Les stratégies de trois entreprises pour réduire les coûts

Publié le 23/01/2010 à 00:00

Les stratégies de trois entreprises pour réduire les coûts

Publié le 23/01/2010 à 00:00

" Il y a 10 ans, l'assurance collective représentait en moyenne 5 % de la masse salariale des entreprises. Aujourd'hui, elle se situe entre 7 et 8 %. Le coût des régimes augmente donc plus vite que les salaires. Une tendance qui devrait se poursuivre ", dit Michèle Boisvert, chef de la pratique, assurance collective et gestion de soins de santé, chez Watson Wyatt.


Certains pensent que la solution pour sortir de l'impasse est de prévenir plutôt de guérir. C'est le cas d'Arkema Canada, un fabricant de solutions de peroxyde de Bécancour.


Manger mieux pour se sentir mieux


Quand Yves Hamelin voit ses employés travailler et se déplacer dans l'usine avec un podomètre à la taille, il voit tout le chemin que sa PME a parcouru en un peu moins de deux ans.


Approché en 2008 par le courtier en assurance collective SFBL, il a été séduit par le programme Investissement Santé. " Comme notre main-d'oeuvre est vieillissante, nous nous préoccupons de plus en plus de sa santé, dit le pdg. La moyenne d'âge de nos 55 employés est de 50 ans. Comme la production est automatisée, ils sont plutôt sédentaires. "


Le programme de SFBL est gratuit et varie selon les besoins des employeurs. Les initiatives proposées s'inspirent de travaux de recherche réalisés par l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.


" SFBL a d'abord implanté un programme qui consistait à offrir une fois par mois un repas santé aux employés, raconte M. Hamelin. La réaction à la vue de cette boîte à lunch a été de critiquer la portion, qui leur semblait petite. Mais à la fin de journée, personne n'avait faim. Les travailleurs ont ainsi pris conscience que de petites quantités d'aliments nourrissants peuvent nous faire fonctionner très bien. "


Cette prise de conscience en a poussé certains à changer leurs habitudes alimentaires. " Des employés nous disent qu'ils ont commencé un régime et perdu 10 livres ", raconte l'homme d'affaires.


Plus récemment, SFBL a organisé le Défi podomètre. Chaque employé doit porter un appareil pour compter le nombre de pas parcourus au cours d'une journée. L'objectif était de faire 8 000 pas quotidiens.


" C'était une activité familiale, le conjoint et les enfants pouvant ajouter des pas à l'employé en portant eux-mêmes le podomètre, raconte le pdg. La plupart des travailleurs ont participé. Il y avait un grand panneau dans la cafétéria où on inscrivait les résulats de chacun. "


" Je suis convaincu du bien-fondé de ces initiatives, continue M. Hamelin, mais il est difficile de mesurer leurs retombées. Je sais que nous allons prévenir les cas de diabète et d'accidents cardiovasculaires, mais comment le prouver... "


Le nerf de la guerre


L'initiative d'Arkema montre bien que les employeurs veulent prendre la situation en main. Ils ont cependant une marge de manoeuvre restreinte dans ce dossier.


" Les experts estiment que le nerf de la guerre, c'est la prévention ", dit André Buteau, conseiller en assurance et rentes collectives chez Financière Liberté 55. Ce thème englobe les programmes de santé et de bien-être, le bilan de santé et toutes les initiatives qui incitent les employés à faire plus attention à leur santé. Le calcul est simple : un employé qui abandonne la cigarette et le divan au profit du gym une fois par semaine sera moins souvent malade, plus productif... et plus rentable sur plan professionnel.


" Les assureurs et les courtiers cherchent à soulager les gestionnaires de régime d'assurance collective ", explique Jacques Parent, vice-président principal, assurance collective, à l'Industrielle Alliance. L'aide offerte peut prendre la forme de personnel mis à leur disposition, d'outils électroniques, de dépliants, de formations, d'experts en santé, etc.


" Il faut comprendre que la santé ne fait pas partie de la mission des employeurs ", dit Bertrand Lapointe, pdg de SFBL. C'est davantage un enjeu social qui touche à la fois l'employeur, le travailleur, les intervenants financiers et le gouvernement.


" Pour faire de la prévention, il faut donc une concertation globale ", résume M. Buteau. " Et si nous ne commençons pas maintenant, les employeurs seront incapables de maintenir les régimes en place ", renchérit Bertrand Lapointe.


Le Mouvement Desjardins vise le somet


Il y a environ 10ans, l'augmentation des absences pour des raisons de santé a entraîné un changement de cap au Mouvement Desjardins.


" Avec une main-d'oeuvre vieillissante, on a assisté à une hausse des maladies chroniques et à une montée des troubles psychologiques, raconte Réal Cassista, directeur, assurances collectives et gestion de la santé, au Mouvement Desjardins. Ces problèmes de santé ont causé de l'absentéisme. Or, ces absences ont un coût énorme, pas seulement en frais d'assurance, mais aussi en recrutement, de formation, etc. "


Le Mouvement Desjardins, qui compte 45 000 employés au Québec, a abordé ce problème de façon proactive. Depuis une dizaine d'années, il fait de la prévention. Ces solutions-santé ont été implantées progressivement.


La coopérative de crédit a en outre été un des premiers employeurs au Québec à embaucher des conseillers en gestion de la santé. " Ces conseillers sont chargés d'accompagner les gestionnaires dans la mise en place de solutions-santé ", explique M. Cassista.


" De plus, nous avons développé des façons de responsabiliser les employés face à leur santé, continue-t-il.


" Par exemple, nous sommes très généreux quant aux montants accordés pour l'activité physique. Nous couvrons les inscriptions à des activités qui améliorent tant la santé physique que psychologique, tels le gym, les cours de yoga et de méditation. "


Aujourd'hui, le Mouvement Desjardins aimerait bien couronner ce travail de longue haleine en obtenant la certification Entreprise en santé. Un projet qui se fera par étape, c'est-à-dire filiale par filiale.


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