Lauzon dénonce le cartel pétrolier

Publié le 25/11/2008 à 00:00

Lauzon dénonce le cartel pétrolier

Publié le 25/11/2008 à 00:00

Par Dominique Lemoine

Selon le titulaire de la Chaire, Léo-Paul Lauzon, l’importance et la constance de profits «anormaux» est la preuve que les pétrolières forment un cartel et non un marché concurrentiel permettant l'entrée de nouveaux concurrents. «Dans une économie concurrentielle, il y a une vive concurrence avec des gagnants et des perdants», dit-il. 



Les données dévoilées démontrent que les six grandes pétrolières ont toutes connu une «explosion» de leurs profits nets d'entre 256% et 1100% pour les huit dernières années. Ce qui fait dire aux chercheurs de la Chaire, que le gouvernement canadien s’est privé d’importantes recettes en privatisant son pétrole et son gaz naturel.

La collecte des données financières sur Exxon Mobil, Royal Dutch Shell, BP, Chevron Texaco, Total et Conoco a été réalisée à partir de leurs rapports annuels.

Le modèle albertain ou norvégien ?

Ils réfutent l’argument selon lequel les pétrolières réinvestissent leurs profits dans l’économie. Selon leurs données, le versement de dividendes et les rachats d’action ont représenté 65% des bénéfices des pétrolières entre 1999 et 2007.

Le rachat d’action est «l’antithèse du développement économique», selon Léo-Paul Lauzon. Il défend l’idée de la nationalisation des ressources naturelles. Selon lui, «plusieurs pays ont repris leur économie en main en nationalisant leurs ressources naturelles».

La Chaire admet ne pas connaître le coût de la nationalisation du pétrole et du gaz naturel canadien. «Ça dépend si on rachète à la valeur comptable ou à la valeur du marché», précise Marc Hasbani, chercheur à la Chaire. Il ajoute que peut importe le coût «ça ne peut qu’être rentable», en donnant l’exemple de la Norvège.

La Chaire souligne que la Norvège s’est dotée d’un Fonds des générations payé par la vente du pétrole qui atteint 400 milliards de dollars et qui pourrait atteindre 1000 milliards d’ici dix ans, citant le New York Times.

À l’opposé, Léo-Paul Lauzon soutient que «les Albertains ne font qu’encaisser de ridicules redevances comme les pays en voie de développement» pour l’exploitation de leurs ressources naturelles.

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