Quand la maladie d'un proche change la vie

Publié le 29/05/2010 à 00:00

Quand la maladie d'un proche change la vie

Publié le 29/05/2010 à 00:00

Au début de la trentaine, Susan Wener apprend qu'elle souffre d'un cancer colorectal. Son mari, le prospère promoteur immobilier Jonathan I. Wener, demande à son médecin ce qu'il peut faire pour la sauver. " Rien, lui répond celui-ci, mais vous pouvez aider à lutter contre cette maladie. "

C'est ainsi qu'est né le Défi corporatif Canderel, au nom de la société dont M. Wener préside le conseil, et qui a versé depuis 1989 six millions de dollars pour les activités de recherche sur le cancer à parts égales entre le Goodman Cancer Centre de l'Université McGill et l'Institut du cancer de Montréal de l'Université de Montréal.

Cette année seulement, l'événement qui consiste à faire courir ou marcher des équipes d'employés commandités dans les rues du centre-ville de Montréal a permis d'amasser 300 000 $. " C'est en plus une excellente activité de consolidation d'équipes ", précise M. Wener.

Cinq ans après avoir guéri de son cancer colorectal, avant d'atteindre 40 ans, Susan Wener a perdu un poumon, conséquence de son premier cancer. Aujourd'hui, à 55 ans, elle en est à sa 16e année de rémission et se porte à merveille, assure son mari.

Dans le cas de son deuxième cancer, Mme Wener a refusé la chimiothérapie. Elle a plutôt choisi d'expérimenter d'autres traitements. " Il y a une énergie en nous que nous autres Occidentaux comprenons mal, explique M. Wener. Nous traitons la maladie, alors que les Asiatiques font de la prévention. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. "

M. Wener insiste sur le fait qu'il n'impose pas de conditions aux deux centres de recherche auxquels il fait ses dons, contrairement à beaucoup de donateurs. " Les chercheurs sont bien mieux placés que moi pour déterminer la meilleure façon d'utiliser cet argent. C'est contreproductif de leur imposer des contraintes. "

Déjà une troisième vie !

Organiser cet événement annuel, un des plus importants du genre au Canada, cela suffirait amplement pour aider la société, pour " faire sa part " comme on dit. Ce n'est pourtant qu'une activité charitable parmi bien d'autres pour M. Wener, 59 ans. " Je passe 40 % de mon temps à essayer d'aider les autres ", affirme celui qui gère 6,5 millions de pi2 de superficie de bureau, dont 3 millions lui appartiennent en propre.

Canderel est en train de construire Aura, un immeuble de 75 étages à Toronto, qui sera le plus important complexe de copropriétés résidentielles du Canada. Le promoteur envisage aussi de construire un immeuble de bureaux au Square Phillips, à Montréal.

M. Wener, qui emploie 150 personnes, a déjà été président de l'Hôpital général juif de Montréal. Il siège maintenant à son conseil, comme sa femme, et à son comité exécutif. Il est aussi membre d'une foule de fondations, comme celle du Maire de Montréal, du Grand Montréal, de Centraide, etc. Il a fait la planification stratégique des immeubles de l'Université Concordia, dont il est vice-président du conseil, il s'est occupé à titre gracieux de l'achat de terrains pour cette université et pour l'Hôpital juif, il est engagé dans la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et dans le Festival des arts de Saint-Sauveur. Il encourage fortement ses employés à s'engager aussi.

S'il dit que la maladie de sa femme à un âge si jeune n'a pas changé sa façon de faire des affaires, elle a changé sa façon de vivre. " Ça a ajouté de la valeur à chacune de mes journées et ça m'a rapproché de ma famille. J'ai l'impression d'en être à ma troisième vie, lance M. Wener. Quand on me demande si je songe à prendre ma retraite, je réponds que je l'ai prise il y a 30 ans. Depuis, je m'amuse ", dit-il, en riant.

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