Agroalimentaire: Sucrer le bec du monde entier


Édition du 19 Juillet 2014

Agroalimentaire: Sucrer le bec du monde entier


Édition du 19 Juillet 2014

Par François Normand

S'estimant trop concentrés sur le marché américain, les producteurs de sirop d'érable du Québec souhaitent diversifier leurs clients aux quatre coins du monde dans les prochaines années. En 2012, les producteurs canadiens ont exporté 63 % de leur récolte aux États-Unis, des expéditions qui ont totalisé 157,7 millions de dollars canadiens.

Sans délaisser le marché américain, les acériculteurs souhaitent vendre davantage de leurs produits de l'érable dans d'autres pays, où les taux de croissance des ventes sont d'ailleurs plus élevés qu'aux États-Unis.

«De 2008 à 2013, les ventes ont augmenté en moyenne de 8,4 % par année dans tous nos marchés d'exportation, à l'exception des États-Unis, dit Paul Rouillard, directeur adjoint de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Sur le marché américain, elles n'ont progressé que de 3,5 à 4 % par année.»

Ouverture en Europe

Le marché des 28 pays de l'Union européenne constitue un marché très prometteur pour les producteurs acéricoles du Québec, où sont expédiés 95 % des exportations canadiennes de sirop d'érable. «Ce sera un marché prioritaire pour nous d'ici 2018», assure Paul Rouillard.

Et l'accord de libre-échange signé en octobre 2013 entre le Canada et l'Union européenne (UE) donnera un bon coup de pouce au secteur. Actuellement, l'UE applique un tarif douanier de 8 à 18 % en fonction des différentes catégories des produits de l'érable en provenance du Canada.

Or, quand l'accord entrera en vigueur, probablement en 2015, ces taxes seront abolies.

En Europe, les trois marchés clés pour les producteurs de sirop d'érable du Québec sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Et le pays de Goethe est un marché particulièrement intéressant, selon Paul Rouillard. «Si vous pensez que les Québécois ont la dent sucrée, eh bien vous n'avez rien vu de l'Allemagne !»

Le fort potentiel de l'Asie

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec surveille aussi avec beaucoup d'attention la région de l'Asie-Pacifique, où le niveau de vie augmente rapidement, sans parler de l'appétit croissant pour de nouveaux produits importés.

Le Japon est le principal marché d'exportation en Asie - le deuxième du monde après les États-Unis. Notre second marché d'exportation en Asie est la Corée du Sud. Et à l'instar de l'UE, la conclusion d'un éventuel accord de libre-échange entre le Canada et ce pays est très prometteuse pour les producteurs de sirop d'érable.

Il va sans dire que la Chine est aussi sur l'écran radar de l'industrie canadienne. Toutefois, malgré son fort potentiel de croissance, le marché chinois présente deux défis de taille pour les producteurs acéricoles.

«Il faut développer un bon réseau de contacts. Il faut aussi garantir la qualité et l'authenticité de nos produits vendus en Chine», explique Paul Rouillard.

Car, tout comme plusieurs biens vendus en Chine, certains produits agroalimentaires peuvent être contrefaits, comme cela a été le cas ces dernières années pour certains grands vins français, sans parler de ceux australiens.

L'Inde et l'Afrique

L'Inde est un autre marché qui offre du potentiel pour les producteurs de sirop d'érable. «Les gens qui y ont de l'argent aiment les choses sucrées», dit M. Rouillard, en précisant que l'émergence d'une classe moyenne dans ce pays de 1,2 milliard d'habitants représente des occasions d'affaires.

La Banque asiatique de développement considère qu'environ 300 millions de personnes en Inde font partie de la classe moyenne.

Sans en faire une priorité, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec observe aussi avec intérêt le marché de l'Afrique. L'industrie canadienne réalise déjà des ventes en Afrique du Sud; 373 083 $ en 2012.

Le potentiel de l'Afrique tient à sa croissance démographique. D'ici 2050, sa population devrait doubler pour atteindre deux milliards d'habitants, selon l'Organisation des Nations Unies.

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Les producteurs de sirop d'érable très dépendants des États-Unis

(Ventes des produits de l'érable en 2012, en millions de dollars)

États-Unis: 157,7

Japon: 24,7

Allemagne: 19,3

Royaume-Uni: 10,6

France: 7,2

Australie: 6,9

Corée du Sud: 5,2

Danemark: 4,0

Suisse: 2,6

Pays-Bas: 2,1

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada, Service d'exportation agroalimentaire, 2013

Dans cette série, nous vous faisons découvrir des marchés d'exportation prometteurs pour les produits du terroir et les efforts des entreprises pour percer ces marchés.

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