Grève chez Agropur: les deux parties déçues du gaspillage de lait

Publié le 04/07/2022 à 11:09, mis à jour le 04/07/2022 à 18:21

Grève chez Agropur: les deux parties déçues du gaspillage de lait

Publié le 04/07/2022 à 11:09, mis à jour le 04/07/2022 à 18:21

Par La Presse Canadienne

Mylène Dupéré, vice-présidente aux communications corporatives chez Agropur, a noté que l’usine de Granby transforme 800 000 litres de lait par jour. (Photo: La Presse Canadienne)

Alors que des milliers de litres de lait ont dû être jetés, à cause du conflit de travail à l’usine d’Agropur à Granby, les deux parties se disent désolées de la situation.

L’employeur affirme tout faire pour éviter que d’autre lait soit ainsi gaspillé, alors que le syndicat reproche à Agropur de ne pas s’être préparée à la situation et de chercher ainsi à faire porter l’odieux du gaspillage aux syndiqués.

Les 250 travailleurs, membres d’un syndicat de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), ont déclenché une grève illimitée le 29 juin, après avoir voté à 100% en faveur du mandat de grève.

En entrevue lundi, Bernard Cournoyer, conseiller syndical à la CSD, a affirmé que c’est la volonté de l’employeur de modifier considérablement les horaires qui a mis le feu aux poudres et fait déclencher la grève.

Il rapporte que l’employeur voudrait notamment allonger les journées de travail de huit à 12 heures, durant la semaine, et faire rentrer les employés au travail à des heures différentes, selon les jours de la semaine, et selon les besoins de l’entreprise.

«Ça fait depuis 1983 qu’ils ont ces horaires de travail là. Et là, l’employeur veut que les employés soient flexibles au niveau du début et de la fin des quarts de travail, c’est-à-dire qu’un matin, vous pouvez commencer à 7h, le lendemain, l’employeur peut dire "tu rentres à 8h" et le surlendemain ça peut être à 9h. Ça vient changer complètement la vie familiale», a protesté M. Cournoyer.

Et cette réorganisation des horaires aurait comme conséquence d’entraîner l’élimination de 30 postes, affirme le conseiller syndical. «C’est le nerf de la guerre», a-t-il lancé.

Le conseiller syndical affirme que l’employeur a formulé 158 demandes touchant 32 des 33 articles de la convention collective.

Et il assure que la question salariale n’a même pas encore été abordée.

Selon lui, «le climat de travail n’est pas bon» non plus et il y aurait maintenant entre 450 et 500 griefs.

 

La direction

Interrogée à ce sujet, la direction d’Agropur n’a pas voulu entrer dans le détail de la négociation, ni des affirmations du syndicat, ni de ses demandes adressées aux travailleurs touchant la convention collective.

Elle dit ne pas vouloir négocier «dans les médias». «On préfère négocier à la table de négociation» et en arriver à un règlement négocié avec le syndicat, a affirmé Mylène Dupéré, vice-présidente aux communications corporatives chez Agropur.

Toutefois, elle a admis que la direction recherchait «une certaine flexibilité» de la part des travailleurs pour pouvoir transformer davantage de lait lorsqu’il y a plus de besoins en la matière. Elle explique qu’Agropur «souhaite faire des investissements majeurs à cette usine» et que l’entreprise a pour elle une «vision d’avenir».

 

Le lait

Elle a précisé que l’usine de Granby transforme 800 000 litres de lait par jour, ce qui en fait un joueur important de l’industrie.

Interrogée au sujet des milliers de litres de lait qui ont dû être jetés à cause du conflit de travail, elle dit que «tous les efforts sont faits pour réduire au maximum le gaspillage», comme tenter de rediriger le lait vers d’autres usines.

Les Producteurs de lait du Québec, l’organisme qui négocie pour les producteurs, a estimé que le total du «lait disposé depuis le déclenchement du conflit chez Agropur» était de 2 millions de litres.

Du côté syndical, M. Cournoyer se dit aussi désolé que les producteurs de lait de voir un tel gaspillage. «Qu’Agropur ne se soit pas préparée à ça, ça ne me rentre pas dans la tête. Quand il y a un "shut down" de quatre, cinq jours pour l’entretien des machines, ils se préparent», fait-il valoir. Il reproche à l’entreprise d’avoir ainsi voulu «mettre le blâme sur les syndiqués».

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Les parties négocient toujours ; une autre rencontre est d’ailleurs prévue le 14 septembre.

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