Les gens d'affaires utilisent davantage les vols nolisés pour leurs déplacements

Publié le 27/03/2010 à 00:00

Les gens d'affaires utilisent davantage les vols nolisés pour leurs déplacements

Publié le 27/03/2010 à 00:00

Par Claudine Hébert

Pas de frais de stationnement à l'aéroport, pas de fouille, pas d'attente et un service attentionné de la part de l'équipage, comme si vous étiez propriétaire de l'aéronef... voilà à quoi ressemble l'expérience du vol nolisé au Québec.

La restructuration du transport aérien, qui a entraîné la disparition de nombreuses liaisons régionales durant les années 2000, a contribué à l'essor du service de taxi aérien. Bien que les transporteurs nolisés soient peu bavards sur le nombre de passagers qui font appel à leurs services (certains avancent qu'ils seraient au moins 250 000), tous indiquent avoir augmenté leur flotte d'appareils pour s'adapter à une demande qui croît depuis 10 ans.

En affaires depuis 1999, Pascan Aviation, à Saint-Hubert, est passée d'un à six appareils destinés aux transports nolisés. Ces avions, des King Air B100 et des Pilatus C12 qui peuvent transporter entre huit et neuf passagers, sont conçus pour atterrir sur des courtes pistes, même celles en gravier. " Le Pilatus C12, qui est équipé d'une grande porte cargo, est très sollicité pour les déplacements dans l'Arctique ", mentionne Serge Charron, propriétaire de Pascan Aviation.

Cette entreprise exploite également une quinzaine de liaisons hebdomadaires exclusives vers, entre autres, Gatineau, Wabush, Bonaventure et Baie-Comeau. Déjà six JetStream 32 (19 passagers) sont utilisés pour ce transport. Et sept autres s'ajouteront d'ici la fin de l'année, précise M. Charron.

Une percée récente

Populaire auprès des organismes gouvernementaux, des sociétés minières et forestières et celles liées au développement hydroélectrique, dont les employés doivent voyager en direction des destinations mal desservies par les transporteurs commerciaux, le nolisement effectue une percée auprès des entreprises qui veulent éviter les contraintes rattachées au processus de sécurité dans les aéroports.

" Nous croyions que nos affaires iraient mal après le 11 septembre 2001. Nous avons plutôt assisté à une hausse de notre clientèle ", indique Jacques Paillard, vice-président exploitation chez Aéropro, à Québec, sans vouloir toutefois donner des détails. Fondée en 1988, cette entreprise compte plus d'une trentaine d'aéronefs, dont la moitié desservent exclusivement la clientèle du nolisé.

L'Association québécoise du transport aérien (AQTA) souhaite justement mieux faire connaître auprès des gens d'affaires l'avantage concurrentiel du nolisement. En plus de gagner du temps, les vols nolisés permettent aux clients de pouvoir se déplacer aisément au cours de la même journée. Les entreprises réalisent généralement une économie dès que six employés voyagent vers une même destination. La plupart des transporteurs nolisés utilisent des avions turbopropulseurs (moteurs à hélices) de huit à neuf passagers, dont la vitesse de croisière oscille autour de 500km/h.

Le nolisement se révèle aussi très utile pour certains transports cargo urgents. Outre les services d'urgences médicales, Serge Charron cite en exemple cette entreprise qui lui a récemment demandé de prendre livraison d'une pièce à Cleveland, Ohio, afin de la transporter illico dans la même journée à Goose Bay, au Labrador.

Destinations moins bien desservies

Propair, qui vole de Rouyn-Noranda et de Dorval, a doublé sa flotte d'appareils nolisés depuis 10 ans. Ce pionnier du nolisement, dont les premiers vols en 1981 servaient au transport des Américains vers les zones giboyeuses de la baie James, dispose de 12 appareils turbopropulsés pouvant transporter de 8 à 18 passagers. " Nos clients nolisent davantage nos appareils pour des destinations telles que Havre-Saint-Pierre, La Sarre et Rimouski que pour Toronto, généralement bien desservie ", rapporte Marie-Noëlle Pronovost, directrice des ventes et du développement chez Propair. L'entreprise abitibienne compte 110 employés, dont 36 pilotes.

Mme Pronovost ne cache pas que le resserrement de la sécurité dans les aéroports, l'avènement de projets dans le Grand Nord, tel le barrage La Romaine, et la découverte de gisements miniers en Abitibi et sur la Côte-Nord, contribuent à faire croître le marché du nolisement.

Un éveil qui n'est pas sans inciter l'arrivée de nouveaux acteurs, tels que Sky Jet, créé en 2007. Le jeune transporteur, établi à Québec et à Sept-Îles, n'a pas tardé à se créer une clientèle solide. Il compte six appareils de huit passagers et enregistre en moyenne une dizaine de vols nolisés par semaine.

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