Agroalimentaire: L'appétit grandissant des Chinois pour les fruits de mer


Édition du 19 Juillet 2014

Agroalimentaire: L'appétit grandissant des Chinois pour les fruits de mer


Édition du 19 Juillet 2014

Par Pierre Théroux

Début avril. Après plusieurs jours de retard, à cause des glaces qui les ont tenus à quai, une soixantaine de crabiers et de crevettiers québécois ont enfin réussi à prendre le large dans l’estuaire du Saint-Laurent.

La saison de la pêche au crabe des neiges et à la crevette nordique était finalement lancée, au grand plaisir de consommateurs qui pourraient toutefois devoir payer plus cher que l’an passé leurs crustacés préférés.

« Il y a une baisse des quotas, et ça crée une rareté qui aura des effets sur les prix », précise Gaétan Denis, président de Crevette du Nord Atlantique, une entreprise gaspésienne dont la flotte de 15 bateaux devra pêcher 9 % moins de crevettes cette année.

La diminution des captures autorisées, tant pour la crevette que pour le crabe des neiges, n’est pas seule en cause. L’augmentation probable des prix est également liée à l’appétit croissant des consommateurs asiatiques pour les fruits de mer.

En Chine seulement, le commerce international des fruits de mer a connu un essor important. Il atteignait 25,7 milliards de dollars américains (G$ US) en 2011, indique le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). La consommation annuelle de poissons et fruits de mer, qui est de 14,7 kg par habitant, pourrait bondir à 35,9 kg en 2020.

La Chine, un nouveau marché pour le Québec

Au Québec aussi, « les exportations de poisson et de fruits de mer vers l’Asie sont en pleine progression », note Françoise Nicol, de la direction des analyses et des politiques du MAPAQ. En 2012, les exportations du Québec vers cette région du monde ont atteint près de 21 M$, par rapport à 13 M$ pour l’année précédente.

Si le Japon demeure la première destination des produits de la mer du Québec en Asie, avec des expéditions de 3,7 M$, la Chine s’est hissée au deuxième rang (3,5 M$) et pourrait bientôt prendre le premier rang, alors que la croissance des ventes y a été de 50 % dans la dernière année.

« La Chine est un nouveau marché pour le Québec, et il y a sûrement un potentiel de croissance. D’autant que les Chinois veulent de plus en plus de produits de qualité et haut de gamme », souligne Priscilla Doiron, coordonnatrice à la commercialisation chez Gimxport.

L’organisme, qui se consacre au développement des exportations et des nouveaux marchés pour les produits de la pêche a d’ailleurs pris part à la China Fisheries and Seafood Expo de Dalian l’automne dernier, pour la deuxième année, en compagnie d’une demi-douzaine d’entreprises.

Gaétan Denis y a rencontré des clients potentiels. « Les Asiatiques préfèrent la crevette d’élevage et la crevette sauvage capturée en eau chaude. Mais les habitudes de consommation changent et on espère pouvoir y introduire des crevettes nordiques », dit-il, soulignant que l’enrichissement des ménages chinois favorise aussi le développement de ce marché. Il souhaite ainsi suivre l’exemple du homard qui fait aujourd’hui les délices d’un nombre croissant d’amateurs chinois, alors que sa consommation était pratiquement inexistante il y a cinq ans seulement.

Les pays d’Asie offrent même des débouchés pour des espèces peu consommées ici, voire remises à la mer. « Il y a un intérêt pour les buccins et les concombres de mer », constate Pascale Allain, coordonnatrice à l’exportation chez Gimxport.

Entre-temps, les entreprises québécoises continuent de miser principalement sur le marché américain. En effet, si les perspectives asiatiques s’avèrent intéressantes, les États-Unis restent de loin la principale destination des produits québécois de la pêche, principalement des crustacés.

En 2011, les exportations de produits de la mer québécois chez nos voisins du Sud ont atteint 210,3 M$, soit 81,5 % des expéditions totales (258,0 M$). Le crabe des neiges, le homard et la crevette représentaient plus des trois quarts (77,1 %) des expéditions. Près de 76 % des exportations de produits de la mer québécois qui prennent la direction des États-Unis sont écoulées sur le marché de la Nouvelle-Angleterre.

Crevette du Nord Atlantique, qui vend 15 % de ses produits aux États-Unis, pourrait y accroître sa présence « à la faveur du taux de change plus avantageux », dit M. Denis. Il croit aussi que l’éventuel accord commercial entre le Canada et l’Europe, où elle exporte 30 % de sa production, sera favorable à son entreprise de l’Anse-au-Griffon, qui transforme annuellement de 15 à 20 millions de livres de crevettes.

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Dans cette série, nous vous faisons découvrir des marchés d'exportation prometteurs pour les produits du terroir et les efforts des entreprises pour percer ces marchés.

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