Dette européenne: l'accord salué partout

Publié le 27/10/2011 à 07:05, mis à jour le 16/10/2013 à 07:31

Dette européenne: l'accord salué partout

Publié le 27/10/2011 à 07:05, mis à jour le 16/10/2013 à 07:31

Par AFP

Le plan annoncé à Bruxelles pour enrayer la crise de la dette en Europe, qui a aussitôt galvanisé les Bourses, a été salué avec des nuances comme un pas dans la bonne direction par les grands partenaires de la zone euro tels la Chine, le Japon et la Russie.

L'accord obtenu jeudi au forceps devrait "soutenir la confiance des marchés" et insuffler une "nouvelle vitalité" à l'intégration européenne, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères, sa porte-parole Jiang Yu, saluant le "consensus européen".

L'UE est le premier partenaire commercial de la Chine et aussi le premier débouché pour ses exportations.

Selon des diplomates européens, la Chine serait prête à abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF), que la zone euro entend faire passer de 440 milliards à 1 000 milliards d'euros, mais aucune information officielle chinoise n'est pour l'instant venue confirmer cette information.

Le Japon a été plus précis sur ses intentions. Le ministre japonais des Finances, Jun Azumi, a promis jeudi que son pays prendrait "les mesures nécessaires" pour aider l'Europe.

Depuis le début de l'année, le Japon a investi 2,68 milliards d'euros, soit 20% du montant total des emprunts émis par le FESF.

Avant le sommet de Bruxelles, les autorités nippones s'étaient plusieurs fois dites prêtes à investir davantage, à la condition que les Européens se mettent d'accord sur un plan susceptible de ramener le calme sur les marchés.

Le Japon, deuxième plus important détenteur mondial de devises, après la Chine, s'inquiète de la montée de sa monnaie, le yen, que provoque la crise de l'euro.

La Russie, elle, a assorti sa satisfaction de doutes apparents sur le caractère définitif et suffisant des mesures prises par les Européens et souligné que l'aide des pays émergents ne serait pas inconditionnelle.

Loin de l'enthousiasme du ministre français de l’Économie, François Baroin, qui a estimé que l'accord des 17 pays de la zone euro avait "sauvé" la monnaie européenne, le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, n'a jugé, lui, que "suffisant pour le moment" le compromis obtenu.

Selon M. Dvorkovitch, évoquant l'"optimisme prudent" de la Russie, ce plan anticrise "va permettre d'aller de l'avant pendant quelques mois" et dès lors "les marchés vont l'accueillir de manière adéquate".

Et de fait, les Bourses européennes, y compris en Russie, ont toutes ouvert en forte progression jeudi, les valeurs bancaires, très malmenées jusqu'ici, s'envolant.

M. Durkovitch a par ailleurs répété que la Russie était prête à soutenir la zone euro dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI), soulignant que la position russe était "coordonnée" avec les autres pays du Brics (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Mais, a-t-il averti une augmentation des contributions de ces pays au FMI devait passer par un "renforcement de leur rôle" au sein de cette institution encore dominée par les puissances occidentales.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, voit dans l'accord "une étape importante", qui permettra de "gagner du temps".

Les dirigeants de la zone euro ont encore à prendre des décisions difficiles, a-t-il néanmoins insisté.

Il a plaidé pour des réformes fiscales qui élargissent la base de revenu des gouvernements européens, l'ouverture des marchés à la concurrence pour augmenter la productivité, et la construction d'infrastructures.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a salué, elle, sans restriction les "progrès substantiels" réalisés lors du sommet européen, félicitant les dirigeants de la zone euro d'avoir mis sur pied "un programme qui va répondre à la crise dans la région".

Confirmant qu'elle allait donc "recommander au conseil d'administration du FMI le versement de la prochaine tranche de prêt" à la Grèce, elle a cependant souligné que l'application "des réformes économiques acceptées" par Athènes reste "prépondérante".

Et, a-t-elle prévenu, "il va être important de détailler davantage les modalités de fonctionnement du FESF amélioré".

Autre "important pas en avant", selon l'ex-ministre française des Finances, la décision de recapitaliser les banques, pour un montant de 106 milliards d'euros, selon un document publié par l'Autorité bancaire européenne (EBA). Or les marchés estiment que les besoins globaux en Europe sont nettement supérieurs et le FMI a lui-même parlé de 200 milliards d'euros.

Si le ministre britannique des Finances, George Osborne, qui a salué les "très bons progrès" réalisés, a précisé que le Royaume-Uni, étant hors de la zone euro, n'allait pas directement contribuer au plan de sauvetage.

"Si des pays comme la Chine (...) veulent contribuer, très bien, mais la Grande-Bretagne a un déficit et les contribuables britanniques doivent payer pour les banques britanniques", a-t-il ajouté.

La perspective d'une contribution éventuelle de la Chine n'est en revanche pas du goût de partisans d'une Europe fédérale comme l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit.

C'est "une mauvaise solution, politiquement dangereuse", choisie "parce qu'on ne veut pas faire ce pas" vers la fédéralisation de l'Europe, selon le responsable écologiste, parlant d'"aberration chinoise" dans ce "tout petit pas" qu'est l'accord de Bruxelles.

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