La boîte à outils de l'investisseur activiste


Édition du 16 Août 2014

La boîte à outils de l'investisseur activiste


Édition du 16 Août 2014

 

Lorsqu'on pense aux investisseurs activistes, les noms de milliardaires septuagénaires nous viennent à l'esprit. Du même coup, on s'imagine la bataille de procurations. Or, après avoir interviewé plusieurs spécialistes, il est apparu que des outils bien plus accessibles et plus efficaces s'offrent aux petits investisseurs. En voici 10, classés en ordre croissant d'intensité.

1 Fréquenter les assemblées annuelles

Un actionnaire ne devrait pas attendre d'être insatisfait pour se présenter aux assemblées annuelles ou pour exercer son droit de vote. En effet, l'actionnaire qui a l'habitude de se faire entendre en période de beau temps aura plus de crédibilité lorsqu'il le fera en période de tempête.

2 Communiquer avec le président du conseil

La première démarche qu'un actionnaire mécontent devrait entreprendre est de communiquer ses préoccupations à la société. L'interlocuteur le plus approprié est le président du conseil, avec qui l'investisseur peut communiquer parcourriel ou par téléphone.

3 Envoyer une lettre recommandée au président du conseil

Après avoir épuisé l'avenue des discussions informelles, l'investisseur qui souhaite faire pression sur une société devrait envoyer une lettre recommandée dans laquelle il fait état de ses préoccupations au président du conseil. Cette lettre prouvera qu'il a communiqué avec la haute direction de l'entreprise avant d'entreprendre d'autres démarches.

4 Joindre ses efforts à ceux d'un autre activiste

Avant d'entamer une campagne d'activisme, un actionnaire devrait au préalable tenter de communiquer avec d'autres actionnaires susceptibles de faire pression sur la société. Se greffer à l'action d'un pair permettra à l'investisseur d'économiser temps et argent. Une telle démarche pourrait aussi être plus efficace, puisque deux campagnes différentes pourraient faire le jeu de la haute direction.

5 Soumettre un projet de résolution

Outre le droit d'élire les administrateurs, le droit de soumettre au vote des résolutions est le principal levier dont dispose un actionnaire pour se faire entendre. De nombreuses sociétés limitent toutefois le droit de soumettre un projet de résolution aux actionnaires qui possèdent un nombre minimal d'actions.

6 Négocier sa résolution avec le conseil

Soumettre un projet de résolution bien ficelé permet à un actionnaire d'exercer une pression supplémentaire sur le conseil. Malgré tout, rares sont les résolutions d'actionnaires qui sont appuyées par le conseil, et celles qui ne le sont pas ne sont que rarement adoptées. Aussi, un actionnaire activiste aurait tout intérêt à en négocier les termes avec le conseil. Si un terrain d'entente est trouvé, le conseil pourrait appuyer une nouvelle version de la résolution ou proposer une résolution similaire, à condition que l'actionnaire activiste retire la sienne.

7 Rencontrer les grands actionnaires

Lorsqu'il est impossible de trouver un terrain d'entente avec le conseil, l'investisseur devra soumettre sa résolution au vote des actionnaires. Pour favoriser son adoption, un activiste a tout intérêt à approcher les grands actionnaires. Ceux-ci pourraient appuyer sa résolution à l'assemblée générale ou encore faire plier le conseil en exerçant des pressions sur celui-ci.

8 Émettre ses protestations publiquement

Cette approche n'est pas toujours constructive, mais elle permet de joindre les plus petits actionnaires et d'exercer une pression supplémentaire sur le conseil. L'activiste qui y recourt peut alerter les médias, directement ou par l'intermédiaire d'un communiqué de presse. Il peut également utiliser les médias sociaux, et les sites spécialisés comme StockTwits ou Seeking Alpha pour faire valoir son point de vue. Il est à noter que l'actionnaire individuel qui opte pour cette avenue s'expose à des poursuites qui, même si elles sont non fondées, pourraient le ruiner.

9 S'opposer à la réélection des administrateurs

Les actionnaires n'ont pas la possibilité de voter contre l'élection d'un administrateur au Canada. En l'absence de candidatures multiples aux postes d'administrateurs, les actionnaires insatisfaits d'un ou de plusieurs membres d'un conseil peuvent néanmoins enregistrer leur abstention. Même si un administrateur peut être élu avec une minorité des voix exprimées, un taux important d'abstentions est un signal d'insatisfaction difficile à ignorer.

10 Engager une bataille de procurations

Le plus visible et le plus coûteux des recours consiste à tenter de faire élire ses propres administrateurs au conseil. Pour ce faire, un investisseur activiste devra convaincre assez d'actionnaires de lui confier leur procuration pour contrôler une majorité des droits de vote. Pour aller jusqu'au bout d'une telle bataille, un investisseur activiste devrait s'attendre à débourser un minimum de un million de dollars en frais d'avocat, de sollicitation de procurations et de relations publiques. Voilà une approche qui est à la portée de peu de petits investisseurs.

Merci à Christine Carson, cofondatrice de Shorecrest Group, à Christian Godin, gestionnaire de portefeuille chez Montrusco Bolton, à Olivier Gamache, pdg du Groupe Investissement Responsable et à Jean Soublière, président de l'ACTIF, pour leur collaboration à cet article.

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