De boutique de photo à géant des médias

Publié le 23/06/2007 à 00:00, mis à jour le 16/03/2012 à 10:42

De boutique de photo à géant des médias

Publié le 23/06/2007 à 00:00, mis à jour le 16/03/2012 à 10:42

Par Dominique Beauchamp

Voici ce que nous écrivions le 23 juin 2007 (Archives Les Affaires)

L'entreprise de l'année. Dix ans après son virage média, Astral voit sa patience et sa discipline récompensées.

Depuis 10 ans, Astral gravit une à une les marches qui en font aujourd'hui un des géants des médias canadiens. Cette année, autre coup d'éclat : l'entreprise avale Standard Radio pour 1,08 milliard de dollars, la plus importante transaction de son histoire. Pour ce fait d'armes, mais aussi pour les 42 trimestres successifs de croissance de ses revenus et de sa rentabilité, LES AFFAIRES lui décerne le titre d'entreprise de l'année.

"Est-ce que l'entreprise est à vendre ?" La question, posée aux dirigeants d'Astral lors de l'assemblée annuelle en 2000, n'était pas farfelue. À l'époque, les rumeurs sur une éventuelle acquisition par le groupe Corus allaient bon train. La réponse ne s'est toutefois pas fait attendre. Alors que le président du conseil, André Bureau, tergiverse, le président et chef de la direction, Ian Greenberg brandit une feuille sur laquelle il a écrit : NON !

Depuis, l'entreprise derrière les stations de radio Énergie et Rock Détente et de télé Canal Vie, Séries+ ou du tandem MusiquePlus/Musimax a vu son chiffre d'affaires passer de 140 à 822 M$ et devrait dépasser le milliard en 2009. Même tendance pour le bénéfice net, qui est passé de 15 M$, en 2000, à plus de 115 M$ en 2006.

Pas mal pour une entreprise familiale qui a commencé ses activités en gérant la concession du service photo dans les Miracle Mart en 1961 !

Aujourd'hui, plus personne ne se demande si l'entreprise est sur le point de passer aux mains d'un concurrent. D'ailleurs, "il n'a jamais été question de vendre", soutient encore Ian Greenberg.

Devenir leader ou disparaître

C'est sous sa gouverne, après que son frère Harold lui eut cédé sa place en 1996, qu'Astral entreprend un important virage : devenir une entreprise entièrement axée sur les médias. Quelques années auparavant, pendant qu'il suivait un cours intensif en gestion à Harvard, Ian Greenberg avait aussi passé son temps à définir l'avenir de la société.

"J'ai alors compris qu'une entreprise devait être la première ou deuxième en importance de son industrie, sinon elle risquait de disparaître. Et le secteur des médias m'apparaissait comme le plus prometteur, dit M. Greenberg, en entrevue au journal LES AFFAIRES. Les fournisseurs secondaires sont souvent les premiers à perdre des clients lors des récessions. Les leaders gardent généralement leurs parts du gâteau qui reste et, à ce titre, sont mieux placés pour durer."

Quand il prend les rênes de l'entreprise familiale, il met son plan à exécution. Éparpillée, Astral se met à la recherche d'acheteurs pour ses entités qui ne relèvent pas du domaine des médias : la division photo, la reproduction et la distribution de vidéocassettes, la distribution de programmation audiovisuelle, le financement de productions et les services techniques.


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