Trois « fils de » se confient

Publié le 02/04/2011 à 01:00, mis à jour le 06/06/2011 à 11:49

Trois « fils de » se confient

Publié le 02/04/2011 à 01:00, mis à jour le 06/06/2011 à 11:49

Par Dominique Froment

Alexandre Raymond, Nicholas Rémillard et Benoît Beauchemin [Photo : Gilles Delisle]

Le défi de la relève à la tête des entreprises est très présent à Montréal, où se concentre le plus grand nombre de PME au Québec. Qu'est-ce qui amène les jeunes à se lancer ou à hésiter ? Trois " fils de " partagent leur expérience.

" Vous écrivez souvent sur les entrepreneurs baby- boomers qui doivent assurer leur relève, mais peu sur ceux qui, justement, prennent cette relève ", nous disait Alexandre Raymond dans un courriel. " Très bien ! Réunissez trois jeunes qui ont repris le flambeau et nous allons les rencontrer. " Ce qui fut fait.

S'affirmer face au père

Nicholas Rémillard travaille avec son père, Gil, ancien ministre de la Justice du Québec, depuis que ce dernier a fondé le Forum économique international des Amériques, il y a 17 ans. Le fils participe aux décisions depuis cinq ans.

Pour s'affirmer face à son père, Nicholas a mis sur pied son propre " Davos ", à Toronto. " Ça fait quatre ans, et ça dure encore ", lance fièrement le jeune homme.

" J'ai toujours pensé que l'entreprise de papa pouvait prendre de l'expansion à l'extérieur de Montréal, mais il craignait qu'un événement semblable ne fasse concurrence à Montréal, raconte Nicholas. Et puis, il se disait qu'un échec à Toronto nuirait à l'image de l'entreprise. "

L'expérience de Toronto a été si concluante que M. Rémillard fils organisera pour la première fois cette année un forum économique en Floride, " là où les relations de mon père ne pourront pas jouer ! "

Accepter de ne pas faire l'unanimité

Benoît Beauchemin a toujours entendu parler de communication et de marketing. Mais il rêvait de la LNH...

Un baccalauréat en marketing et gestion en main, il a finalement rejoint son père au sein de Beauchemin Communication marketing. " Après sept ans, je peux dire que j'ai toute la latitude que je veux, affirme le jeune Beauchemin. Mais je connais mes limites et je sais quand je dois demander conseil à mon père. " Le père de Benoît Beauchemin lui a fait confiance dès le début, mais celui-ci a dû convaincre les autres d'emboîter le pas. Comment ? " En faisant le job, tout simplement ! " Nicholas Rémillard ajoute qu'il a senti au début qu'il ne faisait pas l'unanimité au bureau. " Quand t'es patron, il y a toujours quelqu'un qui veut prendre ta place. " Et le jeune homme de raconter qu'il a été le seul à ne pas avoir été invité le jour où un employé a fait une paella chez lui. " J'ai compris que je ne faisais pas partie de la gang. "

" J'ai senti la même chose, renchérit Alexandre Raymond. Quand t'es jeune, c'est dur à accepter. " Le chasseur de têtes a choisi de travailler pendant deux ans et demi ailleurs, question de montrer qu'il n'avait pas besoin de son père pour faire carrière. Cela dit, pour prouver aux employés qu'on est digne de prendre la relève de son père, M. Raymond ne connaît pas 50 moyens : " Il faut que tu fasses entrer de l'argent dans la compagnie ! "

" Tu ne peux pas être congédié; c'est un gros avantage sur les autres employés. Mais il faut que tu génères des choses ", confirme M. Rémillard " Tu dois être conscient que chaque avantage dont tu jouis est lié à une responsabilité ", ajoute M. Beauchemin.

" Si tu ne prouves pas à tes collègues que tu peux réaliser des choses par toi-même, tu ne seras jamais que le fils de l'autre ", explique le jeune Rémillard, qui s'est longtemps fait un devoir d'arriver au bureau le premier et de partir le dernier pour montrer qu'il ne recevait pas de traitement de faveur.

Faire différemment

Nos interviewés sont d'accord : quand on prend la relève de son parent, on veut faire les choses différemment. Mais comment, au juste ?

" J'aimerais déléguer davantage, mais c'est difficile parce que j'ai les mêmes gênes que mon père ", explique M. Rémillard.

" Il y a des marchés que j'ai envie d'explorer et dans lesquels mon père n'a jamais voulu se risquer ", affirme pour sa part M. Raymond.

Quant à M. Beauchemin, il souhaite mettre davantage l'accent sur l'innovation.

Alexandre Raymond

28 ans

Consultant, Raymond Recherche de cadres

N'est pas encore actionnaire de l'entreprise familiale, mais sait qu'il succédera à son père.

Nicholas Rémillard

34 ans

Président et chef de la direction, Toronto Forum for Global Cities, qui organise des événements économiques

Seul en lice pour prendre la relève de son père, il est actionnaire minoritaire du Forum des Amériques.

Benoît Beauchemin

28 ans

Vice-président, service-conseil, Beauchemin Communication marketing

Son père n'a pas encore décidé lequel de ses deux fils, Benoît ou le cadet Marc-André, deviendra président.

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