Un projet de 1 milliard de dollars à La Tuque

Publié le 17/01/2017 à 16:45

Un projet de 1 milliard de dollars à La Tuque

Publié le 17/01/2017 à 16:45

Par François Normand

ÉNERGIE - La ville de La Tuque, en Mauricie, pourrait accueillir en 2023 une bio raffinerie capable de produire du diesel renouvelable à partir de résidus forestiers, un projet estimé à un milliard de dollars canadiens qui pourrait créer 500 emplois.


Les principaux partenaires du «projet BELT» ou projet «La Tuque» ont présenté ce matin à Montréal les premiers jalons de ce projet très ambitieux, risqué, et qui n'est pratiquement pas financé en ce moment.


Outre les trois paliers de gouvernements, les acteurs clés sont la finlandaise Neste, un leader mondial dans la production de bio carburants, FPInnovations, un organisme public-privé qui aide le secteur forestier à améliorer sa compétitivité et sa diversification, ainsi que la chaire en bioéconomie/bioénergie à l'Université du Québec à Trois-Rivières et l'Université Laval.


Neste compte notamment parmi ses clients le géant du numérique Google, la ville de San Francisco et le transporteur allemand Lufthansa. Ce sont les partenaires québécois qui ont convaincu Neste d'embarquer dans ce projet. «C'est un partenariat dont on peut être fier», affirme le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.


Si elle voit le jour, cette bio raffinerie pourrait répondre à 4,5% des besoins du Québec en diesel, et ce, pour tous les types de véhicules.


En terme de réduction de gaz à effet de serre (GES), cela représenterait l'équivalent de retirer 150 000 voitures carburant au diesel fossile par année des routes du Québec.


Deux études importantes


Le projet Belt se décline en plusieurs étapes.


La première - annoncée ce mardi - est une étude de faisabilité de 1,5 M$ afin d'évaluer la disponibilité et les coûts de la biomasse forestière sur le territoire de la ville de La Tuque, dont la superficie est sensiblement celle de la Belgique.


Cette étude sera financée à parts égales (le tiers) par le gouvernement du Québec, le secteur privé (dont Neste) et possiblement par le gouvernement du Canada.


Les partenaires ont aussi annoncé ce mardi le lancement d'une autre étude de 6,2 M$ pour évaluer la faisabilité d'assembler des technologies existantes afin de produire du bio diesel de manière économique.


«Cette étude permettra aussi d'évaluer les lacunes technologiques, et au besoin de créer de nouvelles techologies», précise Jean-Pierre Martel, vice-président partenariats stratégiques chez FPInnovations.


Québec et Ottawa financeront entièrement cette étude.


Une usine-pilote suivie d'une bio raffinerie


Si les premières études sont concluantes, les partenaires metteront sur pied une usine-pilote, pour ensuite construire une bio raffinerie commerciale si ce projet-pilote est concluant.


Par contre, la viabilité du projet repose sur des changements législatifs à venir à Québec, a expliqué Lars Perter Lindfors, vice-président principal et directeur technique chez Neste, en marge de la conférence de presse.


«Il faut que la loi québécoise garantisse que les bio carburants représentent un minimum de 10% des carburants vendus au Québec», dit-il, en précisant que cette nouvelle réglementation doit être implantée d'ici 2 à 3 ans.


En Finlande, la loi exige actuellement un minimum de 10%, et cette limite sera portée à 20% en 2020, souligne Lars Perter Lindfors.


Le montage financier pour la suite des choses


Si les études sont concluantes et que la loi québécoise est modifiée, le projet BELT devra aussi trouver encore près de 1 G$ de capitaux, ce qui représente une somme importante.


Le montage financier serait assuré aux deux tiers par Québec et Ottawa et au tiers par le privé, dont Neste - on espère aussi que d'autres entreprises privées investissent à terme dans ce projet.


La participation des gouvernements pourrait prendre la forme de prêts, de garanties de prêts, de subventions, sans exclure des participations, par exemple de la part d'Investissement Québec.


Patrice J. Mangin, directeur général de BELT et titulaire de la chaire en bioéconomie/bioénergie à l'UQTR a indiqué qu'il fallait être patient avec ce type de projet.


À ses yeux, l'implication de Neste est la preuve que ce projet est crédible. «S'ils croient en nous, comment ne pourrions-nous pas croire en nous», dit celui qui fait partie de ceux qui ont eu cette idée de bio raffinerie à La Tuque il y a quelques années.


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