L'inflation, ce petit rongeur de revenus de retraite

Publié le 10/09/2014 à 08:56

L'inflation, ce petit rongeur de revenus de retraite

Publié le 10/09/2014 à 08:56

Par Institut québécois de planification financière

Cette augmentation soutenue du prix des biens et des services qu’est l’inflation réduit année après année la valeur de l’argent, c’est-à-dire le pouvoir d’achat qu’il confère. Pour cette raison, les revenus que gagne une personne doivent augmenter au moins autant que l’inflation, sans quoi cette personne « s’appauvrit », puisque son pouvoir d’achat diminue.

À titre d’exemple, un taux d’inflation annuel de 2 % obligerait une personne qui consacre 3 000 $ à l’alimentation cette année à y consacrer 3 312 $ dans cinq ans. Vingt ans plus tard, cette même dépense s’élèverait à 4 458 $.

L’effet à long terme de l’inflation est particulièrement sournois pour les retraités, qui ont peu ou pas de marge de manœuvre quant à leurs revenus de retraite. Si les rentes publiques (RRQ, pension de la Sécurité de la vieillesse et Supplément de revenu garanti) sont pleinement indexées, ce n’est pas toujours le cas des rentes versées par les régimes de retraite d’employeurs.

Estimation de la valeur de l’indexation d’une rente[1]

Prenons l’exemple d’un homme de 65 ans qui prend sa retraite et dont la rente annuelle qu’il reçoit de son régime de retraite s’élève à 35 000 $. À cet âge, son espérance de vie est de 20 ans (il y a donc environ 50 % de probabilités qu’il soit toujours en vie à l’âge de 85 ans).

Si cette rente n’était pas indexée, sa valeur serait d’environ 541 069 $, alors que cette valeur s’élèverait à 617 148 $ si le montant versé augmentait annuellement en fonction de l’inflation. Dans cette illustration, le coût pour le régime de retraite d’indexer cette rente s’élève à 76 079 $.

En situation de mutualisation des risques (le partage des risques entre une multitude de personnes), comme pour une caisse de retraite, les coûts supplémentaires liés aux décès tardifs sont compensés par les économies liées aux décès hâtifs.

Le défi pour les retraités qui vivent de leur capital retraite (sans faire l’acquisition d’une rente viagère) est de réaliser un rendement suffisamment élevé pour maintenir leur niveau de vie. Étant donné que l’horizon de placement et la tolérance au risque diminuent avec l’âge, les retraités doivent généralement composer avec des rendements modestes, ce qui les rend plus vulnérables à l’inflation.

De plus, les retraités doivent être prudents lorsqu’ils planifient leurs décaissements afin de faire face au risque de longévité. Comme on le sait maintenant, plus la retraite est longue, plus l’effet de l’inflation est virulent.

Votre planificateur financier tient compte des variations de la valeur de l’argent dans le temps

La planification de la retraite est un processus multidisciplinaire qui demande l’intervention d’un professionnel capable d’intégrer les mathématiques financières à la fiscalité des retraités, tout en composant avec les règles complexes des différents régimes de retraite, ainsi que celles relatives aux rentes publiques.

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[1] Les calculs faits par les actuaires pour déterminer la valeur actuelle d’une rente payable par un régime de retraite sont complexes et tiennent compte d’une multitude d’éléments propres à chaque régime. L’exemple présenté se veut une illustration simplifiée du coût possible de l’indexation d’une rente. Les taux d’actualisation utilisés sont ceux recommandés par l’Institut canadien des actuaires pour le mois de septembre 2014.

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