14 Décembre 2013

TEDxMontrealWomen: Une conférence qui plaide pour la perturbation positive...


Édition du 14 Décembre 2013

Par Diane Bérard

La présidente et chef de la direction de IOC, Zoë Yujnovich (à gauche) et Grace Yang, qui a collaboré à l'organisation de la conférence. Photo: Wendy Low

Le 7 décembre, quelques centaines de participants ont assisté à la première conférence TEDxMontrealWomen, coproduite par Zoë Yujnovich, la jeune présidente et chef de la direction d'Iron Ore Company of Canada (IOC). Elle a amorcé la journée par la question suivante : «La vie vous dirige-t-elle ou êtes-vous aux commandes ?» Au cours des sept heures suivantes, les conférenciers ont exploré les limites que l'on peut repousser et le pouvoir que l'on choisit de se donner. Ils ont parlé de perturbation positive. Dans les entre- prises, dans la société et dans nos vies.

... LES ENTREPRISES

De la RSE à la RSEE

On a beaucoup évoqué la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Joey Adler, elle, veut introduire un nouveau concept : la responsabilité sociale des entreprises envers leurs employés (RSEE). «Que font les entreprises pour s'assurer que leurs employés se développent ? Qu'ils atteignent leur plein potentiel ?» demande la présidente de Diesel Canada et fondatrice de l'organisme philanthropique UNXUN.

Catapultée à la présidence de Diesel Canada en 2003 à la suite du décès soudain de son mari, Joey Adler a alors découvert la nuance entre un gestionnaire et un leader. Gestionnaire, elle devait apprendre à devenir leader. «Le gestionnaire implante les idées des autres, illustre-t-elle. Le leader insuffle sa vision. Il a fallu que je découvre la mienne.»

Sa vision est celle d'une entreprise socialement responsable envers ses employés. Une entreprise créée pour les humains qui y travaillent et non l'inverse.

Tout comme Joey Adler, Pascale Pageau a découvert la RSEE à la suite d'un choc, celui de la maternité. «J'ai voulu changer de profession, raconte la fondatrice du cabinet Delegatus. J'étais convaincue que le droit me rendait malheureuse. Je me trompais, c'était le modèle traditionnel des cabinets d'avocats qui ne me convenait plus.»

Nous vivons encore dans un monde du travail façonné par les hommes, poursuit-elle. Cela explique pourquoi si peu de femmes occupent des postes de pouvoir et pourquoi plusieurs d'entre elles désertent les grands cabinets. «J'ai quitté le grand cabinet où je travaillais. Je me suis inscrite à l'université en psychologie, raconte l'entrepreneure. Je voulais une profession où j'écoute les gens, où je les aide. Après trois mois, j'ai réalisé que je perdais mon temps, j'exerçais déjà cette profession.»

Plutôt que de réussir malgré son nouveau statut de mère, Pascale Pageau choisit de réussir grâce à lui. «Mes limitations m'ont servi à imaginer un nouveau modèle de cabinet où l'on peut travailler autrement. Je travaille aussi fort qu'avant, mais selon un autre horaire et d'autres règles.»

... LA SOCIÉTÉ

Réhabiliter la politique

Corruption, collusion, scandales, les électeurs désillusionnés tournent le dos à la politique. Les nouveaux héros travaillent pour des ONG ou bien ce sont des entrepreneurs sociaux. «Ce secteur devient de plus en plus congestionné, constate Désirée McGraw, présidente de la Fondation Jeanne Sauvé et présidente de l'Association libérale fédérale de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine. Pendant ce temps, le gouvernement manque de candidats. Nous avons besoin de la passion des entrepreneurs sociaux pour renouveler la politique.»

On a pensé régler les problèmes autrement. C'est impossible, martèle Désirée McGraw. «Nous n'y arriverons jamais sans une sphère politique fonctionnelle, estime-t-elle. L'entrepreneuriat social et la philanthropie excellent à colmater les brèches, mais seul le gouvernement peut régler les problèmes sociétaux.»

Élargir le point G

«On se demande souvent pourquoi les pays scandinaves sont si égalitaires, soulève le psychologue suédois Björn T. Atterstam. C'est parce que nous avons élargi le point G des Scandinaves. Nous avons repoussé les frontières qui définissent un homme et une femme.» G, c'est pour genre. Le point G, c'est le terrain de jeu que la société accorde aux hommes et aux femmes. Les femmes sont comme ceci, pensent comme cela, sont douées pour ceci... Les hommes performent mieux là, éprouvent plus de difficulté là... «Le genre n'est pas un concept clairement établi, insiste Björn T. Atterstam. Ce sont les interactions entre les gens qui le définissent. Nous avons le pouvoir de changer les choses.» Il ajoute : «Lutter contre 1 000 ans d'histoire n'est pas facile. Mais c'est une perturbation essentielle. Élargir le point G donne plus de choix personnels et professionnels, et plus de possibilités de croissance à tous.»

... NOS VIES

Manger du caviar sous les bombes

«On ne choisit pas les chocs que l'on subit, mais on peut choisir comment on y réagira», souligne la Libanaise Lamia Charlebois. À 12 ans, elle attend avec anxiété son père qui tarde à rentrer du travail. Beyrouth est déchirée par la guerre. Rentrer du travail ou de l'école tient chaque jour du miracle. Le papa de Lamia arrive enfin, une boîte de foie gras à la main. Tout l'immeuble descend à la cave, à l'abri des bombes. Pendant que celles-ci sifflent au-dessus de leur tête, Lamia et ses voisins partagent du vin blanc et des craquelins au foie gras. Un instant qui cristallise la philosophie de cette consultante en relations publiques, qui a adopté Montréal il y a 28 ans. «Les coups durs peuvent rendre amer ou meilleur», poursuit Lamia Charlebois qui, à la suite d'un mariage malheureux, a osé l'entrepreneuriat. «À 12 ans, j'ai compris que le bonheur s'écrit avec un petit "b". Trop de gens s'épuisent et se perdent à le chercher avec un grand "B".»

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