L'accompagnement a fait la différence

Publié le 11/02/2011 à 00:00, mis à jour le 11/02/2011 à 09:06

L'accompagnement a fait la différence

Publié le 11/02/2011 à 00:00, mis à jour le 11/02/2011 à 09:06

Marie-Josée Ladouceur et Martin Clément, propriétaires d'Industries JLY Provost [Photo : Gilles Delisle

Que faire lorsqu'on a 40 ans et qu'on veut racheter l'entreprise que son propriétaire cherche à vendre mais qu'on n'a pas d'argent ?

" Après 35 ans, il n'y a plus de programmes d'aide et les banques se ferment comme des huîtres ", constate Marie-Josée Ladouceur. Mais il ne faut pas se décourager, car il existe quand même des solutions.

Âgés respectivement de 37 et de 41 ans, Marie-Josée Ladouceur et Martin Clément forment un couple dans la vraie vie. Ils ont réalisé en juin leur rêve, en rachetant les Industries JLY Provost des mains de Jean-Pierre Provost, qui en était le propriétaire. Ils n'ont pas eu à hypothéquer leur maison, ni à passer le chapeau chez leurs parents et amis. Leur chance : ils ont été bien conseillés et leur vendeur était prêt à attendre quelques années avant de toucher les fruits de la transaction.

C'est à Huberdeau, un village de 975 âmes dans le secteur de Mont-Tremblant, que les Industries JLY Provost ont pignon sur rue. Créé en 1984, cette usine de cercueils emploie une douzaine de personnes et enregistre un chiffre d'affaires d'un million de dollars, dont 60 % liés à l'exportation.

Une PME surévaluée

Le cheminement du couple d'entrepreneurs vers la propriété de l'entreprise a été accidenté. " Au début des discussions d'achat, au printemps 2008, l'ancien propriétaire avait surestimé la valeur de son entreprise ", raconte Robert Couture, de Laurentides Relève Entrepreneuriale. Cet organisme d'aide à la relève s'est impliqué dans le dossier pour faciliter la transition.

À la demande de l'organisme, un consultant en évaluation d'entreprises est alors intervenu. Il a examiné les livres des Industries JLY Provost. " La PME était devenue déficitaire et devait être remontée. L'ancien proprio a dû choisir : soit il redressait l'entreprise, et il y mettait le temps nécessaire, soit il la vendait, mais à un prix plus bas que prévu et sans mise de fonds initiale ".

Et c'est après un an de réflexion que Jean-Pierre Provost s'est finalement résolu à vendre sa PME au couple Ladouceur-Clément. Sans mise de fonds initiale, et avec des paiements étalés jusqu'en 2016.

Une décision logique, puisque les acheteurs étaient loin d'être de parfaits inconnus. Martin Clément était à l'emploi des Industries JLY Provost depuis un quart de siècle et il était devenu responsable de l'exploitation. " Je connaissais tous les rouages de l'entreprise, de A à Z", dit-il. Quant à Marie-Josée Ladouceur, elle était devenue responsable du secrétariat de la PME.

Nouveau plan de match

Les nouveaux proprios avaient un plan en tête. Aussitôt la transaction conclue, en juin 2009, des contrats de fabrication donnés en sous-traitance ont été rapatriés à l'interne. Et de nouvelles machines, dont une colleuse à panneaux, ont fait leur entrée dans l'usine.

" En réduisant les coûts de production et en augmentant la productivité, nous avons pu retrouver la voie de la profitabilité ", dit Marie-Josée Ladouceur, qui s'occupe maintenant de la gestion financière et du marketing.

Les histoires de transmission d'entreprise n'ont toujours pas des conclusions aussi heureuses que celle de Huberdeau. " Il faut développer du capital tolérant. L'avenir de nos PME en dépend ", affirme M. Couture. Du capital tolérant qui n'obligera pas de jeunes entrepreneurs à marcher sur le fil de fer et des couples à hypothéquer leur résidence. Et qui donnera de la valeur à l'expérience et aux connaissances d'employés clés, désireux de devenir, à leur tour, les grands patrons.

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