Connaissez-vous la «gentlefication»?

Publié le 27/04/2018 à 15:16

Connaissez-vous la «gentlefication»?

Publié le 27/04/2018 à 15:16

Par Diane Bérard

L'entrée de Wynwood Walls, la section du quartier Wynwood de Miami transformée en galerie d’art à ciel ouvert. (Getty Images)

Avez-vous entendu parler de la gentlefication? On doit cette expression au promoteur immobilier Tony Goldman, pour décrire son intention lors de la transformation du quartier Wynwood, à Miami, à partir de 2012.

Un quartier manufacturier qu’il a transformé en gigantesque galerie d’art à ciel ouvert. Le terme gentlefication serait une réponse à la gentrification. Il fait la promotion d’une transformation lente et inclusive d’un quartier, en respectant les habitants d’origine et en réservant une place importante aux petits entrepreneurs locaux par l’entremise de petits projets plus abordables.

Dans le cas de Wynwood, il est question de la population portoricaine et des artistes. Les avis, quant au résultat final, demeurent partagés. Des réserves sont émises quant à l’aspect inclusif de Wynwood.

La gentlefication, une réponse à des enjeux économiques et sociaux

L’idée de la gentlefication n’est pas morte pour autant, car elle répond à un enjeu réel. Le rôle grandissant de l’adhésion sociale comme facteur de succès des projets d’affaires, la contribution des petits détaillants à une économie pérenne, les effets pervers de l’exclusion sociale… autant de raisons pour lesquelles le concept de gentlefication demeure à l’ordre du jour.

À preuve, le 19 avril dernier, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a présenté son plan de développement économique où il était question, entre autres, de préserver et d’encourager les petits détaillants indépendants.

Et le 10 mai prochain, l’organisme «Vivre en ville» organise le colloque «Commerce de détail et développement durable», qui rassemblera des experts québécois et internationaux. Ils se pencheront sur la question suivante, «À quoi ressemblerait une politique de développement durable du territoire?»

Voyons un peu ce qui se fait chez nos voisins du sud

On peut citer le travail de la Incremental Development Alliance (IncDev), un OBNL démarré en 2015, à Minneapolis. Celui-ci travaille avec les promoteurs immobiliers, les entrepreneurs et les citoyens pour développer des quartiers qui résistent aux modes et à la spirale de la désuétude.

IncDev procède par interventions ciblées . À Chattanooga, au Tennessee, l’OBNL contribue à rebâtir l’offre immobilière intermédiaire (Missing Middle housing). Cette offre se situe entre la maison détachée et l’immeuble à plusieurs étages. Elle contribue à densifier une ville et répond à la demande croissance de quartiers piétonniers.

À Kalamazoo, au Michigan, l’OBNL a servi de facilitateur et de décodeur entre des projets sans prêts à accueillir de petits projets, mais aucune offre. Voyant que la réglementation posait un casse-tête, IncDev a organisé, entre autres, des ateliers pour aider les promoteurs de projets à naviguer les complexités de zonage.

À Tigard, située dans la première couronne de Portland, on prépare l’arrivée du train de banlieue, prévue dans 20 ans. La municipalité veut s’assurer que les PME locales profiteront du boom tout le long du corridor du train. Mais elle prévoit aussi un scénario alternatif de développement, au cas où le projet de train de banlieue ne se matérialise pas.

Même des villes célèbres pour leur gigantisme revoient leur vision du développement urbain

À Dallas, par exemple, 68% des résidents souhaitent habiter dans un quartier où la plupart des services requis sur une base régulière se trouvent à distance de marche. Or, à peine 4% de la superficie de cette ville, centrée sur l’utilisation de l’automobile, correspond à cette description.

Pour Dallas, le promoteur Monte Anderson, nommé «Pionner urbain» en 2014, a choisi la voie du redéploiement des édifices.

Pour terminer, mentionnons l’OBNL Strong Towns, qui mise aussi sur les changements incrémentaux comme modèle de développement urbain et suburbain durable.

 

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