Montréal: le problème du Québec, selon le Conference Board

Publié le 22/09/2011 à 11:16, mis à jour le 22/09/2011 à 13:33

Montréal: le problème du Québec, selon le Conference Board

Publié le 22/09/2011 à 11:16, mis à jour le 22/09/2011 à 13:33

Par Martin Jolicoeur

Photo: lesaffaires.com

Dans un commentaire on ne peut plus assassin, le Conference Board du Canada juge que la faible performance économique du Québec depuis un quart de siècle s’explique par une seule chose: la faiblesse de Montréal.


Selon le groupe de recherche, la métropole du Québec n’arrive tout simplement pas, ou trop peu, à jouer le rôle de moteur de la croissance économique que remplissent la plupart des grandes villes du pays.


«Les résultats économiques de Montréal étant inférieurs à la normale depuis 25 ans (1985-2010), il n’est pas étonnant que la croissance économique du Québec soit chroniquement inférieure à la moyenne nationale», écrit Mario Lefebvre, directeur du Centre des études municipales du Conference Board du Canada.


Problème chronique


Au cours des 25 dernières années, la province a connu une croissance économique annuelle moyenne de 2% par an, comparativement à 2,4% pour l’ensemble du Canada. De son côté, la croissance annuelle dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal n’a dépassé les 2% que neuf fois au cours des 25 dernières années, et deux fois seulement dans la dernière décennie. 


Comme Montréal intervient dans environ la moitié de l'économie de la province, «il ne faut pas s’étonner du bilan plutôt modeste de la province sur le plan de la croissance totale», dit le Conference Board.


Le piètre rendement du Québec comparativement au reste du pays «n’est pas un problème éphémère», juge le Conference Board. «Le Québec a des ressources, comme l’hydro-électricité, une population hautement scolarisée et de nombreuses autres… mais il lui manque quelque chose. Le vrai problème, c’est Montréal.»


Pourtant, personne ne fait le lien entre les difficultés de la RMR et celles de la province dans son ensemble, s’étonne le Conference Board. «Le Québec s’est doté d’un Plan Nord pour le développement économique du Nord; il lui faut maintenant un Plan Sud axé sur la « renaissance » de Montréal», écrit-il.


Dans son édition du 3 septembre dernier, le journal Les Affaires a consacré sa manchette à la relance du Québec, dans le cadre d'un Plan Sud. Nos lecteurs s'étaient d'ailleurs attelés à la tâche. Le journal poursuivra le développement de ce thème tout au long de l'automne.


Moteur ou boulet?


«L’importance de Montréal ne réside pas uniquement dans son poids économique considérable, mais aussi dans l’effet d’entraînement que la ville exerce sur le reste de la province», écrit M. Lefebvre.


Or, on le sait, Montréal est aux prises avec de graves difficultés, tant politiques qu’économiques, dit le Conference Board. En outre, pointe l'organisme, les défusions permises en 2006 par le gouvernement de Jean Charest, ont rendu cette ville quasi-ingouvernable.


De plus, l’insuffisance des investissements passés dans les infrastructures a handicapé la capacité de production de la ville et entraîné une carence d’infrastructures qui impose d’énormes pressions sur les budgets de plusieurs municipalités environnantes. S'ajoutent à Montréal, d'autres problèmes du Québec, dont le vieillissement de la population plus rapide au Québec que dans l’ensemble du Canada. 


«La RMR de Montréal doit être forte : c’est essentiel à la réussite économique de la région, de la province et de l’ensemble du Canada. Il n’est pas trop tard pour agir : nous en sommes maintenant à un point crucial, où les gouvernements, les chefs d’entreprises, les éducateurs et tous les membres de la société civile peuvent s’unir et travailler ensemble à un nouvel objectif», conclut l'organisme.


 


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