COVID-19: une petite PME sur cinq ne changera pas ses pratiques

Publié le 07/10/2020 à 06:00

COVID-19: une petite PME sur cinq ne changera pas ses pratiques

Publié le 07/10/2020 à 06:00

Par François Normand

À titre de comparaison, cette proportion n’est que de 4% chez les grandes PME. (source photo: 123RF)

Même si la COVID-19 a chambardé l’économie et l’environnement d’affaires au pays, 21% des petites PME au Canada ne prévoient faire aucun changement dans leurs pratiques d’affaires, alors que la pandémie n’est pas en voie de se terminer à moyen terme, révèle une étude que la Banque de développement du Canada (BDC) publie ce mercredi.

À titre de comparaison, cette proportion n’est que de 4% chez les grandes PME, montre cette étude, dont les données proviennent de deux sondages réalisés par la BDC auprès de 1 000 dirigeants de PME canadiennes et de 2 000 consommateurs, en mai et en juin 2020 —avant la deuxième vague qui frappe le pays depuis quelques semaines.

Cette proportion de 21% inquiète le vice-président, recherche et économiste en chef de la BDC, Pierre Cléroux. «Ça nous inquiète, car les petites PME sont par exemple moins présentes en ligne pour faire du commerce électronique», dit-il en entrevue à Les Affaires.

Or, insiste-t-il, les PME qui réussissent bien sont celles qui ont justement changé leur modèle d’affaires, qui ont accru leurs ventes sur internet et qui ont réduit leurs coûts. «Ce sont ces PME qui vont s’en sortir», affirme Pierre Cléroux.

L’explosion de l’endettement des PME est aussi une source d’inquiétude, souligne l’économiste de la BDC.

Lors de la première vague de la COVID-19 ce printemps, de nombreuses entreprises ont vu leurs revenus chuter, et elles ont dû s’endetter pour être en mesure de respecter leurs obligations financières. Résultat: la proportion de PME dont la dette représentait 25% ou plus de leur chiffre d’affaires a plus que doublé, grimpant de 10 à 22%.

«Ces entreprises sont plus vulnérables dans un contexte de deuxième vague de la COVID-19», souligne l’économiste de la BDC.

Les PME dans les secteurs du transport et de l’entreposage, des services d’hébergement et de restauration, ainsi que des arts, des spectacles et des loisirs sont particulièrement vulnérables.

Car, en juillet, bien avant la deuxième vague, ces trois secteurs affichaient déjà une reprise économique bien inférieure à d’autres secteurs de l’économie.

 

 

Des tendances favorables aux entreprises

Malgré le bouleversement de l’économie, de nouvelles tendances seront favorables à l’ensemble des PME canadiennes, souligne l’étude de la BDC.

Par exemple, 83% des consommateurs sont prêts à payer plus cher pour des produits locaux, une proportion très importante, souligne Pierre Cléroux. Dans ce contexte, il estime que les PME ont tout intérêt à souligner le fait qu’elles vendent des produits canadiens dans leur stratégie marketing.

Enfin, pour les mois à venir, les PME ont cinq priorités :

 

  • Redresser leurs finances (39 %) en réduisant les coûts d’exploitation, en maîtrisant les flux de trésorerie et en établissant un plan d’urgence.
  • Tirer parti de la technologie (27 %) afin de rester concurrentiels.
  • Miser sur le télétravail (25 %) pour permettre la distanciation physique, mais aussi pour répondre aux demandes des employés.
  • Vendre en ligne (24 %) et se concentrer sur plusieurs aspects comme un site Web amélioré, des activités dans les médias sociaux et des campagnes de promotion ciblées.
  • Renouer avec la croissance (23 %) en diversifiant la clientèle et l’offre de services pour assurer la robustesse de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

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