«Trump ne comprend pas comment l’économie fonctionne»

Publié le 21/09/2017 à 15:24

«Trump ne comprend pas comment l’économie fonctionne»

Publié le 21/09/2017 à 15:24

Par Matthieu Charest

[123RF]

Les Affaires a pu s’entretenir avec un haut placé de la Nacional Financiera, la banque de développement du Mexique, au sujet de Donald Trump et de la renégociation de l’ALÉNA. Constat: l’inquiétude est vive chez nos partenaires mexicains.

Le siège social de la Banque du développement du Canada (BDC) ressemblait à l’ONU ce jeudi, alors que plusieurs hauts dirigeants des banques de développement d’à travers le monde se sont réunis à Montréal.

L’objectif: discuter des grandes tendances économiques mondiales, partager les meilleures pratiques, les diffuser, et créer des liens entre ces institutions.

Autour de la table, des drapeaux de toutes les couleurs étaient bien visibles. La France, le Mexique, l’Italie, l’Espagne, la Mongolie, les Bahamas, la Zambie et le Japon, pour ne nommer que ces pays, étaient représentés.

Un grand absent toutefois, les États-Unis.

Un siège laissé vacant remarqué, alors que les velléités de l’administration Trump de changer, voire de déchirer L’Accord de libre-échange nord-américain, pourraient avoir de vives conséquences sur les économies canadienne, mexicaine et américaine.

Parmi les hauts placés à la réunion internationale, M. Armando Gamboa Gómez, directeur de l’analyse des marchés financiers à la Nacional Financiera, la banque de développement du Mexique. Il s’est confié au sujet de l’ALÉNA et de Donald Trump.

«Oui, nous craignons les renégociations de l’ALÉNA étant donné nos liens commerciaux avec les États-Unis, nous a-t-il révélé. Si Donald Trump décide d’éliminer l’Accord, nous allons devoir faire face à plusieurs problèmes dans notre économie, notamment dans l’industrie automobile [qui s’est  installée massivement au Mexique].»

M. Gamboa Gómez ne comprend pas l’attitude de M. Trump dans ce dossier, «c’est sans doute du populisme, dit-il. Il ne comprend pas comment l’économie fonctionne, c’est dangereux. Soyons clairs, les États-Unis n'ont pas de budget équilibré, c’est ça le problème. Ce n’est pas nous, le Mexique, qui posons problème. Il ne comprend pas que nos économies sont intégrées». 

Si l’ALÉNA devait être déchiré par le président américain, «nous continuerions à être dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), a expliqué le directeur de l’analyse des marchés financiers. Donc, nous allons survivre, peu importe ce qui se produit avec l’Accord, même si les règles de l’OMC sont moins avantageuses. Et plusieurs grandes entreprises, comme General Motors, pourraient être tentées de quitter l’Amérique du Nord.»

C’est un jeu dangereux auquel se prête l’administration américaine, pense M. Gamboa Gómez. «Je veux bien que l’on rénove l’ALÉNA, qu’on l’améliore. Mais le détruire ou faire des menaces parce que le président n’est pas content, ça ne sert personne».

 


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