L'ACEUM modifié est signé mais la ratification canadienne devra attendre

Publié le 10/12/2019 à 10:58, mis à jour le 10/12/2019 à 15:57

L'ACEUM modifié est signé mais la ratification canadienne devra attendre

Publié le 10/12/2019 à 10:58, mis à jour le 10/12/2019 à 15:57

Par La Presse Canadienne

(Photo: Getty Images)

Le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) est sur le point de se concrétiser: des représentants des trois pays l’ont signé mardi lors d’une cérémonie élaborée à Mexico.

La vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland a apposé sa signature aux côtés de celles du représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et de son homologue mexicain Jesus Seade. Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador présidait la cérémonie.

L’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) a été initialement signé par les trois pays l’année dernière. Les Mexicains l’ont rapidement ratifié, mais aux États-Unis, les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, réclamaient des protections pour les travailleurs. Et au Canada, on ne voulait pas procéder à la ratification avant que les républicains et les démocrates ne s’entendent.

Le ton était résolument optimiste à Ottawa, mardi matin, quelques minutes avant que les démocrates à Washington n’annoncent qu’une entente avait été conclue pour la ratification de l’accord aux États-Unis.

Mais malgré toute leur bonne volonté, les parlementaires canadiens ne pourront pas ratifier l’entente avant le congé de fin d’année, qui s’étire jusqu’au 27 janvier.

« Nous, on veut essayer de faire tout ça le plus rapidement possible », a dit celui qui orchestre les travaux de la Chambre des communes, le leader parlementaire du gouvernement Pablo Rodriguez.

Comme il faudra déposer un projet de loi pour cette ratification canadienne, après en avoir avisé la Chambre 48 heures à l’avance, même un premier vote est difficile à envisager quand on regarde le calendrier. Les Communes ferment leurs portes vendredi.

« Ça serait complexe, a admis M. Rodriguez, mais je ne veux pas spéculer là-dessus. »

L’opposition conservatrice veut que les Communes prennent le temps d’étudier les détails des amendements à l’ACEUM.

« Nous avons donné notre appui à la première entente », a rappelé le député conservateur Erin O’Toole. « Nous devons voir quels changements importants ont été faits (…) Combien de dispositions ont été revues ? Quel impact cela aura sur l’industrie et les travailleurs canadiens ? », a-t-il fait remarquer.

Chrystia Freeland doit participer à une conférence de presse en fin d’après-midi à Mexico.

Le secteur de l'aluminium québécois s'inquiète

L’encre n’a pas eu le temps de sécher sur les documents signés à Mexico que déjà des voix québécoises réclament que l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) ne soit pas ratifié.

On s’inquiète du sort réservé à l’aluminium dans cette nouvelle version.

Au Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, on croit savoir que des changements de dernière minute, obtenus par les Mexicains, lèvent la protection qui aurait été accordée à l’aluminium nord-américain, le Mexique utilisant de l’aluminium de Chine et d’ailleurs pour fabriquer ses pièces automobiles.

« On n’a pas été protégé. On pense qu’on a été sacrifié pour protéger l’acier », a protesté le président du syndicat, Sylvain Maltais, à l’autre bout du fil.

« On va demander au gouvernement et aux partis politiques (…) que l’entente ne soit pas ratifiée s’il n’y a pas de protection pour le marché de l’aluminium », a déclaré M. Maltais.

À Ottawa, ses récriminations étaient reprises à l’intérieur de la Chambre par le chef du Bloc québécois et dans les corridors par deux élus québécois, l’un néo-démocrate, l’autre conservateur.

« J’avise le gouvernement (…) si quelqu’un pense que le Bloc québécois va voter en faveur d’un traité qui sacrifie l’aluminium québécois, ce sera non », a tonné Yves-François Blanchet.

Néo-démocrates et conservateurs ne vont pas jusque-là.

« Ça fait deux défaites de suite pour le Québec, gestion de l’offre et aluminium », a fait remarquer Alexandre Boulerice. Mais le Nouveau Parti démocratique (NPD) attend d’étudier plus en détail la nouvelle version de l’accord avant de décider s’il appuiera sa ratification par le Parlement canadien.

« Le Mexique et les États-Unis ont fait leur affaire. Nous autres, on va récupérer les pots cassés. On crée de l’incertitude dans le marché de l’aluminium chez nous », s’est plaint le conservateur Richard Martel qui, lui aussi, veut voir l’accord avant de s’avancer davantage.

 

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