L'espace comme terrain de jeu


Édition du 11 Février 2017

L'espace comme terrain de jeu


Édition du 11 Février 2017

Par Pierre Théroux

Avec ses reconstitutions à échelle réduite des surfaces de la Lune et de Mars, NGC Aérospatiale peut simuler les derniers 750 mètres d’un atterrissage.

Le laboratoire de NGC Aérospatiale a de quoi surprendre. On y trouve en effet des reconstitutions tridimensionnelles à échelle réduite des surfaces de la Lune et de Mars, sur lesquelles l'entreprise peut simuler les derniers 750 mètres d'un atterrissage.

NGC l'a d'ailleurs beaucoup utilisé dans le cadre de sa participation à la mission Lunar Lander de l'Agence spatiale européenne (ASE) qui projette d'atterrir sur le pôle sud de la Lune. La PME québécoise a testé ses systèmes de guidage et de commande autonomes de détection et d'évitement d'obstacles pour assurer un atterrissage en douceur sur cette région fortement accidentée de la face cachée de la Lune.

«On a développé une technologie basée sur le principe de repérage d'un GPS, mais en utilisant trois ou quatre cratères plutôt que des satellites pour faire la triangulation et réussir l'alunissage à quelques mètres près de l'objectif», explique le président de NGC Aérospatiale, Jean de Lafontaine, qui, contrairement à son célèbre homonyme, a choisi l'espace comme terrain de jeu.

Tout a débuté à la fin des années 1980 lorsque, muni d'un doctorat en génie aérospatial de l'Université de Toronto, M. de Lafontaine entre comme ingénieur à l'Agence aérospatiale européenne. Pendant dix ans, il y travaillera au projet de la sonde spatiale Rosetta et à sa mission d'atterrissage sur une comète, tout en développant sa propre expertise en systèmes autonomes et intelligents.

Peu de temps après son retour à Sherbrooke en 1998, l'ASE prend contact avec lui pour travailler sur un projet de satellite autonome. M. de Lafontaine, qui était devenu professeur en génie électrique à l'Université de Sherbrooke, s'attelle à la tâche les soirs et les fins de semaine, dans son sous-sol.

Ainsi naquit PROBA-1, le premier d'une série de mini-satellites lancés en orbite terrestre par l'Agence Spatiale Européenne afin de fournir des images pour analyser les changements climatiques et faire le suivi des désastres naturels. Avec à son bord des technologies développées par M. de Lafontaine.

L'une d'elles consiste à transférer l'intelligence des opérateurs au sol des satellites dans un logiciel embarqué. «Ça permet de réduire le coût d'opération des satellites, tout en les rendant plus autonomes», explique-t-il, affirmant avoir été le premier à développer cette expertise au Canada et en Europe.

Ce succès l'amène à créer NGC en 2001. Depuis, les algorithmes, logiciels et simulateurs conçus par l'entreprise se retrouvent dans plusieurs autres satellites qui gravitent encore autour de la Terre ou sont en développement. Deux véhicules autonomes destinés aux explorations terrestre et planétaire ont également été créés et testés grâce à NGC.

L'entreprise, qui emploie aujourd'hui 16 personnes, vient d'emménager dans le Technoparc de Sherbrooke, où elle a doublé la superficie de ses locaux, qui est passée à 12 000 pi2. Ce qui lui permettra notamment de poursuivre ses efforts de diversification de marché.

«Nous sommes dépendants de contrats des agences spatiales, donc de budgets gouvernementaux qui varient d'une année à l'autre ou sont même supprimés», souligne M. de Lafontaine, qui enseigne encore à la Faculté de génie.

L'émergence de l'industrie des drones commerciaux lui offre justement de nouvelles occasions d'affaires. Sa technologie de détection et d'évitement d'obstacles pour les satellites lui permet ainsi de participer au développement d'un drone hélicoptère avec le fabricant Laflamme Aéro, qui servirait notamment à des fins d'inspection, de cartographie et de surveillance.

NGC travaille aussi sur un système d'imagerie et de cartographie en 3D qui pourra être embarqué sur un drone pour détecter les couleurs, textures et reliefs d'un terrain. Ce système pourrait servir, par exemple, à inspecter des infrastructures (ponts, édifices) ou à reconstituer des scènes d'accidents. Et lui permettrait aussi de commercialiser ses propres produits. «On a toujours eu un rôle de sous-traitant. On pourrait à l'avenir mettre notre propre logo sur des produits», souligne-t-il.

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