Agroalimentaire: La Chine, l'avenir pour le porc québécois


Édition du 19 Juillet 2014

Agroalimentaire: La Chine, l'avenir pour le porc québécois


Édition du 19 Juillet 2014

Par François Normand

La Chine représente le marché d'exportation le plus prometteur pour les producteurs québécois de viande porcine, et ce, même si elle est le principal producteur de porc du monde, avec la moitié de la production mondiale.

«La Chine est le marché le plus intéressant pour nous en raison des perspectives de croissance de la demande», explique Marie-Ève Tremblay, directrice des affaires économiques chez les Éleveurs de porcs du Québec.

Olymel, le premier producteur de porc au Canada, est déjà bien positionné sur le marché chinois, où il a exporté pour 100 millions de dollars (M$) de viande de porc en 2013.

«Ce n'est pas le marché le plus intéressant pour nous actuellement, mais c'est le plus prometteur à terme», confie son pdg Réjean Nadeau, précisant que la Chine est le sixième marché d'exportation d'Olymel après les États-Unis, le Japon, la Russie, la Corée du Sud et l'Australie/Nouvelle-Zélande.

La Chine est toutefois le quatrième marché étranger pour l'ensemble de l'industrie porcine québécoise, après les États-Unis, le Japon et la Russie.

En 2013, les expéditions québécoises de porc en Chine ont totalisé 129,4 M$, selon Statistique Canada. Ce qui est près de quatre fois moins important que les expéditions aux États-Unis.

Cependant, c'est en Chine que les exportations de porc du Québec ont progressé le plus rapidement depuis cinq ans. Entre 2009 et 2013, elles ont bondi de 1 185 %, à un rythme beaucoup plus rapide que les exportations aux États-Unis (60 %) ou même en Russie (235 %). Dans le cas du Japon, nos expéditions ont toutefois reculé de 9 %.

La Chine, un importateur depuis 2008

Les Chinois consomment deux fois plus de viande que les Américains, et le porc est très populaire en Chine - comme dans la plupart des pays de l'Asie-Pacifique. Il n'est donc pas étonnant que l'empire du Milieu soit le principal producteur de viande porcine dans le monde.

En 2013, la Chine a produit 53,8 millions de tonnes de viande de porc, selon le ministère américain de l'Agriculture. Et si la tendance se maintient, la production chinoise pourrait atteindre le cap des 60 millions de tonnes en 2020, prévoit la banque néerlandaise Rabobank.

À titre de comparaison, le Canada a produit 1,8 million de tonnes de viande de porc l'an dernier, dont 812 000 tonnes au Québec.

Malgré tout, la Chine a de plus en plus besoin d'importer de la viande de porc pour répondre à la demande intérieure, qui progresse de 1 à 2 % par an - le pays est un importateur net de porc depuis 2008.

Selon les analystes, deux facteurs contribuent à l'accroissement des importations de porc de la Chine : les enjeux de la salubrité alimentaire et de la protection de l'environnement.

Dans le cas des scandales alimentaires, les tribunaux chinois ont par exemple condamné en 2011 plus de 250 personnes impliquées dans des infractions graves liées à l'insalubrité, notamment dans le cas de porc contaminé au clenbuterol, une substance utilisée pour produire une viande plus maigre et plus protéinée.

La protection de l'environnement est aussi devenue un enjeu majeur en Chine. Chaque mois, par exemple, les autorités chinoises ramassent des centaines de carcasses de porcs dans de nombreuses rivières ; celles-ci contaminent les sources d'eau potable de grandes villes comme Shanghai. On soupçonne certains producteurs de se débarrasser ainsi de leurs animaux malades.

Jouer la carte de la salubrité en Chine

Il va sans dire que ces scandales sanitaires et environnementaux minent la confiance des consommateurs chinois à l'égard de l'industrie porcine, qui a mauvaise presse en Chine. Une situation qui crée des occasions d'affaires pour les producteurs de porc du monde entier, selon Marie-Ève Tremblay. «Les besoins à combler sont énormes», dit-elle.

Jie He, une spécialiste de l'environnement et du commerce à l'Université de Sherbrooke qui s'intéresse à la Chine, croit d'ailleurs que l'industrie agroalimentaire canadienne en général peut jouer la carte de la qualité pour pénétrer de nouveaux marchés en Chine.

«Les Chinois veulent de bons aliments exempts de polluants et de pesticides, sans parler de leur désir de se procurer des produits raffinés», disait-elle récemment dans un entretien à Les Affaires.

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Le Canada est le septième pays producteur de porc du monde

(Production en millions de tonnes, 2013)

Chine: 53,80

Union européenne: 22,40

États-Unis: 10,50

Brésil: 3,30

Russie: 2,10

Vietnam: 2,20

Canada: 1,80

Philippines: 1,30

Japon: 1,30

Mexique: 1,20

Corée du Sud: 1,20

Taiwan: 0,85

Source : USDA - Livestock and Poultry - World Markets and Trade, Novembre 2013

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Dans cette série, nous vous faisons découvrir des marchés d'exportation prometteurs pour les produits du terroir et les efforts des entreprises pour percer ces marchés.

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