Pour ou contre le péage sur les autoroutes ?

Publié le 03/08/2011 à 08:00, mis à jour le 03/08/2011 à 15:56

Pour ou contre le péage sur les autoroutes ?

Publié le 03/08/2011 à 08:00, mis à jour le 03/08/2011 à 15:56

Par Dominique Froment

La chute d’une structure de béton dans le tunnel Ville-Marie, à Montréal, ramène dans l’actualité la question de l’instauration d’un système de péage sur les autoroutes qui générerait assez de revenus pour entretenir décemment nos routes.
Mais serait-ce vraiment la solution ?
LesAffaires.com a posé la question à deux spécialistes:

OUI, répond Jean-Pierre Aubry, Fellow associé au centre de recherche CIRANO: « Si le gouvernement ne peut s’occuper de l’entretien des routes, le péage est une solution. C’est en fait le bon vieux principe de l’utilisateur payeur. 

Pourquoi pas ? Ça aurait pour effet de réduire la demande, c’est-à-dire le nombre de véhicules qui roulent sur nos routes, et par conséquent, l’usure et les coûts d’entretien.

Je serais donc pour le péage, mais à condition que le gouvernement nous garantisse que l’argent qui sera recueilli sur les autoroutes soit vraiment consacré à l’entretien de nos ponts et de nos routes et qu’il n’aille pas dans un quelconque fonds consolidé.

Le vrai problème, c’est que politiquement, ce n’est pas aussi rentable d’entretenir les ponts que d’en construire un neuf. Les gens préfèrent voter pour des politiciens qui promettent des baisses d’impôt immédiates, même si pour les financer il faut négliger l’entretien des routes à long terme. Mais il y a toujours un prix à payer pour cette stratégie, et c’est ce que nous réalisons aujourd’hui. »

NON, répond Pierre J. Hamel, Professeur et chercheur à l’INRS: « La technologie permettrait de facturer des frais pour chaque kilomètre parcouru par chaque véhicule sur toutes les routes du Québec. 

Et puisqu’il est question d’équité, il faudrait imposer des frais de péage plus élevés aux véhicules plus lourds, qui détériorent davantage nos routes que les véhicules plus légers.

Et tant qu’à y être, on pourrait aussi imposer une taxe sur les œufs pour financer l’entretien de nos routes. Ou utiliser les revenus du péage pour financer nos écoles ou nos hôpitaux. La question est de savoir où on arrête.

Il y a toujours un effet pervers à toute mesure. Si les frais de péage sur les ponts sont trop élevés, il y a des gens de la banlieue qui vont refuser des jobs à Montréal. Et il y a des entreprises montréalaises qui vont déménager en banlieue.

En fait, la question de savoir si on doit instaurer ou non des péages sur nos routes n’est pas pertinente. Le drame, c’est que les contribuables veulent payer pour du nouveau – un pont neuf, une nouvelle autoroute, etc. – et non pour le statu quo – l’entretien d’une infrastructure existante – et que les politiciens l’ont très bien compris. »

Et vous, qu’en pensez-vous ? Transmettez-nous vos commentaires et participez à notre sondage sur la page d’accueil de LesAffaires.com.

 

 

 


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