Porc: le Québec profitera-t-il de la guerre avec la Chine?

Publié le 02/04/2018 à 14:38

Porc: le Québec profitera-t-il de la guerre avec la Chine?

Publié le 02/04/2018 à 14:38

Par François Normand

La guerre commerciale qui s’accentue entre les États-Unis et la Chine pourrait faire des heureux au Canada, au premier chef les producteurs de porcs du Québec qui exportent de plus en plus en Chine.


Dimanche, le gouvernement chinois a annoncé qu’il impose des tarifs sur une gamme de 128 produits américains importés en Chine, dont une taxe de 25% sur le porc américain. La décision de Pékin est une réponse à la volonté de Washington d’imposer des tarifs sur les importations chinoises d’aluminium et d’acier aux États-Unis, souligne le Wall Street Journal.


La décision du gouvernement chinois sur le porc représente une occasion d’affaires pour les producteurs de porcs du Québec.


«Une diminution de la capacité d’exportation du porc américain représente une occasion pour le porc canadien d’augmenter ses parts de marché», affirme dans un courriel le responsable des communications des Éleveurs de porcs du Québec, Merlin Trottier-Picard.


Les exportations québécoises de porcs en Chine sont le quatrième poste d’exportation du Québec dans la deuxième économie mondiale, et ce, après les voitures de tourisme, les véhicules aériens et le minerai de fer, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).


Depuis 2008, les expéditions de porcs québécois en Chine ont été multipliées par 36 pour s’élever à 208 millions de dollars canadiens en 2017.


Si les restrictions aux importations de porcs américains en Chine représentent des occasions d’affaires pour le Québec, elles ne seront pas «automatiques», tient toutefois à préciser le porte-parole des Éleveurs de porcs du Québec.


«Nous évoluons dans un marché international fortement intégré et hautement compétitif, de sorte que les autres pays exportateurs de porcs en Europe et ailleurs dans le monde seront également très actifs.»


Un impact négatif dans le même temps


Par ailleurs, la décision de la Chine d’imposer les importations américaines de porcs ne représente pas qu’une bonne nouvelle pour l’industrie québécoise, «car elle aura aussi un effet négatif à court terme pour les éleveurs de porcs québécois», selon Merlin Trottier-Picard.


Pourquoi ? Parce que la formule d’établissement du prix du porc au Québec se base sur le marché américain. «Il reste très difficile de prévoir l’impact à moyen et long terme des mesures qui ont été annoncées aujourd’hui», admet-il.


Bref, le prix du porc québécois pourrait augmenter, le rendant ainsi un peu moins compétitif par rapport aux produits exportés en Chine par d’autres pays qui ne sont pas soumis à des tarifs de 25%.


Par contre, le porc québécois resterait encore plus compétitif que le porc américain vendu sur le marché chinois.


La Chine est le premier pays producteur de porcs au monde, selon le ministère américain de l’Agriculture.


En 2017, la production porcine chinoise a atteint 52,7 millions de tonnes métriques. L’Union européenne et les États-Unis se classent au 2e et au 3e rang, avec une production respective de 23,4 millions et 11,8 millions.


Le Canada arrive au 7e rang à 1,9 million de tonnes métriques.


 


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Impartition TI

Mercredi 09 octobre

Sur le même sujet

Les choses ont bien changé durant la dernière décennie

BLOGUE INVITÉ. Le 9 mars 2009, le S&P 500 a atteint un creux de 676,53. 10 ans plus tard, les temps ont changé.

Embargo sur du canola canadien: Carr attend toujours des preuves de Pékin

La Chine a suspendu les importations de canola de Richardson, prétextant la présence d'«organismes dangereux».

À la une

Nous sommes vulnérables à une nouvelle crise financière

ANALYSE - «Sommes-nous plus en sécurité qu'en 2008? Oui, mais nous ne le sommes pas assez.» - Christine Lagarde du FMI.

Bourse: les gagnants et perdants de la semaine

22/03/2019 | Martin Jolicoeur

BILAN. Quels sont les titres qui ont le plus marqué l'actualité boursière de la dernière semaine?

Bourse: que penser du nouveau signal de récession?

BLOGUE. Le risque de récession augmente, mais le signal de l'inversion des taux divise encore les financiers.